En 2024, la France aura été encore une fois sous la moyenne européenne en terme de PIB par habitant. Les causes sont multiples…
Selon les données de l’INSEE et d'Eurostat, le PIB par habitant de la France a été inférieur à la moyenne de l’Union européenne en 2024 comme en 2023. Il a été de 99 en 2024 contre une moyenne de 100 pour l'UE selon Eurostat.
L’Italie talonne désormais la France de même que Chypre, l’Espagne ou la République tchèque qui pourrait bien dépasser la France très rapidement.
Depuis quelques années, la situation ne cesse de se dégrader avec un appauvrissement continu des Français.
Et cela est encore pire si l’on compare la situation aux régions européennes.
Ainsi en 2022 seulement deux régions françaises ont un PIB/habitant supérieur à la moyenne de l’UE : l’Ile-de-France et la région PACA. Certaines régions sont même parmi les plus pauvres de l’UE comme le Limousin intégré désormais à la Nouvelle Aquitaine ou la Lorraine intégrée au Grand Est, la Guyane, la Martinique, la Réunion, la Guadeloupe, Mayotte . Toutes les autres régions ont en métropole ont un PIB inférieur à la moyenne européenne.
🇫🇷 Les régions françaises sont sous la moyenne Européenne🔻
— Nicolas Chéron (@NCheron_bourse) November 30, 2025
Pourtant, peu de gens en parlent.
Et c'est peut-être ça le plus inquiétant.
Sur l'ensemble des régions françaises, seules 2 ont un PIB par habitant supérieur aux moyennes de l'Union Européenne :
→ L'Île de France,
→… pic.twitter.com/WRYO18fMhx
Les raisons sont multiples. Tout d’abord le poids du secteur public est immense en France avec les fonctionnaires d’État et surtout les fonctionnaires territoriaux dont le nombre a fortement augmenté ces 10 dernières années. Les inactifs (retraités, étudiants, chômeurs) et les fonctionnaires d’État ou territoriaux) ou personnes travaillant pour ou par le secteur public (associations) sont majoritaires comme électeurs ce qui influe sur les votes pour une politique fortement assistée.
Le secteur privé finance ainsi un secteur public/inactif de plus en plus important ce qui grève sa compétitivité.
Ce vote pour toujours plus d'assistance conduit à des finances publiques très mal gérées avec un déficit des comptes publics récurrent et une dette en augmentation quasi constante depuis les années 80.
L'éducation nationale a baissé de niveau et promeut des idées socialistes
Parallèlement, le niveau scolaire a fortement baissé. Nous sommes 26ème au classement PISA de 2024 alors que nous étions 13ème en 1999. Et la baisse est identique dans les sciences comme en orthographe. En 1987, un élève de CM2 faisait 10,7 fautes dans une dictée contre 19 fautes en 2022. Entre 1987 et 2005, les élèves ont perdu 2 années, c’est-à-dire que ceux de 5e de 2005 ont le même niveau que leurs camarades de CM2 de 1987. Et l’étude de 2016 est venue confirmer le caractère continu de cette baisse note The Conversation. Le niveau baisse depuis une cinquantaine d'années en orthographe. En mathématiques le constat est similaire : en 2023, la France a enregistré la plus forte baisse du niveau depuis 2000. La France se classe désormais entre la 15ème et la 29ème place en mathématiques et en sciences, et entre la 11ème et la 29ème place en compréhension de l’écrit note Radio France. La France subit ainsi une trajectoire de nation sous développée avec une baisse de niveau généralisée. L'échec visant à amener toute une génération au BAC a conduit. une baisse de niveau ce qui dévalorise les études supérieures.
Les mentions auparavant rares au BAC sont courantes et ne sont plus une référence tant le niveau a chuté.
Quant à certaines grandes écoles comme Sciences Po et l’éducation nationale en général on se demande si elles ne forment pas plus les élèves à la pensée socialiste plutôt qu’à l’économie de marché, le vote des enseignants étant très majoritairement à gauche.
Beaucoup d’élèves sortant de Sciences Po deviennent ainsi des idéologues, convaincus qu’il faut toujours plus d’impôts, de normes, de secteur public...Ce sont ces étudiants qui intégreront dans les prochaines années les ministères et les communautés territoriales... A voir d'ailleurs la vidéo de Sarah Knafo qui explique la dérive de l'établissement. Cela va à l'encontre des modèles de sociétés qui réussissent comme la Suisse, Singapour ou les États-Unis, où l'économie de marché et la compétitivité sont mis en avant.
