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Vélo en Saône et Loire

L'épidémie de Coronavirus a gelé tous les projets de voyage. Les départements et régions prévoient une modification des habitudes après la crise…

La crise est sévère dans le domaine du tourisme peut-être encore plus que dans d'autres secteurs de l'économie.

Alors que Bruno le Maire prévoit une crise économique comparable à celle de 1929, alors que l'industrie française ne produit qu'un quart de ses capacités et que les secteurs le plus touchés affichent une perte de 80 à 90% de chiffre d'affaires.

Selon l'INSEE un mois de confinement couterait 3 points de PIB à la France et donc 6 points en deux mois.

La banque Unicredit table même sur une baisse de -13,8% en 2020 contre une croissance de 1,3%.

Le secteur du tourisme dans son ensemble fait partie des secteurs les plus touchés.

10 milliards de pertes pour la filière tourisme en avril

On estime que la perte a atteint 4 milliards d'euros pour le seul mois d'avril et 10 milliards d'euros pour l'ensemble de la filière.

Le mois d'avril représente à lui seul 12à 15% du chiffre d'affaires de la saison estivale autant dire que le confinement va avoir un impact sévère sur de nombreuses petites entreprises du tourisme et sur les employés saisonniers.

«Nous n'avons pas encore fait de prévisions pour l'année en cours car il est trop tôt. C'est sûr que cela va avoir un impact pour de nombreuses entreprises. Certaines entreprises du secteur du tourisme qui ont démarré il y a 2/3 ans nous ont dit qu'elles allaient avoir du mal alors qu'il y avait déjà eu la canicule à gérer l'an passé. Avec la canicule l'année dernière, beaucoup de touristes sont restés chez eux ou avaient décalé leurs vacances. On estime qu'une centaine d'entreprises sont en danger sur nos 2300 partenaires » confie Arnaud Durix Président de l'ADT Destination Saône-et- Loire à Business Traveler France.

L'Agence Départementale du Tourisme a envoyé un email à tous ses partenaires sur les aides mises en place par le gouvernement pour leur permettre de traverser cette crise. «On a essayé de regrouper les infos. On réfléchit également à des aides de la part du département mais on ne sait pas sous quelle forme» précise-t-il.

Baisse des visiteurs étrangers?

Le Comité régional du Tourisme d'Aquitaine a estimé de son côté l'impact de la crise pour l'été 2020.

«L'impact sera fort sur notre clientèle étrangère (4 millions de personnes) dont la fréquentation devrait baisser de 60% cet été» a déclaré Michel Durrieu le directeur général du tourime de l'Aquitaine au Journal Sud-Ouest.

Arnaud Durix s'inquiète également pour la demande étrangère même si son département devrait être moins touché que d'autres.

«Les nuitées étrangères représentent 35,6% du total avec comme principaux marchés les Pays-Bas (31,8%), l'Allemagne (17,2%), la Belgique (15,1%) et le Royaume-Uni (72,8%). «Nous avons peu de clientèle des pays fortement touchés par l'épidémie comme l'Espagne ou l'Italie sauf le nord du pays. J'imagine que les anglais également fortement frappés par l'épidémie hésiteront à se déplacer. Le classement de la clientèle étrangère va sans doute être chamboulé» estime Arnaud Durix.

Changement des habitudes des touristes français?

«J'espère que cette baisse relative du tourisme étranger sera compensée par le séjour des français avec nos clients principaux du Lyonnais, de Paris et du Grand-est. Mais nous allons sans doute assister à une modification des vacances de notre clientèle. Si l'économie redémarre en mai-juin, nos clients vont peut-être travailler plus en juillet et décaler leurs vacances en août ou septembre. Déjà avec la canicule l'an passé nous avions noté plus de départs en septembre» explique-t-il.

Il pourrait également y avoir une baisse de la durée du séjour à cause de la baisse des revenus du fait de la période de chômage partiel de nombreux employés en mars et en avril.

Michel Durrieu estime également que l'impact sera moindre sur la clientèle française et que 15% de la clientèle habituelle ne voyagera pas du fait de la maladie, d'une perte de pouvoir d'achat ou de congés non validés par leur employeur.

Michel Durrieu espère également que la région d'Aquitaine sera moins touchée du fait de l'importance de son tourisme nature et du fait que 40% de l'hébergement est constitué de locations de vacances.

Vers des séjours plus courts et loin du monde?

Arnaud Durix pense également que les français vont privilégier le tourisme de proximité et vont faire le pari de la tranquillité avec des séjours nature.

«La Saône et Loire est située non loin de Paris, de Lyon, de la Suisse, de l'Allemagne. Et nous avons parié sur le tourisme vert dès le départ. Nous avons été le premier département à créer une filière vélo et à avoir développé les voies vertes en 1997. L'œnotourisme est également le deuxième pilier de notre destination. Des activités qui seront je pense plébiscitées après la crise» ajoute-t-il.

Au final les régions et départements français vont sans doute miser plus que jamais sur la clientèle nationale cet été : un retour aux sources !

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