Alors que l’Allemagne vient d’annoncer une baisse des taxes sur l’aérien la France est devenue la lanterne rouge de l’UE avec à la clé une stagnation du trafic et des pertes pour l’économie…
Il est dommage qu’aujourd’hui de nombreux hommes politiques passés par Sciences Po pensent qu’il faut augmenter toujours plus les taxes alors que la base d’un pays riche et développé est sa compétitivité ce qu’ont bien compris des pays comme la Suède.
Le cabinet Astères vient de présenter une étude comparative sur les coûts de l’aérien du fait des politiques publiques et le constat est sans appel pour la France qui est encore une fois le bonnet d’âne dans ce domaine.
Opérer un vol court ou moyen-courrier en France coûte ainsi plus cher aux compagnies aériennes que dans l’ensemble des pays analysés hormis les Pays-Bas ; Il en est de même pour un vol long-courrier où les coûts français dépassent celui de tous les pays de l’Union Européenne avec un écart entre 3 et 15 %. L’écart est même supérieur à 25 % pour des pays comme la Turquie ou le Golfe.
Pour une compagnie comme Air France qui opère 60000 vols long-courriers par an, l’écart de coût représente environ 5 milliards de plus par an par rapport à des compagnies aériennes bases aux Émirats.
Le groupe Air France n’a pas de chance alors que la seconde compagnie KLM est basé dans le pays où les coûts sont les plus chers pour ls vols court/moyen-courriers. Air France-KLM a donc une double peine : une imposition hors norme en France et aux Pays-Bas. On aurait voulu tuer la compagnie par rapport à ses concurrents que l’on n’aurait pas fait autrement.
Avec la hausse de la taxe sur les billets d’avion début 2025 ls coûts d’exploitation en France sont désormais supérieurs à l’Allemagne ce qui n’était pas le cas en 2024. Et cette différence sera encore plus importante alors que l’Allemagne vient d’annoncer une baisse de ses taxes sur les billets d’avion pour améliorer la compétitivité de ses compagnies aériennes et éviter la fuite des low-costs à l’image de Ryanair.
Tout cela a d’importants conséquences sur le marché français et sur l’économie. Le trafic a baissé de 0,2 % en septembre 2025 en France contre une hausse de 2 ,9 % en Europe et de 3,6 % dans le monde : la France est hors jeu. Idem de janvier à septembre 2025 où la croissance atteint 2,9 % en France contre 4,8M % en Europe. Comme le note le directeur général d’Easyjet cela engendre un déport du trafic vers d’autres pays comme l’Espagne. « Il y a un décrochage de l’été 2025 par rapport à l’an passé et une baisse de l’offre pour les vols intra-communautaires ce qui est unique » note la FNAM.
La France n’est plus désormais que le 6ème marché européen et a été dépassée par la Turquie et l’Italie. L’impact sur le pouvoir d’achat des Français est important avec une hausse de 6,8M % des tarifs en juillet 2025 du fait de la taxe au lieu de 5 % sans. La FNAM estime que du fait de cette taxe la France a perdu 3,5 millions de visiteurs en 2025 soit 2,3 milliards de dépenses en moins dans l’économie et 800 millions de recettes fiscales en moins démontrant l’effet Laffer. Autre impact pour les compagnies : la mauvaise gestion du trafic aérien français. La France cumule à elle-seule 6,4 millions de minutes de retard depuis janvier 2025 soit plus de retards que 35 pays cumulés de la zone Eurocontrol. Il est étranger de constater que la moitié des retards soit 3,2 millions vient de l’aéroport dAix-Marseille, là encore une agglomération qui se distingue dans le mauvais sens.
Impôts trop élevés, mauvaise gestion des vols, application à marche forcée des directives européennes compétitivité comme le marché des ETS, la France fait tout pour mettre des bâtons dans les roues à ses entreprises. L’aviation d’affaires est l’exemple type : « on a noté une baisse de 20 % des vols en 3ème trimestre. On note une délocalisation forte des vols hors UE, à malte ou à Chypre car l’on est mieux traité en tant que compagnie étrangère que française » explique un intervenant lors de la conférence de presse de la FNAM de ce matin.
Le pire c’est qu’à l’Assemblée nationale nous assistons à un déluge de nouvelles taxes et à la mort de nombreux secteurs dont le LMNP immobilier. Plutôt que de réduire le poids de l’ETat et des taxes pour améliorer la compétitivité les députés font le contraire et sont mis face à leurs fautes de gestion : il y a un manque de TVA par rapport aux prévisions faute de consommation. La France est engagée dans un cercle vicieux associant hausse des taxes, perte de compétitivité de son industrie, perte de pouvoir d’achat des Français, déficit commercial et dette croissante qui n’augure rien de bon, si des actions fortes ne sont pas prises rapidement...
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