Déçue, lassée de voir qu’une fois encore le tourisme est le parent pauvre des programmes des candidats à la présidentielle, l’UMIH prend les devants et lance ses 7 priorités pour doper le tourisme.

Pour le syndicat leader dans la profession, le tourisme doit être une priorité nationale. Car si la France reste la première destination touristique, avec ses 84,5 millions de visiteurs par an, et un chiffre d’affaires de 158,6 mds d’euros, le secteur est fragile.
Certes, il représente toujours 7,4% du PIB, et 2 millions d’emplois directs et indirects mais il perd régulièrement des parts de marché.
« En 15 ans »explique le président de l’UMIH, « les arrivées des étrangers en France n’ont représenté que + 8,6% contre + 73% en Allemagne, + 46% aux Etats Unis et + 40% pour le Royaume Uni et l’Espagne ».
Redynamiser le secteur est donc essentiel
La première des priorités pour l’UMIH qui conditionne toutes les autres consiste à gagner 1 point supplémentaires de PIB pour le tourisme «1 point de PIB cela représenterait 21 mds de recettes supplémentaires » souligne le président de l’UMIH. Un objectif possible à condition de s’en donner les moyens avec notamment deux mesures phares : porter le budget de promotion de la France à 100 millions d’euros et créer un Fonds d’intervention pour des opérations ponctuelles qui seraient gérées par les professionnels et soutenu par l’Etat, à l’exemple de ce qui est fait pour le cinéma.
Les emplois doivent être la seconde priorité
« Nous sommes le 4ème employeur de France, mais il faut valoriser nos emplois auprès du public, car ajouter 1 point de Pib supplémentaire c’est 200 000 emploi s en plus » devait ajouter le président de l’UMIH, ce qui est bien mais on a souvent du mal à recruter « dit-il. Son souhait serait donc de valoriser l’apprentissage et d’ouvrir les parcours de formation pour favoriser le plein emploi ou la création d’entreprise.
Enfin, une demande de simplification des démarches administratives est présentée en troisième priorité « elles nous empêchent de nous consacrer à nos entreprises et à nos clients » devait-il encore déclarer », ajoutant » donnons de l’oxygène à nos entreprises ».
La 4ème priorité consiste aussi à donner plus de transparence sur l’ensemble des prélèvements fiscaux et sociaux.
Pour l’UMIH en effet, un grand nombre de taxes prélevées sur les entreprises sont d’une grande opacité tant liés à la collecte qu à leur utilisation « on ne sait même pas à quoi certaines servent » explique Roland Héguy « à l’image de la taxe de séjour, qui a été multipliée par deux en 2016 sans que l’on sache pourquoi. C'est aussi une manière de mieux gérer le suivi des plate-formes de location » explique-t-il encore.
La cinquième priorité est consacré à la prise en compte des démarches de tourisme durable dans la vie des entreprises à ceci près qu’il est important de mettre en place des aides pour accompagner les entreprises dans la démarche , de même que dans la transmission, qui pose problème en milieu rural, alors que la pérennité des entreprises est vitale pour les territoires.
La sixième priorité est consacrée au numérique, un enjeu important pour les entreprises du secteur souvent liées à ces systèmes pour leurs réservations. «1 chambre sur 4 est réservée sur des sites internet » explique Jacques Barré , président du Groupement National des Chaînes, ce qui représente 1,2 mds d’euros, avec 500 millions de commissions non fiscalisées qui s’échappent» . Réguler les systèmes et faire appliquer les obligations légales notamment aux plate-formes de location, représente donc la sixième priorité, qui y associe la e-reputation dont les process sont désormais régulés par l’Afnor, et que tous les sites concernés ont approuvé, tous sauf un, TripAdvisor.
Enfin, il ne peut y avoir de mesures efficaces que si le secteur est reconnu comme prioritaire dans l’économie du pays. Ce sera donc la 7ème priorité pour l’UMIH, qui évoquant le poids économique du secteur parle de « 229 000 entreprises qui réalisent t5% du chiffre d’affaires du tourisme. Notre objectif est donc d’être considéré comme l’un des secteurs les plus actifs de France ».
Après le manifeste de Jacques Attali, qui avait fait un plaidoyer pour 1% de croissance supplémentaire, c’est au tour du plaidoyer de l’UMIH pour 1% de croissance dans le tourisme. Un enjeu majeur mais pas vraiment inaccessible...
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