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Du fait de l'état d'urgence, la France a rétabli ses contrôles aux frontières et a renforcé les contrôles de sécurité dans les aéroports. Plus de délais sont à prévoir pour les voyages dans les prochaines semaines...

Pour les voyageurs, le cauchemar des files d'attente dans les aéroports n'est pas prêt de se terminer. Alors que les contrôles n'ont cessé de se renforcer ces dernières années, les événements qui ont eu lieu à Paris ce week-end ne vont pas faciliter les déplacements des voyageurs.

Le président de la République a décidé de fermer les frontières dans le cadre de l'état d'urgence qui s'est appliqué dans un premier temps à la France Métropolitaine, la Corse et désormais également aux DOM-TOM.

Il était déjà prévu que les frontières soient fermées du 30 novembre au 11 décembre du fait du sommet COP21: la mise en place de l'état d'urgence pour 12 jours signifie que les frontières seront fermées au moins jusqu'au 11 décembre sans interruption. On vient d'apprendre ce jour que l'Assemblée avait voté pour sa prolongation (voir en fin d'article). L'autorisationd e sortie du territoire pour les mineurs va également être remise en place pour les pays de l'Union Européenne.

Prévoir plus de délais dans les aéroports

Dans les aéroports, ADP a annoncé dès samedi des contrôles de sécurité renforcés dans à Orly et Roissy: il en est de même dans les autres aéroports de province.

«Des délais supplémentaires sont donc à prévoir» a précisé laconiquement ADP dans un communiqué le week-end dernier.

Aéroports de Paris nous a confirmé mercredi qu'elle conseillait aux voyageurs de venir une heure plus tôt que les délais habituellement conseillés du fait des mesures de sécurité renforcées.

Rappelons que l'embarquement des vols long-courriers débute en général 45 minutes avant le départ et 30 minutes pour les vols court, moyen-courriers.

L'heure limite d'enregistrement est souvent de 40 minutes avant le vol pour les vols court, moyen-courriers et de 60 minutes pour les vols long-courriers (90 minutes pour l'Afrique chez Air France).

Il est à noter que les évenements de ce week-end pourraient avoir un impact sur la manière de gérer la sécurité dans les aéroports dans le futur.

La CGT a demandé la nationalisation de la sureté aéroportuaire privatisée depuis 2001. Le syndicat a notamment dénoncé les «failles de cette organisation», comme «le turn-over et la précarité (plus de 30% d’intérimaires), incompatibles avec l'efficacité de la sûreté aéroportuaire».

De plus la Direction Générale de l'Aviation Civile a fait savoir que les voyageurs devraient désormais présenter une carte d'identité avant d'embarquer dans l'avion : cette mesure sera appliable jusqu'au 29 février 2016.

Rester calme face aux alertes et s'informer

Les voyageurs doivent également peut-être s'attendre à plus de fausses alertes du fait du qui vive actuel des forces de sécurité.

Ainsi dans la nuit de mardi à mercredi deux vols d'Air France en partance des Etats-Unis ont été déroutés du fait d'alertes à la bombe. Prévoyez donc de lire régulièrement la presse (comme BusinessTravel)  ou les sites des aéroports pour vous informer d'éventuels retards.

L'information est clé pour éviter les lieux potentiellement dangereux comme cette semane à Saint Denis. Il est à noter que dans le cadre de l'état d'urgence des salles de spectacles, les débits de boisson peuvent également être fermés et les manifestations interdites.

N'oubliez pas vos papiers d'identité pour des voyages en Europe, y compris dans l'espace Schengen

Le rétablissement des contrôles aux frontières signifie également plus de délais si vous voyagez par la route pour vous rendre dans un pays de l'Union Européenne : 61 points de passages autorisés font l'objet de contrôles de la police au frontières et des douanes. Les autres points de passage sont contrôlés par la direction centrale de la sécurité publique, les CRS et la gendarmerie nationale.

Cela signifie également que vous devez absolument emporter une pièce d'identité en cours de validité si vous voyagez en transport en commun y compris vers un pays européen de l'espace de Shengen.

Evitez encore plus les pays ou les zones à risques

Enfin si vous voyagez vers des destinations lointaines ne partez pas avant de vous informer des éventuels risques du pays via le site des Affaires Etrangères qui classe les pays et les régions par couleur en fonction des dangers : vert, orange ou rouge.

