Dans on livre, "La France qui déclasse", Pierre Vermeren met les pieds dans le plat en décrivant selon lui les ressorts du déclin français…
« La France qui déclasse » est un livre que nous recommandons chaudement. Dans ce livre Pierre Vermeren explique que la révolte des gilets jaunes avait une origine bien réelle : celle du déclassement d’une grande partie de la population due notamment à la désindustrialisation à marche forcée du pays.
« De 2009 à l’été 2016 ? 1974 sites industriels ont été fermés en France… Nos élites financières et gouvernementales ont liquidé plusieurs pans de ce qui fut l’industrie nationale dont les champions o été vendus avant d’être démantelés : Thomson, Arcelor, Lafarge… ». La société de loisirs qui vilipende alors l’industrie a frappé, pour quels résultats : un chômage de masse et des salaires plombés par les petits boulots au lieu des CDI bien payés de l’industrie. « Trente ans plus tard la France compte 16 millions de retraités, 6,5 millions de chômeurs et 3 millions de personnes au RSA », un désastre. La désindustrialisation conduit à une hausse du nombre de fonctionnaires, d’emplois publics. « La dette nourrit la finance, la bonne affaire du siècle pour les investisseurs »
Parallèlement l’école se meurt et les scores PISA s’effondrent, la France forme des bacheliers à la pelle qui ne sont pas compétitifs au niveau international face aux écoliers chinois ou japonais. On en forme plus des agriculteurs, des ouvriers ou des artisans mais des masses de gens sans métiers qui deviendront souvent fonctionnaires. On manque de médecins, d’artisans, d’infirmières, de plombiers, de professions en relation avec le réel, mais qu’importe : il faut amener toute une classe d’âge aux études supérieures, même si le niveau correspond à l’ancien CAP. « Comment revaloriser des filières délaissées au lieu de former des métiers saturés ? » s’interroge-t-il. On forme des sociologues par milliers alors que l’on a besoin d’artisans, de plombiers, d’ingénieurs...
L’auteur pointe très justement la différence énorme désormais entre les villes et la province. Dans les villes on a accès facilement aux soins, aux médecins, aux métiers bien payés, aux privilèges. Dans les campagnes il faut attendre des mois pour pouvoir consulter un dentiste ou un spécialiste, les transports sont rares et il faut jongler entre les ZFE, les contrôles techniques et la hausse de l’essence pour juste avoir le droit de travailler. L’exemple de Bordeaux est significatif. Les prix de l’immobilier ont éloigné les bas salaires du centre-ville et on assiste ainsi à un exode dans la prochaine ou lointaine banlieue. Les embouteillages sont devenus la norme du fait de cet exode journalier. Les habitants votent pour un maire écologiste qui veut une ville plus verte mais est-ce possible alors que les prolétaires ont subi l’exode et font des aller-retours quotidiens générateurs de pollution et d'embouteillages?
La France périphérique est déstructurée estime Pierre Vermeren. Et les paysages sont eux aussi un affront à la beauté avec leurs zones commerciales, leurs ronds-points et leurs rocades sans âme. Il en est de même pour les campagnes où les agriculteurs disparaissent à vue d’œil et où les villages se vident de leurs habitants. Pierre Vermeen propose quelques réflexions intelligentes en fin d’ouvrage pour rebâtir une France qui enrichit.
C’est un livre que nous recommandons à tous nos lecteurs car il est l’un des rares à décrire avec lucidité le mal français.
Informations : La France qui déclasse, Editions Tallandier, 16,90 euros.
https://www.tallandier.com/livre/la-france-qui-declasse/
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