Au niveau de Sciences Po, la direction a été changée à la tête de l'école, mais ce n'est pas sûr que cela soit suffisant pour changer l'idéologie dominante de gauche voire d'extrême gauche au sein de l'établissement qui forme les futurs cadres du secteur public. Le nouveau directeur avait identifié une triple crise de l'école : « d’image, de projet et de gouvernance », c'est un constat que l'on pourrait faire pour l'ensemble de l'éducation nationale.
Même la Chine semble aujourd’hui bien plus compétitive que la France au niveau économique, la France étant à bien des égard un pays plus communiste que la Chine : endettement, déficit, normes, bureaucratie, concurrence.
Trop de BAC+4 et pas assez de plombiers
Par ailleurs alors que beaucoup d’étudiants ayant le BAC font 10 fautes à la ligne on manque de plombiers, d’artisans ces filières étant dévalorisées. Le but pour un Français étant d’intégrer l’administration pour être planqué alors que les métiers manuels sont aussi des filières d’excellence. Il manque des milliers d'artisans en France.
De plus, des filières sociales avec peu de débouchés sont financés par nos impôts à l’université comme la sociologie, psychologie, l’histoire, les lettres…sans prise en compte des besoins de la société. L’université devrait pourtant adapter son offre aux besoins plutôt que de former des étudiants à des filières sans débouchés à fonds perdus.
Trop de fleurons vendus à la découpe et une industrie en berne contrairement à la Suisse
Parallèlement nos meilleurs étudiants dans les sciences formés grâce à de l’argent public s’exportent souvent à l’étranger faute de débouchés ou de salaires adéquat dans le pays.
Il est vrai que l’industrie française a été vendue à la découpe par nos politiques peu intéressés par le bien commun comme l’ont indiqué Philippe de Villiers, Arnaud Montebourg ou Olivier Marleix : des sociétés stratégiquement cruciales comme Alcatel ou Alstom ont été bradées à l'étranger.
Entre 1974 et 2018 l’emploi industriel a diminué de 2,5 millions de personnes en France et l’industrie ne contribue plus qu’à 10 % du PIB soit une baisse de 5,2 points entre 1995 et 2023 pendant que la baisse n’atteignait que 1,9 point en Allemagne.
Trop de fonctionnaires d’État et territoriaux et de subventions aux associations
Pendant que l’industrie se meurt la France crée des postes de fonctionnaires à la pelle. « Nous tenons le record mondial de la dépense publique...60 % de notre PIB alors que la moyenne européenne approche 50 %...L’administration n’a cessé de s’accroître pour et les personnels ont augmenté plus vite que la population active pour atteindre des effectifs hors mesure avec les comparaisons internationales...La France comptait 5,67 millions d’agents en 2021 soit 1 emploi sur 5 contre 4,6 millions en Allemagne alors qu'elle ne compte que 68,5 millions d'habitants contre 83,5 millions pour l'Allemagne».
Alors que Macron s’était engagé à réduire les effectifs de la fonction publique de 120000 personnes ils ont augmenté de 198000 agents. Et cela a un coût énorme pour le pays : 357 millions de rémunérations publiques en 2024 contre 291 milliards en 2017 soit 12 % du PIB contre 8,6 % en Allemagne.
Le problème des retraites publiques : la vraie source du déficit
La France compte par ailleurs un grand nombre de retraités du public qui partent à 50-55 ans au contraire de la plupart des pays du monde (militaires et gendarmes, pompiers, contrôleurs aériens, surveillants pénitentiaires, policiers, régimes spéciaux). Le vrai problème du système des retraites est en fait celui du secteur public en très lourd déficit contrairement au privé. La retraite des fonctionnaires et des agents publics fortement déficitaire représente le plus gros du déficit des retraites. Personne n’en parle sauf certains instituts comme l’IFRAP. Est-il normal que la retraite soit calculée sur les 6 derniers mois ce qui est bien plus avantageux que dans la privé, sans justification alors que les salaires moyens dans le public sont aujourd’hui plus importants que dans le privé ?
