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Les tournois de Sumos sont parmi les évènements les plus prisés à Tokyo. Cet art martial millénaire offre une plongée au coeur de l’identité culturelle japonaise…

Les tournois de Sumos ont lieu depuis très longtemps au Japon. Cet art martial est notamment mentionné dans les mythes et légendes du Kokiji et du Nihinshoki qui datent du 8ème siècle.

A la période Nara et Heain les tournois de Sumo ont commencé à avoir lieu au sein de la Cour Impériale en présence de l’empereur. Et depuis cette époque les tournois de Sumo ont toujours été prestigieux.

Durant la période Edo, les tournois ont servi à lever de l’argent pour contruire des temples et c’est à cette époque que les combattants sont devenus professionnels.

A Tokyo, les grands tournois de Sumo ont lieu en janvier en mai et en septembre

Il n’est pas facile d’assister à un tournoi de Sumo à Tokyo car il faut y séjourner aux bonnes périodes.

Les grands tournois de Sumos ( hon-basho ) ont lieu durant 15 jours en janvier, en mai et en septembre à Tokyo.

Il est également possible d’assister à des tournois en province notamment à Osaka en mars, à Nagoya en juillet ou à Fukuoka en novembre, les 3 autres tournois majeurs du pays. dans le passé les tournos de Sumos avaient lieu traditionnellement à Osaka, Edo ( Tokyo ) et Kyoto.

Si vous souhaitez assister à un match il vous faudra cependant prévoir un certain budget. A Tokyo, les tournois ont lieu au Ryogoku Kokugikan près du superbe musée Edo.

Les places les moins chères sont situés loin du ring et les spectateurs sont assis sur des sièges comme dans les stades français. Ces places appelées Isu sont disponibles en catégorie A, B,C et sont vendues entre 3000 et 9000 yens.

Les places dans des loges de style japonais ( Masu ) où l’on s’asseoit sur le sol sont déjà mieux placées.

On peut y loger jusqu’à 4 personnes et elles sont classées en 3 catégories A, B, C (A étant la catégorie la plus proche de la scène).

Ces places sont normalement facturées entre 10000 et 12000 yens par personne et sont parfaites pour assister à un match en famille ou avec des clients d’affaires japonais.

Les places situées à côté du ring ( Tamari ) sont classées dans la meilleure catégorie et sont très difficiles à obtenir : il faut en général avoir le bras long à Tokyo pour en acheter.

Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de réserver une place, il est aussi possible d’acheter un billet le jour même à 7H45 au stade Ryogoku Kokugikan de tokyo: ces billets sans siège réservé sont facturés environ 2200 yens. Cependant il n’y a habituellement que quelques 400 billets en vente. C'est pourquoi de nombreux habitants se lèvent à 4h du matin pour être les premiers servis lorsque le guichet ouvre.

L’ambiance monte progressivement dans le stade au cours de la journée, alors que les matchs les plus importants on lieu en fin d’après-midi : les matchs de basse division ont lieu à partir de 8H30, les matchs de seconde division ( Juryo ) ont lieu à partir de 15H et ceux de la première division ( Makuuchi ) ont lieu à partir de 16H.

Un combat très rapide mais intense

combat sumo

Les règles d’un match sont simples: le premier Sumo qui touche le sol au sein du cercle avec une autre partie de son corps que ses pieds a perdu de même que celui sort du cercle.

Le centre du ring ( dohyo ) est un cercle de 4,55 m de largeur,  surélevé par rapport à la salle et composé d’une couche d’argile recouverte de sable.

Une bataille est en général très courte et dure à peine quelques minutes.

Avant de combattre les sumos effectuent différents rituels. Ils lancent de sel pour purifier le ring,tournent les paumes de leurs mains vers le ciel pour montrer qu'ils ne tiennent pas d'arme (auparavant de nombreux Sumos étaient des samurais en armes en dehors du ring), tapent leur corps bruyamment avec leurs mains, regardent d'un air menaçant leur opposant en essayant de l'intimider.

Puis les deux combattants se jettent l’un contre l’autre. Ce combat est plus qu’un sport puisqu’à l’origine, les sumos visaient à divertir les divinités shintoïstes.

Il est amusant de noter qu’il n’y pas de restriction de poids ou de classe comme à la boxe.

Un Sumo de 110 kgs peut lutter contre un Sumo de 85 kilos d’où l’importance de prendre du poids dans le cadre de l’entraînement.

Après chaque tournoi, le classement d’un Sumo monte ou descend au sein de la hiérarchie ( banzuke ). Les sumos qui ont gagné plus de luttes qu’ils n’en ont perdu grimpent. Il existe 6 divisions au total chacune séparée en deux parties est et ouest, la partie est étant plus prestigieuse. La 6ème division ( jonokuchi )  comprend 80 lutteurs, la 5ème division ( jonidan ) 230, la 4ème division ( sandanme ) 200, la 3ème division ( makushita ) 120. Enfin la seconde division appelée Juryo comprend 28 lutteurs contre 42 lutteurs pour la première division appelée Makuuchi qui regroupe la crème de la crème des lutteurs.

Au top de la hiérarchie se trouvent les grands champions les Yokozunas, des célébrités et pur certains des dieux vivants. Les Yokozunas contrairement aux autreslutteurs gardent leur rang tout au long des tournois. Pour devenir Yokozuna il faut gagner 2 grands tournois ou obtenir un niveau équivalent.

