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 Wolfgang Krueger a conquis la montagne la plus emblématique du Japon : le Mont Fuji.  Bien que cette ascension demande beaucoup d'efforts physique, il envisage de l'escalader une seconde fois...

J’ai pris de nombreux vols au départ de Tokyo et à chaque fois quelques minutes après le décollage, le commandant de bord fait une annonce pour demander à tous ceux qui sont assis du côté droit de l’avion de regarder par la fenêtre le mont Fuji, l’une des icônes les plus emblématiques du Japon.

Récemment, lors d'un vol, observant ce cône parfait émergeant de la terre, je me suis demandé ce que cela ferait de l'escalader et s’il faisait très froid à son sommet.

J'ai maintenant les réponses à ces questions.

Cela a commencé il y a quelques semaines lors d'une réunion d'affaires habituelle avec des associés japonais.

Soudainement j'ai lancé une question pour briser la glace : « qui a été au sommet du mont Fuji? ».

La question m'a valu des regards vides et des secousses de têtes, et finalement, tout le monde a montré le bout de la table, où un homme japonais d'allure plutôt modeste était assis. Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit: « très dur. »

Au fur et à mesure que la réunion progressait, mon esprit continuait à errer sur les pentes de «Fuji-san», comme elle est affectueusement appelée par les Japonais (NDLR: le préfixe san étant utilisé normalement pour les personnes).

Le Mont Fuji est né il y a plusieurs centaines de milliers d'années et il a été inscrit comme parc national et comme site du patrimoine mondial de l'Unesco.

Cela signifie que des restrictions sont imposées aux activités de trekking et de camping. Contrairement à la croyance populaire, le volcan est toujours classé comme dormant et sa dernière éruption a été enregistrée seulement en décembre 1707. Il fait partie du parc national Fuji-Hakone Izu. Vu du shinkansen (le train à grande vitesse japonais) en voyageant entre Tokyo et Osaka, il semble majestueux et beaucoup plus haut que sa hauteur officielle enregistrée de 3 776 m.

Demandez aux gens ce que le nom Fuji-san signifie et on obtiendra une variété de réponses.

Les origines du mot ne sont pas claires, mais ce qui est certain, c'est qu'il est considéré comme sacré et qu’un trekking à son sommet est considéré comme un pèlerinage.

Les pentes sont parsemées de torii (portes japonaises traditionnelles) reflétant l’importance de Fuji-san dans la religion shinto.

Parallèlement à la croissance du bouddhisme au Japon, il y a eu une augmentation du culte des montagnes, les bouddhistes assimilant l'escalade à l'illumination spirituelle.

Comme on pouvait s'y attendre dans la société hautement organisée du Japon, il y a une saison d'escalade officielle, qui commence le 1er juillet et se termine vers le 27 août : l’ouverture de la saison fait souvent la une des magazines. Les cabanes de montagne et les stations de sécurité sont fermées en dehors de la saison officielle.

Il y a quatre routes d’ascension plus ou moins difficiles : de la plus populaire au départ de la 5ème Station de Kawaguchiko du côté nord débutant à 2305 m jusqu'à la route la plus courte partant de la station Fujinomiya à 2 380m.

Cet itinéraire est également très raide. Les deux randonnées les plus longues suivent les sentiers Gotemba (côté sud-est) et Subashiri (côté est), à partir de 1 440 m et 1 980 m respectivement.

Quelques jours après cette réunion, ce fut donc avec une grande surprise que je reçu un coup de téléphone inattendu du monsieur au bout de la table. Il m'invitait à le rejoindre lors de sa deuxième ascension du Fuji-san. Lors de sa dernière tentative, les conditions météorologiques n’étaient pas idéales, et il n’avait pas été en mesure de vivre un véritable lever de soleil.

Après avoir évalué mes capacités physiques (je suis également un plongeur certifié PADI), j'ai décidé d'accepter le défi et j'ai également réussi à convaincre deux de mes collègues de bureau de participer à l'aventure. Vingt-six jours après l'annonce officielle de la saison d'escalade, je me suis retrouvé au sein d’un groupe marchant vers le sommet via l'itinéraire Fujinomiya.

Après un trajet en bus de deux heures vers le sud-ouest de Tokyo, nous sommes arrivés à la 5ème station Fujinomiya. À en juger par la foule importante, il était évident que l’escalade de Fuji-san n’était pas seulement un acte de dévotion mais aussi une activité touristique extrêmement populaire.

Le dicton commun est celui-ci : « celui qui monte le mont Fuji est un homme sage, celui qui l'escalade deux fois est un imbécile.

Ce dicton a peut-être être inventé parce que la plupart des gens qui partent à sa conquête ne sont pas des alpinistes professionnels : est-ce pourquoi cela leur semble si difficile d’atteindre le sommet?

Je devais bientôt découvrir la sagesse de ce proverbe, mais ce jour-là, en étudiant toutes ces personnes avec leurs bâtons de randonnée en bois, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir un profond respect pour la montagne et pour le défi à venir.

