La France est numéro en terme de touristes dans le monde et en Europe mais cela ne veut rien dire car la France est un pays de passage. Beaucoup de touristes d’Europe du Nord traversent la France l’été pour se rendre en Italie ou en Espagne.
La France ne compte ainsi que 140 millions de nuitées en 2025 contre 254 millions pour l’Italie et 322 millions pour l’Espagne. C’est pour cette raison qu’elle est loin derrière l’Espagne en terme de revenus touristiques. La France n’est qu’en 4ème position mondiale avec 71 milliards de dépenses contre 126 milliards d’euros pour l’Espagne. Lors d’un colloque au Sénat qui avait eu lieu en juillet 2025, l’Alliance France Tourisme a estimé qu’il faudrait passer d’une « approche de volume à une approche de valeur ».
Mais là n’est pas l’unique problème. Car on peut le voir en Espagne désormais, les prix sont équivalents aux tarifs français voire plus chers dans certains endroits comme Madrid où le nombre de millionnaires a explosé ou Ibiza ou Majorque. Contrairement à l’Espagne, la France, le pays du Clud Med manque de grands resorts hauts de gamme, d’hôtels clubs plébiscités par les clientèles internationales. A cela s’ajoute également un manque de connexions de compagnies low-costs en province contrairement à l’Espagne très bien desservie. Les politiques de certaines villes comme Bordeaux ont fait fuir des compagnies comme Ryanair réduisant drastiquement l’offre. Par ailleurs, la politique économique socialiste mise en place dans le secteur aérien avec le doublement de la taxe passager a conduit à une raréfaction de l’offre aérienne sur le marché français. Le secteur a affiché une sous-performance notable en 2025 et le secteur aérien dans son ensemble a demandé l’annulation de la hausse de la taxe sur les billets d’avions entrée en vigueur le 1er mars 2025.
Le symbole de cette sous-performance notoire est sans doute l’aéroport de Bordeaux. Il a cumulé deux problèmes : les problème fiscal lié à la politique nationale et une politique locale décidée par un maire écologiste qui a tué le marché. Le maire de Bordeaux écologiste vient d’ailleurs d’être désavoué par les électeurs aux dernières élections municipales.
Le niveau du trafic aérien français reste inférieur de 2,2 % par rapport à 2019 contre une hausse de 6,6 % pour l’Union Européenne. Le constat avec l’Espagne est frappant alors que l’hôtellerie y est prise d’assaut et que les compagnies low-costs s’y développent très rapidement.
On voit donc dans le domaine du tourisme les mêmes problèmes que dans l’ensemble de l’économie : une taxation trop forte qui tue l’économie et le secteur aérien, une mauvaise adaptation aux besoins du marché et des charges salariales trop importantes qui font que les restaurants deviennent des endroits que ne peuvent plus fréquenter la classe moyenne. Avec moins de vols, la France accueillera forcément moins de touristes. Et ceux-ci auront l’occasion de découvrir des offres au meilleur rapport qualité-prix. Comme pour le reste de l’économie, le secteur doit se reprendre en main et forcer le gouvernement à changer de direction afin que la France se positionne enfin comme le leader qu’elle devrait être.