Même s'ils gardent leur rang, les yokozunas doivent cependant prendre leur retraite quand leurs performances se détériorent sensiblement. Autre détail important, les combats ont lieu uniquement entre hommes même si à une époque des combats de femmes ont été organisés dans certaines régions du pays.

sumo paraplui

L’ambiance dans et autour du stade est incroyable : des midinettes attendant les champions à la sortie en espérant prendre des photos. Les Sumos sont très fiers et leur jettent parfois à peine un regard.

L’engouement autour des tournois de sumos semble cependant légèrement en baisse depuis quelques années au sein de la population japonaise et particulièrement auprès des jeunes.

sumo tokyo groupe

Car sur les 10 meilleurs sumos au monde seulement une poignée sont japonais.

Et dans la catégorie des meilleurs, les yokozunas, tous étaient mongols jusqu'à peu (il y a eu 71 yokozunas depuis 1749).

Kisenosato Yutaka : premier yokozuna japonais depuis 1998

En 2017, Kisenosato Yutaka est devenu le premier yokozuna japonais depuis Wakahohana en 1998 et a ravivé l'intérêt pour cet art martial auprès du public japonais.

une tournoi

Mais alors qu'il avait gagné son premier tournoi en mars 2017 en tant que yokozuna il n'avait participé à aucun tournoi depuis suite à une blessure.

Il est revenu dans l'arène au tournoi de septembre 2018 à Tokyo mais c'est un mongol le yokozuna Hakuho qui a gagné la coupe de l'empereur son 41ème tournoi, un record!

Il est le premier Sumo à avoir remporté 1000 matchs en première division.

Les joueurs étrangers ont en effet été autorisés à participer aux tournois de Sumos japonais depuis la seconde guerre mondiale mais ce n’est que depuis les années 80 que les compétiteurs étrangers sont devenus plus nombreux : hawaiiens, habitants des îles Samoas, mongols…

La carrière attire moins les japonais car l'entrainement d'un Sumo est très rude

Cette baisse du nombre de Sumos japonais de haut rang est du à l’extrême engagement et à l'entraînement très rude nécessaire pour devenir un Sumo.

Les sumos doivent être Hinkaku. Ce terme japonais indique qu’ils doivent avoir de la grâce de la dignité et de la force de caractère.

Dans leurs centres d'entrainement appelé heya, les Sumos doivent adolescents faire la cuisine, laver faire tous les petits boulots.  Ils sont vus comme subordonnés aux lutteurs seniors. Les entrainements sont particulièrement durs : lever à 5H du matin, puis entrainement et premier repas du jour le matin vers 10H30 un pot au feu appelé chanko-nabe précédé d'un bain composé de viande, poisson et de plusieurs bols de riz qui peut atteindre 10000 calories. Le tout accompagné de nombreuses bières. Le repas est suivi d'une sieste et l'entrainement se poursuit jusqu'au second repas dans la soirée qui atteint lui aussi environ 10000 calories soit 20000 calories par jour !

sumo tokyo

Certains Sumos comme Hakuho sont connus pour leurs frasques. Alors qu'il avait gagné son 33ème tournoi en 2015 et battu le précédent record de Taiho, en place depuis 44 ans, Hakuko avait été fêté sa victoire dans un bar lors d’une soirée mémorable où il aurait bu selon la presse japonaise jusqu’à 7h du matin.

Il est arrivé dans un état que certain ont jugé peu approprié à sa conférence de presse du lendemain en arrivant avec un heure de retard et avec des séquelles de sa soirée arrosée. Mais on pardonne tout à un tel champion d'autant qu'il vient de gagner le tournoi de septembre 2018 à Tokyo.

Si vous aussi vous souhaitez fêter la victoire d'un champion autour d'un verre, le quartier autour du stade regorge de bars à Sumos à l’ambiance incroyable. Nous avons rencontré plusieurs Sumos dans ces bars où l’on mange et l’on boit étonnamment bien.

Mais ils ne sont connus que des initiés.

Si vous vous intéressez à la culture japonaise, l’art des Sumos est un bon moyen de plonger au coeur de la culture millénaire du pays et de comprendre quelques traits de caractère des habitants comme leur respect pour la nature via les divinités shintoïstes, leur sens de la fête ou le caractère très réglé des combats.

Un combat de Sumo est une fête mais aussi et surtout un combat en l’honneur aux divinités ancestrales du Japon, un pays en proie à de multiples catastrophes naturelles, et où l’homme a compris qu’il était peu face aux forces de la nature. D’où le combat un peu surnaturel des Sumos ces forces de la nature aux corps incroyables!

Site officiel de l’Association Japonaise de Sumo pour les dates des tournois: www.sumo.or.jp

Pour acheter des billets : vous pouvez vous rendre au stade le jour même mais préparez-vous à vous le ver ttôt. Le plus simple est de les acheter par Internet ( http://sumo.pia.jp/en/ ) ou dans une caisse automatique de la boutique Pia office à Shibuya 109.

Si vous venez en dehors des périodes de tournoi, vous pouvez également asssiter à des entrainements dans l'un des stades suivants:

en.wikipedia.org/wiki/List_of_sumo_stables#Active_stables.

De nombreuses agences de voyage organisant des visites dans ces stades d'entrainement.

Stade Ryogoku Kokugikan

1-3-28 Yokoami, Sumida-ku, Tokyo, Japan; 81-(0)3-3623-5111 35.696944139.793333. Le stade comprend un musée sur le culture Sumoi accessible aux possesseurs d'un billet. Il est possible de se restaurer à l'intérieur du stade. A noter à côté du satde, un café à chat original sur le thème de la période d'Edo.

  
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