Finalement la restructuration d’Air India s’avère plus difficile que prévue. On pouvait espérer que les deux principaux actionnaires Tata Group et Singapore Airlines transforment rapidement la société. Mais il n’en est rien. La compagnie aérienne a publié une perte record lors de son dernier exercice et demande désormais 1,5 milliards de dollars à ses actionnaires.
Air India a perdu 2,33 milliards de dollars lors de son dernier exercice comptable. Elle a du faire face à l’a guerre entre Israël et l’Iran, aux restrictions de l’espace aérien pakistanais pour les compagnies indiennes, à la hausse et surtout au crash d’un de ses avions qui a causé la mort de 260 personnes. La compagnie a aussi tenté de retarder les livraisons de nombreux avions commandés auprès d’Airbus et Boeing pour sauvegarder sa trésorerie. Les problèmes aussi d’Air India sont nombreux et connus depuis longtemps : paperasserie excessive, mauvaise gestion opérationnelle, flotte vieillissante…
Singapore Airlines va travailler avec Tata pour soutenir le programme de transformation de la compagnie. Il semble que cela ne sera pas simple. La question du renflouement d’Air India a même été à la une des débats au parlement singapourien. Selon Business Today, un député du parti des travailleurs Kenneth Tiong Boon a débattu de cette opération : « Air India a demandé 1,5 milliards à ses actionnaires.
Singapore Airlines détient 25% de la compagnie et Temased détient la majorité de Singapore Airlines ainsi ce n’est pas uniquement une question pour les actionnaires privés…Cela aura un impact significatif sur TEmasek ». Temasaked Holding est détenue par le gouvernement singapourien.
La vraie question pour les prochains mois sera de transformer drastiquement les opérations d’Air India. Malgré la prise de participation au sein du groupe, Tata et Singapore Airlines n’ont pas réussi à transformer suffisamment Air India.
Cela devrait passer sans doute par la transformation totale de la culture d’entreprise voire des licenciements, la compagnie étant gérée comme une administration publique. Il y a quelques mois l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne a pointé des problèmes de sécurité. Il semble donc y avoir un vrai problème de ressources humaines au sein de la compagnie. Depuis longtemps Air India a été une compagnie d’État géré par des fonctionnaires et doit donc apprendre à être géré comme une compagnie compétitive d’où la nécessité de revoir totalement la direction mais aussi les employés. L’ancien CEO Campbel Wilson a démissionné et Jeremy New de Singapore Airlines a été nommé comme directeur de l’ingénierie. On peut imaginer que d’autres directeurs de Singapore Airlines ou de Tata soient nommés pour mettre de l’ordre au sein d’Air India.
