Hier nous avons publié un article pour faire l’état des lieux du trafic aérien suite à la guerre entre Israël et les Etats-Unis contre l’Iran : les aéroports du Golfe à l'arrêt.
Aujourd’hui, intéressons-nous aux conséquences économiques pour les compagnies aériennes.
La fermeture des aéroports au Moyen-Orient et de l’espace aérien a un fort impact sur la rentabilité économique car même pendant la guerre froide ou le Covid, les compagnies aériennes n’ont eu autant d’interdiction à gérer.
Après l’interdiction du survol sibérien du fait de la guerre en Russie qui a rallongé les temps de parcours vers l’Asie du Nord, la guerre en Irak complique considérablement la gestion des vols vers l’Asie.
Les annulations de vols ou les reroutages sont très couteux
Ces derniers jours les compagnies aériennes ont du rerouter des milliers de vols, héberger des voyageurs, gérer les situations des personnels navigants…Les annulations de vol sont très couteuses.
Les compagnies aériennes doivent gérer des routes complexes. Le retoutage d'un vol long-courrier ajouter généralement 2 à 3 heures par segment avec une hausse des coûts variant entre 6000 et 1000 dollars par heure sur des avions comme les B777 ou A380 : 20 à 30% de dépense en carburant en sus, coûts de maintenance plus élevé en dehors des bases, frais supplémentaires du personnel...
Il n’y a plus qu’un mince couloir pour se rendre en Asie au dessus de l’Azebaïdjan entre l’Iran et le Caucase mais avec les risques associés d’éventuels missiles mal configurés ou d’attentat.
Les trajets sont également compliqués plus au sud alors que les espaces aériens vers le Soudan et la Libye sont interdits et que 8 pays ont fermé leurs espaces aériens : l’Iran, Israël, l’Irak, la Jordanie, le Qatar, Bahrein, le Koweit et les Emirats Arabes Unis. Ces changement de toute entrainent des temps de vol plus longs, plus de dépenses en carburants et des coûts plus élevés. Les vols depuis l’Europe vers l’Inde ont été particulièrement impactés alors qu’ils survolent normalement l’Iran : les détours via l’Asie centrale ou la mer d’Arabie ajoutent beaucoup de coûts supplémentaires.
La guerre a également un impact sur les systèmes GPS qui peuvent être brouillés ou subir des perturbations.
Vers un baril à 100 dollars ?
Et puis il y a les assurances dont le coût a grimpé en flèche tant pour les passagers que pour le trafic cargo en mer ou dans les airs. Les assurances excluent par ailleurs les dommages commerciaux en temps de guerre particulièrement pour les revenus perdus des compagnies aériennes ou permettent d'annuler les couvertures.
L'agence de notation Morningstar DBRS estime « que ces événements créent d'importants défis en matière de souscription et d'investissement pour les branches d'assurance maritime, aviation, immobilier, voyage et chaîne d'approvisionnement. Du point de vue de l'assurance aviation, les assureurs doivent tenir compte du risque que des missiles ou des intercepteurs de défense aérienne puissent entraîner d'importantes demandes d'indemnisation en matière de casco et de responsabilité civile » note Reuters. La hausse des coûts de cargo aérien va avoir un impact fort sur les produits pharmaceutiques, électroniques ou certains produits alimentaires. Et l'impact pour les aéroports du Moyen-Orient avec des pertes en terme de droits de trafic passagers mais aussi cargo. Les coûts de logement pour les passagers bloqués vont exploser. Les Emirats Arabes Unis ontt d'ailleurs annoncé qu'ils allaient logement et nourrir gratuitement les voyageurs bloqués : une excellent nouvelle pour l'image à long-terme de l’Émirat. L’Autorité générale de l’aviation civile des Émirats arabes unis (GCAA) a pris en chaarge 20 200 passagers : ils ont été hébergés dans des hôtels et on eu leurs repas payés aux frais des gouvernements.
Enfin le coût du carburant risque d’exploser si la guerre se poursuit. On estime le carburant représente entre 20 et 30 % des coûts d’une compagnie aérienne pour les vols long-courriers. Alors que les compagnies aériennes sont des business à la marge très faible une hausse même minime du pétrole a des répercussions très rapides sur les marges. Le cours du pétrole était de 60 % le baril en début d’année, il a atteint 80 dollars début mars et grimpe rapidement à 82,52 dollars hier.
Au delà de ces impacts directs sir la guerre se poursuit c’est toute la logistique et les flux mondiaux qui sont remis en cause, le Golfe étant devenu un hub aérien extrêmement important tant pour le trafic passagers que pour le trafic cargo. Une fermeture durable conduira à une hausse des prix et des coûts tant pour les passagers que pour les marchandises avec un effet inflationniste majeur décuplé par la hausse des cours du pétrole. Si la situation perdure ou s’envenime on peut imaginer un choc pétrolier identique aux années 70 avec une période stagflation. Le total des coûts devrai avoisiner 1 milliard de dollars pour les compagnies aériennes.
Certains analystes estiment que le cours du pétrole pourrait atteindre 100 dollars voire bien plus, ce qui entrainera rapidement un ralentissement de l’ensemble de l’économie mondiale. On estime que le coût de cette guerre atteindrait 7 à 10 milliards de dollars par jour de quoi plomber l'économie mondiale très rapidement. Cette guerre risque par ailleurs de conduire à embrasement généralisé du Moyen-Orient et la destruction des infrastructures dans les pays producteurs de pétrole, ce qui aurait des conséquences extrêmement graves sur l'économie planétaire.
The Astronomical Daily Costs of the US-Israel-Iran War: Billions and Counting
— Patricia Marins (@pati_marins64) March 3, 2026
The escalating conflict between the United States, Israel, and Iran, now in its fourth day as of March 3, 2026, has unleashed not only military and humanitarian devastation but also staggering economic… pic.twitter.com/4lOgzlTTzZ
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