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 Les nouvelles réglementations françaises et européennes sur le CO2 vont nous obliger à transformer la manière dont nous allons nous déplacer. Un grand débat a eu lieu à l'académie des technologies à ce sujet...

Le Ministre de l'Economie souhaite supprimer le plafond du malus automobile qui atteint 12500 euros pour les véhicules émettant 173 grammes de CO23 par kilomètres.

 

Le malus pourrait désormais atteindre 20000 euros pour soutenir l'achat de véhicules propres. Dans les publicités pour l'achat, des informations sur l'impact environnemental pourraient également être mises en palce. Autant dire que comme en Californie, la mode pour les plus fortunés va bientôt être d'acheter une voiture électrique au lieu d'une imposante cylindrée.

Révolution en vue dans l'industrie automobile européenne

Le marché va se transformer profondément à partir de l'an prochain en France et en Europe alors que les constructeurs automobiles vont devoir remplir pour la première fois leurs obligations en terme d'émissions de CO2. Les véhicules électriques ne représentent en effet que 2% des ventes aujourd'hui en Europe selon Patrick Bastard de Renault même s'ils représentent la majorité des nouvelles ventes dans certains pays comme en Norvège.

De ce fait, 2020 va être celle des initiatives dans l'industrie automobile en France en Europe mais aussi dans le monde. Tesla vient ainsi de terminer la fabrication de sa première méga usine à Shanghai et a annoncé le développement d'une nouvelle usine en Europe à Berlin.

Les limites des batteries ion-lithium

A long-terme, pour développer plus rapidement le marché des véhicules électriques, il va falloir concevoir et vite de nouvelles technologies de batteries plus performantes alors que selon une étude de MIT Energy leur coût constitue une frein durable à leur rentabilité à moins qu'une nouvelle technologie arrive sur le marché.

Le différentiel de coût entre les véhicules à essence et électrique devrait persister encore une décennie. Les batteries représentent aujourd'hui environ un tiers du coût d'une voiture électrique. Et il faut savoir que 95% de la production de batteries lithium-ion est aujourd'hui réalisée en Asie. Les intervenants ont souligné qu'il fallait développer la R&D Alors que l'on a annoncé récemment le développement d'un Airbus des batteries avec la Franc et l'Allemagne.

Les stocks ne manquent pas en France avec 450000 tonnes disponibles en France dans le massif Central selon Pierre Toulhoat même si la volonté d'exploitation manque pour des problèmes d'environnement.On en est toujours au même point en Europe: suiveurs au lieu d'être précurseur. A quand un changement de paradygme?

Un important problème reste celui des chargeurs trop peu nombreux. Selon Stéphanie Jumel d'EDF, l'électricien français promet 75000 bornes de chargement électriques en 2022 via sa filiale Izivia.

Elle estime que le réseau électrique sait gérer la consommation des véhicules électriques alors qu'une voiture électrique consomme comme un gros chauffe-eau. EDF va aussi devoir faire face à la croissance de la demande en électricité si cette transition automobile s'effectue alors que des questions se posent aujourd'hui quand à la maintenance de certaines centrales nucléraires. Stéphanie Jumel a cependant indiqué que sans la prise en compte des véhicvules électriques, lala consommation électrique baissait en France grâce au pilotage automatique et aux compteurs Linky sans l'arrivée des véhicules électriques.

Il reste qu'un débat doit avoir lieu sur les modes de production. L'Allemagne a quitté le nucléaire mais rencontre des problèmes avec l'éolien et doit faire appel aux centrales à charbon. Le nucléaire peut-il rester la technologie de base? Malgré ses risques, les nouvelles technologies semblent prometteuses à condition de sécuriser bien plus les centrales. Il reste à prendre en compte le coût global de la production nucélaire alors que les coûts du saolaire baissent très fortement. Dans le cas des énergies renouvelables reste aussi le très important problème du stockage.

Hormis les batteries l'électrification des routes via des catenaires pourrait une solution également à envisager avec des batteries de plus faible autonomie dans les voitures pour les routes non équipées. Elle permettrait également d'évoluer vers une semi-autonomie puis une autonomie complète des véhicules sur autoroutes par exemple.

Multiplication des mobilités

Selon Anne-Marie Idrac l'augmentation des acteurs de la mobilité risque de conduire les fabricants de voiture à devenir des commodités de simples «fabricants de caisse». Selon elle le modèle économique est totalement à inventer notamment pour les voitures à partager.

La voiture autonome développée par Google Uber ou d'autres pourrait également se généraliser et permettre de réduire le nombre d'accidents alors que 90% d'entre-eux sont dus à des erreurs humaines et que l'on compte environ 8 millions d'accidents en France par an pour 3000 tués et 60000 blessés.

Se pose également le problème de la réglementation. Uber, Lyft et Tesla pensent que la décarbonisation automobile peut se faire sans l'intervention des pouvoirs publics, Patrick Pelata ne le pense pas. Idem pour la réglementation des véhicules autonomes alors que Tesla pense lancer un service de robots taxis dès l'an prochain.

 Hormis la voiture de nombreux autres modes de transports révolutionnent la ville aujourd'hui : les vélos électriques (ou pas) avec la mise en place de pistes cyclables dans de nombreuses métropoles comme à Paris, les trottinettes qui connaissent un grand succès mais aussi les scooters électriques. Ces derniers s'avèrent très pratiques et performants: alors pourquoi ne pas généraliser rapidement leur utilisation en remplacement des voitures à Paris ou dans d'autres villes? Cela permettrait de réduire très rapidement les émissions de CO2 et de particules. Faut-il imaginer par ailleurs des routes différenciées pour les piétons, les vélos, les scooters et enfin les voitures?

«Le 20ème siècle a donné tout l'espace urbain à l'automobile et ce n'est plus possible maintenant. En 2050 il faut être à 0 émissions de CO2» estime Patrick Pelata ancien directeur général délégué de Renault.

L'hydrogène : une énergie d'avenir?

L'hydrogène pourrait également être une solution pour les flottes d'entreprise ainsi des Kangoo et Master roulent déjà à l'hydrogène chez Renault.

Dans le domaine ferroviaire l'hydrogène pourrait également être une solution alors que ces trains sont une réalité depuis un an en Allemagne selon Marc Granger d'Alstom qui pointe le problème de l'infrastructure hydrogène «pas encore assez développée». Il pointe d'ailleurs qu'en France 50% de l'infrastructure ferroviaire est électrifiée et que 20% des trains fonctionnent encore au diesel. Des piles à combustible embarquées pourraient être une solution.

Au final les espoirs sont grands alors que les transports représentent un peu plus de 30% des émissions à effet de serre. « Nous avons 30 ans pour que la parc transport soit à zéro afin de répondre aux alertes du GIEC prévoyant une réchauffement de 1,5 degrés» conclut Patrick Pelata.

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