Rappelons que de nombreuses régions ou pays du monde sont actuellement en zone rouge d'après le Ministère des Affaires étrangères. On peut citer  certaines régions du Mexique, de Colombie, du Pérou, du Sahara Occidental, le sud de l'Algérie, la Libye, l'ouest et l'extrême sud de l'Egypte, le Sinaï, la Syrie, l'Irak et le sud du Liban, l'est de l'Iran, le Yémen, le nord de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Nigérai, les frontières du Tchad, une grande partie de la République Centrafricaine, le sud du Soudan et le Soudan du Sud, les frontières de l'Ethiopie, le nord et l'est du Kenya, la Somalie, l'est/nord-est de la République Démocratique du Congo, l'est de l'Afghanistan, une grand partie du Pakistan, certaines zones de Birmanie, le nord de la Malaisie, l'extrême sud des Philippines.  

L'état d'urgence va durer 3 mois

Toutes ces précautions et mesures liées d'état d'urgence devraient durer.

On a appris ce jour que l'Assemblée Nationale avait voté la prolongation de l'état d'urgence pour 3 mois. Seuls 6 députés ont voté contre et il y a eu un vote d'abstention. Le projet de Loi doit cependant encore être examiné par le Sénat cet après-midi et demain matin.

Le syndicat de la magistrature a souhaité mettre en garde contre l'état d'urgence qui représente selon lui «un risque pour la démocratie en dénonçant la «suspension même temporaire de l'état de droit.»

Même si l'état d'urgence est sans doute un mal nécessaire, il réclame la plus haute vigilance des élus et des citoyens.

De son côté, Dominique de Villepin a estimé qu'on ne résoudra pas les conflits au Moyen-Orient (NDLR: sur le long-terme) par des armes mais par la ruse, l'intelligence et la diplomatie comme il l'avait indiqué en 2014.

Dominique De Villepin avait été l'un des rares à ne pas vouloir faire envahir l'Irak en ne croyant pas aux preuves (qui se sont révélées fausses depuis) sur les armes de destruction massives.

«Depuis dix ans, les choses n'ont jamais cessé de s'aggraver et nous n'avons jamais gagné aucune de ces guerres» a réitéré cette semaine Dominique de Villepin en conjurant le gouvernement de trouver une solution politique aux conflits en cours et en demandant la naissance d'un parquet européen.

Force est de reconnaitre que les situation sécuritaire dans de nombreuses zones du monde a bien empiré depuis, malheureusement pour ceux dont le travail nécessite de nombreux déplacements.

De fortes baisses des réservations à Paris

Quant au tourisme en France, l'impact des événements de ces derniers jours pourrait se faire sentir très rapidement.

«Depuis samedi (14 novmebre) il y a eu une vague d'annulation conséquente dans l'ensemble du secteur et qui concerne les deux à trois mois à venir. Les prochains mois vont être difficiles…Mais là c'est 50% de chiffre d'affaires en moins qui va être enregistré pour le mois de novembre pour l'hôtellerie» estime Didier Le Calvez, PDG du Bristol et président de l'Umih Prestige, cité par l'Express.

Selon le cabinet MKG Hospitality, les difficultés pourraient s'étendre à l'ensemble de la France contrairement aux événements de janvier dernier : «L'impact des attentats sur l'hôtellerie dans le reste du pays reste encore à déterminer, mais les premières données invitent à penser qu'à l'inverse de l'après-7 janvier les difficultés pour le secteur du tourisme pourraient cette fois s'étendre à l'ensemble du territoire français, ou tout du moins à celle impactées par le tourisme international. On devrait probablement constater une véritable paralysie de l'activité hôtelière pour le reste du mois de novembre; il est en revanche pour le moment difficile de savoir combien de temps la tendance va se prolonger».

Certains ont pris des mesures pour aider les professionnels du tourisme comme Bpifrance qui a suspendu les échéances des crédits des hôtels parisiens. Booking a également suspendu ses commissions pour les annulations ou les non venues depuis samedi.

Il reste que ces mesures semblent encore insuffisantes pour soutenir un secteur qui a beaucoup souffert ces derniers mois.

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