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Voyages

Alors que l'Etat français a assoupli sa réglementation pour permettre aux agences de voyage d'émettre des avoirs, on pensait que l'UE allait s'orienter de même face à l'importance de la crise frappant le secteur du tourisme. Il n'en est rien...

Au contraire de l'Union Européenne, l'Etat français a été très réactif pour aider le secteur du tourisme et notamment les agences de voyage. 

L'Etat a publié l'ordonnance  n°2020-315 du 25 mars 2020 qui permet aux agences de proposer des avoirs valables 18 mois ce évite aux agences de devoir rembourser les voyages et donc d'importantes sorties de trésorerie alors que l'activité est à zéro.

L'Etat français a d'ailleurs milité pour que la Commission Européenne adapte son règlement pour que les compagnies aériennes puissent proposer des avoirs au lieu de devoir rembourser les billets.

L'UE encore une fois idéologique et non pragmatique

Or dans une série de recommandations émises hier, la Commission a rappelé aux prestataires de voyages que « en vertu des règles de l'UE, les voyageurs ont le droit de choisir entre des bons ou un remboursement en espèces pour les billets de transport annulés (avion, train, bus / autocar et ferry) ou des voyages à forfait ».

La Commission «réaffirme» ce droit, mais suggère également que «pour garantir que les bons deviennent une alternative viable et plus attrayante au remboursement des voyages annulés… les bons volontaires devraient être protégés contre l'insolvabilité de l'émetteur, avec une période de validité minimale de 12 mois et être remboursable au plus tard sous un an, s'il n'est pas utilisé. Ils devraient également offrir aux passagers une flexibilité suffisante, devraient permettre aux passagers de voyager sur le même itinéraire dans les mêmes conditions de service ou aux voyageurs de réserver un contrat de voyage à forfait avec le même type de services ou de qualité équivalente. Ils devraient également être transférables à un autre voyageur. »

La IATA critique ces nouvelles recommandations

Alexandre de Juniac, PDG de l'IATA, l'organisme de l'industrie aéronautique, a répondu que l'UE a « émis aujourd'hui de vagues recommandations qui, franchement, ne sont pas utiles aux compagnies aériennes... ». « Dans le cadre de l'UE 261, les compagnies aériennes européennes devront rembourser environ 9,2 milliards d'euros pour les vols annulés d'ici la fin ma » ajoute Alexandre de Juniac. «L'UE 261 n'a pas été conçue pour faire face aux annulations massives comme le nécessitaient les blocages imposés par le gouvernement dans la lutte contre une pandémie mondiale. Nous avons demandé la flexibilité d'émettre des bons remboursables - ou des remboursements différés - qui permettraient aux compagnies aériennes de conserver une précieuse somme d'argent pour survivre à la crise et garantir que les consommateurs obtiennent leurs fonds » a-t-il souligné.

Alexandre De Juniac a ajouté que «quelque 16 États membres de l'UE représentant 70% de la population de l'UE ont soutenu la demande. Au lieu d'un amendement à l'UE 261 qui donnerait des orientations claires…. Ce n'est pas une demande que nous faisons à la légère. Et chaque voyageur doit être traité équitablement et compte tenu de ce qui lui est dû. Avec la flexibilité de l'UE 261, nous pouvons faciliter cela et maintenir la viabilité du secteur pendant la crise ».

Revoir la direction et la politique de l'UE est nécessaire

Le modèle européen se révèle aujourd'hui peu adapté aux crises de par son indécision et sa lenteur de réaction.

On l'a vu lors de la crise épidémique. L'Union Européenne n'a pas su se dégager de sa posture ultra-libérale alors que la crise l'exigeait. Il aurait été plus simple de fermer les frontières rapidement pour les rouvrir également rapidement là où cela est possible.

Comment gérer une monnaie unique avec des économies si différentes?

Il se pose aujourd'hui un autre problème celui de la mutualisation des dettes et de l'émission massive de billets. Les bons élèves comme l'Allemagne ou les Pays-Bas ne veulent pas payer pour les mauvais comme la France, l'Espagne ou l’Italie.

Dans un jugement récent, la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a demandé à la BCE de s’expliquer et a critiqué son programme d’achat de dettes depuis quelques mais vise notamment le programme d'injection de 2600 milliards d’euros de liquidités pour palier à la crise due à l'épidémie de COvid-19. Ce jugement fait primer le droit allemand sur le droit européen.

La Commission européenne a menacé l’Allemagne de poursuites judiciaires mais la réalité est que l'Euro est aujourd'hui très fortement dépendant de l'économie allemande.

Le vrai problème européen reste le suivant : comment peut-on conduire une politique monétaire commune quand les systèmes économiques et économies sont si différents?

On ne peut reprocher à l'Allemagne d'avoir garder son industrie, on peut reprocher aux français de n'avoir pas su le faire

Au contraire des politiciens français les politiciens allemands ont su rester maître de leur industrie. La majorité des grandes entreprises allemandes est détenue par les banques allemandes et des fonds allemands.

Au contraire les politiciens français ont vendu de nombreux fleurons français à l'étranger (Alcatel, Asltom, voir la France peine à l'export)  et le pays se retrouve aujourd'hui avec une industrie moribonde.

Il est vrai que l'industrie française n'a pas été aidée par un euro élevé par rapport à l'ancien Franc.

Mais après tout est-ce la faute aux allemands si les français n'ont pas su investir dans leur industrie pour qu'elle devienne comme en Allemagne à haute valeur ajoutée et qu'elle soit moins sensible aux coûts salariaux?

De même le poids de l'Etat dans l'économie en France est bien plus élevé qu'en Allemagne ce qui affaiblit le secteur privé par des charges/taxes élevées...

Le jugement de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe pose donc une bonne question : une communauté doit-elle être responsable des erreurs d'un ou de plusieurs de ses membres?

L'Europe ou la France doivent changer de politique pour redevenir leaders sur les technologies du XXIème siècle

Une chose est sûre la politique européenne devrait devenir bien moins idéologique (ultra-libérale) et plus pragmatique vis à vis des enjeux du XXIème siècle.

Pour cela il faut sans doute totalement transformer sa gestion...Car aujourd'hui le principal problème de la France et de l'Europe est sa sous-industrialisation, sa faiblesse en capitaux propres (de nombreuses entreprises du CAC 40 sont détenus par des fonds étrangers), sa faible croissance et sa perte de domination sur les technologies clés du XXIème siècle (Internet, biotechnologies, énergies vertes...).

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