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La mauvaise gestion de la crise par les pays occidentaux pourrait conduire à une crise identique voire supérieure à celle de 1929...Ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour le secteur aérien.

Il ne s'agit pas d'être un prophète de malheur mais d'analyser avec raison cette crise épidémique.

Comme l'explique Donald Kagan professeur d'histoire à l'université de Yale, la culture occidentale est basée sur deux piliers, la religion/la morale et la raison.

Mais ces deux piliers ont décru fortement ces dernières années certains ne croyant plus à la religion et d'autres ne faisant plus confiance au raisonnement scientifique.

Sans ces deux piliers explique-t-il, il n'y a plus que le désir et la puissance qui dominent.

Ceci pourrait être appliqué à notre situation actuelle et à l'épidémie: la Chine nous a averti qu'elle était très grave, mais la France s'est crue supérieure et n'a pas fait les bons choix même aujourd'hui.

On ne raisonne pas : pas de fermeture ou de contrôle des frontières dès les premiers signes épidémiques en Chine contrairemnet à Israël ou la Russie, pas de tests et de soin généralisés pour la population comme l'indique le Pr Raoult épidémiologiste et pas de masques car ils ne servent à rien (au contraire de toutes les affirmations des pays asiatiques qui gèrent mieux la crise que nous).

Nous avons donc des dirigeants qui ont été élus avec bien peu de morale (le bien collectif) et qui gouvernent sans trop de raison.

Cette épidémie pourrait permettre d'éveiller les esprits alors qu'elle pourrait déclencher une crise supérieure à celle de 29 selon le Ministre de l'Economie Bruno Lemaire.

L'Europe et la France prévoient une récession avec un PIB en baisse de 5% voire plus.

Ces prévisions n'incluent pas d'éventuelles hausses fortes des taux d'intérêt...L'Italie étant déjà très endettée, la France également, si les taux d'intérêt explosent, cela pourrait précipiter la chute des monnaies et de certaines économies européennes les déclassant en pays sous-développés. 

Par ailleurs, alors que les bourses s'écroulent et pourraient ne jamais retrouver leurs niveaux d'avant avec de longues années, ceux qui ont parié sur la retraite par capitalisation pourraient voir leur économies s'effondrer littéralement. La réforme des retraites était-elle une bonne idée?

A l'étranger que vont faire ceux qui disposent de systèmes de santé privés alors que les entreprises pourraient faire faillite et les bourses s'écrouler comme en 29?

Du coup le système inventé par la France, la sécurité sociale et retraite, par répartition semble démontrer plus que jamais son intérêt et sa résilience face aux crises.

Notre gouvernement qui voulait réformer le système de retraite est celui qui maintenant se dit ouvert aux privatisations après avoir bradé de nombreux fleurons industriels français : Alcatel, Alstom, Spie, Lafarge, 

Face à cette crise on se rend compte de l'importance d'avoir des filières économiques nationales et des moyens de production pour être indépendant.

Tout le contraire de la politique qui a été menée par les derniers gouvernements élus depuis le milieu des années 70.

De Gaulle qui était un politicien visionnaire était raisonnable comme les grecs mais aussi moral car peu attaché à l'argent, contrairement à de nombreux hommes politiques empêtrés dans les affaires et les conflits d'intérêts.

En attendant le secteur du tourisme s'effondre et l'industrie aérienne est particulièrement touchée.

La IATA estime désormais le coût de l'épidémie à 252 milliards de dollars contre 113 milliards il y a 15 jours et une crise qui pourrait se prolonger d'ici 2021.

Parallèlement on se rend compte qu'une compagnie aérienne est vitale pour un pays : actuellement Air France rapatrie des passagers français et le fret aérien est le seul lien crucial qui nous permet de recevoir rapidement de l'aide technologique des pays développés asiatiques (masques et tests).

Du fait de l'importance de la crise dans le secteur aérien certains s'élèvent pour nationaliser les entreprise. Edouard Philippe n'a pas exclu des nationalisations.

Pour le moment la nationalisation d'Air France est exclue. Bruno Le Maire a dit travailler à d'autres solutions sans préciser lesquelles. 

«Nous prévoyons déjà des dispositions pour Air France, nous sommes en réflexion sur les soutiens qui doivent être apportés à notre compagnie aérienne nationale» a déclaré le ministre de l'Economie lors d'une conférence de presse.

A l'étranger également des réflexions sont en cours. Selon The Times, les dirigeants étudient une nationalisation partielle de British Airways voire même d'Easyjet ou de Virgin Atlantic pour qu'elles survivent.

Il reste le problème de la morale comme lors de la crise financière de 2008 : les citoyens ont renfloué les pertes des banques mais leurs profits quelques années après ont été privatisés par les actionnaires. En résumé peut-on continuer ainsi à nationaliser les pertes et privatiser les profits en Occident?

Cela aurait du être fait pour les banques, cela devrait être fait pour toute entreprise aidée.

On en revient donc aux bases de notre civilisation occidentale et aux préceptes grecs : la morale et la raison.

Tant que nos pays n'auront pas mis en place de nouveaux modèles d'élection de politiques interdisant et sanctionnant très sévèrement des conflits d'intérêts avec un processus décisionnaire beaucoup plus attaché à la raison, nos pays ne seront plus les phares de la civilisation comme nous l'avons vu ces dernières années avec des guerres menées pour des intérêts particuliers.

Il peut sembler logique de vouloir aider les compagnies aériennes mais dans ce cas les citoyens doivent pouvoir profiter de leur essor dans les périodes favorables. Et elles doivent pouvoir se battre de manière équilibrée avec leurs concurrents : il y a eu trop de concurrence déloyale ces dernières années. 

Par ailleurs, comme l'avait si bien compris De Gaulle, l'indépendance nationale doit être au coeur de nos préoccupations dans des secteurs clés comme on le voit aujourd'hui : alimentaire, alimentation, transports, industrie mais aussi dans d'autres secteurs moins vitaux en apparence mais essentiels en cas de grave crise technologique (attaque par un virus informatique notamment) comme l'informatique, les télécom, les puces, les biotechnologies.

En bref tout le contraire de la politique qui a été menée ces dernières années de vente de notre patrimoine industriel national. Diriger un pays ce n'est pas être un comptable, alors que les technocrates européens ont entrainé tout le continent ces dernières années vers une gestion comptable de nos vies.

Un autre système doit être inventé au plus vite : car l'Occident on le voit bien avec cette crise est déjà relégué à la seconde position...

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