Le revenu salarial moyen dans le secteur public est de 24.070€/an contre 22.040€/an pour un salarié du privé en 2021. Cela représente un écart de +9,3% en faveur du secteur public, en EQTP par contre le salaire moyen est plus de bas de 3,7% dans le public mais ce dernier chiffre ne prend pas en compte les heures supplémentaires très fréquentes dans le privé. Dans tous les cas comment justifier que la retraite soit calculée sur les 6 derniers mois dans le public? Vu les déficits c'est incompréhensible.
Le Point note d'ailleurs que les retraites du public représentent 1/3 du déficit et la moitié de la dette alors qu'ils représentent une part bien moindre de l'emploi total.
« En 2023, un retraité du secteur public aura donc coûté en moyenne 14 125 euros aux finances publiques, contre 1 230 euros pour un retraité du privé. Un rapport de 1 à 12 ! C'est profondément injuste, car nous payons tous les mêmes impôts ! » explique le sénateur UDI sénateur (UDI) Vincent Delahaye.
Un pays trop tourné vers les aides et pas assez vers la création de richesses
Aujourd’hui en France on parle de pistes cyclables, de retraite, de privilèges dans le public et d’aides diverses et variées qui ne sont plus possibles alors que le pays s’appauvrit. Pendant ce temps la Chine et les États-Unis créent les industries du futur qui elles seules engendreront de la richesse. Pendant que nos jeunes formés à Sciences Po intègrent les associations ou le secteur public, ne parlent que des dangers du réchauffement climatique, les jeunes américains ou chinois intègrent des start-ups dans le domaine de la robotique, de l’IA, du spatial, des microprocesseurs…
Un pays vieillissant où les hommes et les femmes s'affrontent
La France est devenue un pays qui ralentit à l’image des limitations à 30km/h qui fleurissent un peu partout dans le pays. Le symptôme de ce ralentissement et de ce repli sur soi est la baisse de la natalité. En 2025 le solde naturel a été négatif pour la première fois depuis 1945. Il y a eu plus de morts que de naissances l'an passé. En terme de fécondité, on a atteint le niveau le plus faible depuis 1917 soit 1,56 naissance par femme.
Les femmes s’opposent aux hommes et inversement, les jeunes aux vieux, chacun veut obtenir le plus d’avantages.
Mais une société ne peut fonctionner par cet individualiste extrême où chacun veut avoir des avantages au détriment du plus grand nombre. Une société sans enfants est une société qui meurt à moyen terme. A ce sujet, les associations féministes ont fait beaucoup de mal dans les rapports hommes/femmes ces dernières années et les hommes sont désormais très défavorisés en cas de divorce, ce qui est désormais la norme pour la majorité des couples.
Par ailleurs, beaucoup d'enfants sont désormais élevés par des femmes seules ce qui bouscule totalement la société : les enfants n'ont plus de repère paternel. En cas de divorce, les hommes sont souvent vus comme des banquiers aptes à payer des pensions alimentaires mais au droit de visite souvent réduit par décision de Justice, les JAF étant majoritairement des femmes.
Les hommes comme les femmes se détournent donc de la vie en couple au regard des problèmes potentiels. Comme l'indique l'Observatoire de la société, de plus en plus de personnes vivent seules.
Le repli sur soi est national mais aussi individuel. En France 11 millions de personnes vivent seules. « Leur part dans l’ensemble de la population a été presque multipliée par trois entre 1962 et 2019, passant de 6 % à 17 % de l’ensemble de la population, selon l’Insee. Au sein des seuls 15 ans et plus, cette proportion a augmenté de 13 % en 1990 à quasiment 21 % en 2019 » note l'Observatoire.
Comme le disait Kennedy, « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ».
Ce n’est malheureusement pas le cas en France aujourd’hui et cela se reflète dans la classe politique déboussolée de droite comme de gauche, qui se rend compte qu'on ne peut plus financer un système social et un État gargantuesque mais qui doit répondre aux demandes des électeurs. Pendant que le monde accélère, la France ralentit alors qu’elle a été souvent par le passé en tête des grandes évolutions technologiques.
Pourtant certains pays européens se développent à marche forcée comme la Pologne ou la République tchèque qui ayant connu le communisme ne veulent surtout pas reprendre le même chemin.
La Suède également a su très bien se réformer pour devenir un pays hyper compétitif au contraire de la France avec une dette inférieure à 30% du PIB tout en conservant intelligemment sa monnaie pour affronter les crises. Elle a développé un écosystème de licornes sans rapport avec l'écosystème français.
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