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Alleo, la société issue de la coopération entre la Deutsche Bahn et la SNCF vient de fêter ses 10 ans. Un bilan très positif pour les deux partenaires. Emmanuel Mroz, son directeur général en dit plus à Business Traveller France...

Alleo vient de fêter les 10 ans de l'aventure commune entre la société de chemins de fer allemande la Deutsche Bahn et la SNCF. Une coopération qui fonctionne bien entre les deux partenaires.

Depuis 2007, 16 millions de passagers ont été transportés sur les trains ICE entre la France et l'Allemagne et du fait de l'ouverture de la ligne grande vitesse entre Pairs et Strasbourg la tendance est à la hausse.

« 2017 va être une bonne année alors que 2016 a été plus compliquée du fait de l'accident lors des essais de TGV de 2015 qui a retardé l'ouverture de la ligne à grande vitesse entre Paris et Strasbourg. Nous prévoyons 2 millions de passagers cette année et atteignons désormais 70% de part de marché entre Paris et Strasbourg » précise Emmanuel Mroz, Directeur Général d'Alleo.

La part de marché reste par contre plus faible en Allemagne avec 31 à 32% de part de marché à Francfort.

« Le train est très concurrentiel jusqu'à 3h mais ensuite sa part de marché diminue. Et puis alors que nous avons une ligne à grande vitesse sans discontinuation entre Paris et Strasbourg, il n'y a pas de ligne grande vitesse de bout en bout jusqu'à Francfort » explique Emmanuel Mroz.

En Allemagne chaque ville souhaite avoir le plus de fréquences possibles en TGV

Les partenaires allemands de la SNCF n'ont pas les mêmes priorités. Du fait de la structure fédérale de l'Allemagne les régions sont très attentives à ce que les trains même à grande vitesse s'arrêtent dans les villes.

« Les régions allemandes privilégient la desserte des territoires à la vitesse. Une liaison point à point à grande vitesse avec peu d'arrêts a moins de sens en Allemagne qu'en France. Chaque ville régionale a un droit équivalent pour les dessertes et elles désirent avant tout avoir le plus de fréquences possibles » explique Emmanuel Mroz.

Les voyages d'affaires représentent 30 à 35% des ventes de billets sur Alleo

Alors que les clients Business représentent environ 30 à 35% des billets, Alleo souhaite encore améliorer la qualité de service au niveau de la restauration. « Il reste des choses à faire dans ce domaine. Nous allons améliorer le packaging et nous étudions une offre plus qualitative de menus au bar. Nous étudions notamment l'offre de restauration de la DB qui est intégrée alors que nous sous-traitons les plateaux repas. En terme de services, le WiFi a été une grande amélioration. Il est disponible depuis le mois de juillet 2017 et est plébiscité par les passagers. Nous avons même une offre de commande de plats à la place via le WiFi » assure Emmanuel Mroz.

Les trajets transfrontaliers se développent avec de nouveaux distributeurs comme Trainline

Certains acteurs se sont fortement développés ces dernières années sur la vente de trajets transfrontaliers comme Trainline France (ex CaptainTrain) qui revend de nombreux trajets transfrontaliers. « Avant nous vendions que des trajets domestiques en France. Puis nous avons développé une offre internationale. Nous chargeons désormais dans notre système les tarifs SNCF mais aussi les tarifs Deutsche Bahn ce qui nous permet d'offrir des tarifs optimisés pour les trajets transfrontaliers. En Allemagne Hambourg-Berlin est l'un des trajets les plus demandés tout comme Rome-Milan en Italie » indiqué Mounir Laggoune, responsable France pour Trainline International.

La fusion Alstom-Siemens pourrait à terme hamoniser l'offre TGV

Au niveau de l'actualité, la fusion d'Alstom et de Siemens pourrait signifier qu'à long-terme, les offres entre la France et l'Allemagne seront harmonisées.

Un jour peut-être n'y aura-t-il plus qu'un type de train au lieu d'un TGV et d'un ICE...

« A une époque nos interlocuteurs allemands étaient prêts à acheter des TGV mais finalement l'ICE a été construit. Il reste que les ICE allemands sont conçus autour du bar, la voiture phare des trains à grande vitesse allemands ce qui n'est pas le cas du TGV français. Si un train commun devait être développé il faudrait prendre en compte les demandes de chaque type de clientèle» explique Emmanuel Mroz. L'avenir semble donc aller vers encore plus de coopération tant au niveau des opérateurs ferroviaires que des constructeurs franco-allemands.

Quant à l'ouverture du marché à la concurrence, elle risque également de changer le marché. « On a été très loin en terme de coopération entre la SNCF et la Deutsche Bahn. Après je ne sais pas si la DB viendra concurrencer la SNCF sur certaines liaisons » se demande Emmanuel Mroz. Pour le moment la plus grande concurrence vient surtout des sociétés de bus et de covoiturage qui ont encouragé la SNCF à se développer sur ces deux marchés (via OUIBUS) et à lancer une offre de TGV Low-cost (OUIGO) pour riposter.

Il reste que l'avenir du train reste promis à un bel avenir pour les trajets intra-européens de moins de 3 heures et que ce mode de transport devrait continuer à se développer.

www.alleo.eu

ALLEO EN CHIFFRES:

- 2 clients sur 3 choisissent le train plutôt que l’avion entre Paris et Stuttgart
- 1 client sur 3 choisit le train plutôt que l’avion entre Paris et Francfort
- 6 allers-retours Paris-Francfort par jour dont 2 A/R via Strasbourg en 3h38
- 5 allers-retours Paris-Stuttgart par jour en 3h08 dont 1 prolongé jusqu’à Munich
- 1 aller-retour Francfort-Marseille par jour via Lyon
- 90 chefs de bord SNCF et 100 DB trilingues sur l’ensemble du parcours
- 92% des voyageurs satisfaits ou très satisfaits du service

  
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