Jean-François Rial, le dirigeant de Voyageurs du Monde vient de publier un livre dans lequel il donne ses pistes pour améliorer la planète…
Jean-François Rial est une voix qui compte dans le domaine du tourisme. Il dirige l’une des plus grandes agences de voyage du secteur, Voyageurs du Monde et a été président de l’Office du tourisme de Paris. Son dernier livre, « Le Chaos Climatique n’est pas une fatalité » ouvre des pistes pour améliorer la vie sur la planète notamment en plantant des arbres, le thème majeur de son essai.
« Cela fait longtemps que je m’intéresse au climat. Je suis convaincu par l’urgence climatique mais les objectifs des Accords de Paris sont incapables à tenir dans les délais » nous explique-t-il. Comment résoudre ce dilemme ? Pour lui il y a une piste évidente.
Planter des milliards d'arbres pour absorber le carbone en attendant les progrès technologiques
« Il faut acheter du temps pour cette transition. Il faut absorber du carbone et pour cela il y a une seule solution qui fonctionne : planter des arbres » nous confie-t-il.
Dans son livre il explique qu’à partir de 2050, les progrès technologiques et les changements de comportement permettront d’accélérer cette baisse.
En attendant il faut planter, planter planter. Selon lui il est possible de planter 900 milliards d’arbres sur terre sans empiéter sur les terres agricoles, ni les surfaces nécessaires aux activités humaines.
« Si nous plantons 180 milliards d’arbres en dix ans nous réduisons d’un tiers l’effort nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 degrés ». C’est selon lui deux fois plus que la quantité plantée chaque année, un objectif donc parfaitement réalisable. Les arbres sont d’autant plus vitaux que dans de nombreux secteurs la croissance annulera les effets des baisses d’émissions.
« Dans l’aérien on prévoit une multiplication du trafic par 2 en 20 ans on aura perdu tous les efforts réalisés par l’évolution technologique (NDLR : moteurs plus propres, avions plus légers en matériaux composites...). Est-il réaliste de bannir l’avion ? N’oublions pas que le secteur contribue de manière significative à l’économie mondiale. L’électrification du secteur, l’hydrogène ou l’utilisation de carburant alternatif comme le SAF qui est la solution la plus prometteuse. Mais il coûte bien plus cher que le kérosène. Le carburant de synthèse coûte 6 à 8 fois plus à produire que le kérosène» note-t-il.
L’arrivée d’avions à hydrogène prendra des années comme la réduction des coûts du SAF.
Pour une agriculture plus durable et qualitative
Un autre domaine intéresse particulièrement Jean-François Rial : l’agriculture.
Il s’est lancé avec son fils dans un projet d’agriculture biologique intensive dans le Perche pour montrer qu’il y a une voie alternative à l’utilisation massive d’engrais.
« Il faut changer l’agriculture mondiale. C’est ce que l’on pratique dans le Perche ». Il explique dans son livre que son exploitation produit 3 à 4 fois plus de légumes qu’une ferme traditionnelle tout en étant biologique.
Il décrit d’ailleurs un concept intéressant : l’arrêt du travail du sol permet de préserver sa biodiversité mais aussi la valeur nutritionnelle des légumes.
Depuis des années du fait de l’agriculture intensive, les légumes ont perdu leur valeur nutritionnelle en terme de minéraux, vitamines par rapport aux légumes produits par le passé du fait de l’appauvrissement des sols. Mais il y a des limites : « Cette agriculture ne fonctionne pas pour les céréales. Mais quand on sait que la moitié des plantations servent à alimenter le bétail... ».
Là encore, les Français ne savent sans doute pas que la viande qu’ils mangent aujourd’hui est moins saine que par le passé. Les vaches autrefois pâturaient et mangeaient de l’herbe. Aujourd’hui elles sont gavées de céréales ce qui ne correspond pas à leur régime alimentaire et réduit la valeur nutritionnelle de la viande. La viande bovine qui était auparavant l’un des meilleurs produits pour la santé humaine du fait de sa concentration en protéines facilement absorbables et en nutriments a vu sa qualité se dégrader fortement avec l’élevage intensif.
Les viandes issues d’un élevage à l’herbe ont une concentration 7 fois plus élevée en bêta-carotène et 3 fois plus importante en vitamine E que les viandes conventionnelles.
Dans l’élevage conventionnel, les bovins sont souvent nourris avec des aliments à base de céréales et de farine animale, ce qui entraîne une augmentation de leur contenu en oméga-6 et une diminution des oméga-3. En revanche, dans l’élevage biologique, les animaux nourris à l’herbe, consomment une alimentation naturellement riche en oméga-3.
Dans son livre, « La France qui déclasse », Pierre Vermeren expose des constats qui rejoignent ceux de Jean-François Rial sur la nécessité de repenser l'agriculture.
Une grande partie du territoire français est à l’abandon ce qui conduit à une opposition toujours plus forte entre villes et campagnes. L’agriculture a perdu des millions d’emplois du fait de la culture intensive, de l’artificialisation des sols (avec la déclassification des terres agricoles) et a vu la population rurale se réduire.
Jean-François Rial estime « qu'il faut changer la philosophie de la PAC et arrêter de subventionner en fonction de la surface.
Quant à Pierre Vermeren il juge nécessaire de : « réorienter les primes européennes non sur la production ou la matériel mais sur la protection des paysages, la diversité biologique, la qualité ou la protection des patrimoines ruraux ».
Si l’on ne veut pas que la campagne française se transforme en diagonale du vide il faut redonner du pouvoir d’achat aux agriculteurs et des perspectives : aujourd'hui les petits agriculteurs sont les grands déclassés de notre système économique alors qu'ils devraient paradoxalement être les grands gagnants.Manger sainement devrait être la plus grande priorité des Français pour vivre longtemps en bonne santé.
Pourtant les campagnes se sont dépeuplées, nos paysages se sont appauvris et les aliments que nous mangeons ont perdu les nutriments essentiels dont ils étaient gavés auparavant.
Au final, le livre de Jean-François Rial donne des solutions pragmatiques et assez simples à mettre en place : planter des arbres et transformer notre agriculture. Le bon sens en action !
Informations pratiques : Le Chaos Climatique n’est pas une fatalité, 17,90 euros, éditions l'Archipel. Il est à noter que l'intégralité des bénéfices de la vente du livre sera reversée à l'association A Tree for You : https://www.atreeforyou.org/fr/

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