Notre groupe a également acheté des bâtons de randonnée, chacun coûtant ¥ 1.000 (US $ 9), pour lequel un timbre nous a été remis. Les randonneurs accumulent des timbres à chaque station durant la montée, le plus important étant celui reçu au sommet. Ce sont des souvenirs amusants et la preuve qu'une personne a accompli la mission.

L'achat de bidons d’oxygène est également très populaire au départ de la 5ème station, mais la fierté empêchait les membres de mon équipe (dont moi-même) d’acheter de telles aides.

Ce fut par un un jour ensoleillé que notre équipe a débuté l’ascension à partir de la 5ème station : un paysage rocailleux s'étendait devant nous et des gens de tous âges marchaient avec enthousiasme comme s’ils étaient sûrs de conquérir le monde et pas seulement un pic.

L'une des principales raisons de cette excitation était la perspective de voir le lever du soleil, ce qui faisait monter mon adrénaline. Après tout, ne vivais-je pas au pays du soleil levant?

Les randonneurs ont plusieurs options pour le choix de leur heure de départ.

Ceux qui veulent éviter de passer la nuit dans des cabanes de montagne choisissent de monter à 21 heures pour atteindre le sommet vers 4 heures du matin.

Notre groupe a choisi de débuter notre escalade à 10h, ce qui nous a permis de profiter de paysages de plus en plus époustouflants au fur et à mesure que nous progressions. Le sentier était clairement marqué sur les roches et il était très difficile de se perdre.

Bien qu’il ne soit pas le Mont Everest ou le K-2, le Fuji-san n’est pas non plus une promenade du dimanche. Il s'agit en faut d'une randonnée plutôt difficile (comme me l’avait dit cet ami Japonais lors de la réunion ). Mon pique-nique composé d'onigiri (une collation de riz japonaise de forme ronde ou triangulaire, souvent remplie de saumon fumé chaud ou d'autres petits morceaux et enveloppée d'algues) me semblait avoir un goût délicieux du fait des efforts réalisés.

Nous sommes arrivés à temps pour savourer un coucher de soleil lumineux. Je pensais que cette seule expérience était une récompense suffisante pour cette montée.

Mais à 19 heures, nous nous sommes dirigés vers notre refuge pour un repas de riz et de curry. Le prix exorbitant de ce repas était sans doute dû à l’importante logistique nécessaire pour acheminer les ingrédients à cette altitude.

Dormir au sommet du mont Fuji pourrait vous faire penser à des visions de cheminée et d’ambiance romantique, mais malheureusement, mon expérience fut très éloignée de cette vision.

Il y avait vingt-six personnes dans une pièce, dormant sur des nattes et des couvertures fournies par le propriétaire de la cabane : une histoire intéressante à raconter pendant les dîners.

Mais à ce moment-là, tout ce à quoi je pouvais penser, en plus du repos de mon corps douloureux, était la fréquence à laquelle ces draps avaient été lavés. Mais au fait, avaient-ils été lavés?

Nous en sommes arrivés au point où certains d’entre nous ont décidé de fuir à l’extérieur avec leur affaires, pour s’asseoir sous les étoiles. Nous observions en silence Des points de lumière en mouvement : les randonneurs escaladant le Mont Fuji pour admirer le lever du soleil.

Nous avons réussi à descendre le lendemain, même si je dois reconnaitre que la descente était beaucoup plus difficile que la montée.

Fuji-san est un lieu spécial à coup sûr : ai-je été un sage ou un imbécile en l’escaladant? Je n’arrive pas à le savoir…

OÙ SÉJOURNER

La plupart des refuges sont ouverts du 1er juillet au dernier dimanche d'août. Une nuitée coûte de 5 000 à 5 500 ¥ et de 6 500 à 7 500 ¥ (59 à 68 dollars) avec dîner (généralement au curry) et petit-déjeuner inclus. Sancho Fuji-kan lodge (photo) est l'un des rares situés sur le sommet.

Pour plus d'informations, visitez www.fujisanchou.com ou www.fuji-toyokan.jp

CONSEILS DE RANDONNÉE

• Faites un peu de randonnée avant d’essayer de monter le mont Fuji. Une personne avec une condition physique moyenne peut le faire. Cependant, la partie la plus difficile est la descente.

• Soyez averti que la température diminue de 0,6ºC tous les 100 mètres environ durant la montée. Il est donc important de prendre des vêtements et des couches de vêtements appropriées pour s'adapter aux changements climatiques. Les températures peuvent tomber en dessous de zéro même en été.

• Il est recommandé de ne pas porter de vêtements à 100% en coton, car ils se mouillent facilement et sèchent lentement, ce qui est peu confortable. Utilisez des vêtements spéciaux disponibles dans les magasins de randonnée.

• Autres produits conseillés : chaussures de randonnée appropriées pour marcher sur le terrain rocailleux, eau potable (celle qui est vendue le long du trajet est chère), argent pour l’utilisation des toilettes (cela coûte 200 ¥ ), une torche, de la crème solaire car le soleil tape fort là-haut, des lunettes de soleil et un sac en plastique pour récupérer vos déchets.

  
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