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 L’Etat a amélioré ses aides pour les hôteliers fortement touchés par la crise. Mais de nombreux directeurs d'hôtels s’inquiètent pour leurs salariés. Le secteur souffre mais attend avec espoir la fin du confinement et la reprise des voyages en Europe grâce aux vaccins et aux tests…

Le hôteliers vont enfin pouvoir bénéficier de la nouvelle version du fonds de solidarité mis en place par l’Etat. « Les entreprises dont les activités sont directement impactées par le confinement et qui n'ont pas été fermées administrativement pourront bénéficier de la nouvelle version du fonds de solidarité » a déclaré Jean Casteix. Le fonds de solidarité est étendu à l’ensemble des entreprises du secteur, sans limite de taille, pour les entreprises fermées (cafés, bars, restaurants, discothèques notamment) ou connaissant une perte de CA d’au moins 50% (comme les hôtels ou les traiteurs organisateurs de réceptions).

Concrètement, s’ils ont perdu au moins 50% de leur chiffre d’affaires, les hôteliers vont pouvoir recevoir jusqu’à 10000 euros ou jusqu’à 15% de leur chiffre d’affaires pour le mois de décembre 2019. S’ils ont perdu plus de 70% de leur chiffre d’affaires, l’aide sera plus élevée de l’ordre de 20% du CA.

Rappelons que pour les restaurants fermés administrativement comme les discothèques ou les salles de sport, l’aide atteint 10000 euros ou 20% du CA plafonnée à 200000 euros.

Les organisations professionnelles représentatives du secteur, GNC, GNI, UMIH, SNRTC et SNARR se sont félicitées du dialogue constructif engagé avec les pouvoirs publics et des mesures fortes annoncées pour soutenir l’ensemble des entreprises du secteur en difficulté.

Pour les hôtels désormais la prolongation des mesures de chômage partiel est attendue

«Cette aide est une bonne nouvelle mais il reste à voir comment cela s’applique en terme de SIRET ou de SIREN. Cela n'est pas clair et les enjeux sont énormes : un hôtelier qui a 2 établissements (SIRET) pourrait demander jusqu'à 400 000 euros ( 2 x 200k€) alors que si il est organisé en "groupe" avec une holding (SIREN), il ne pourra demander que 200 000 euros maximum... Imaginez pour ceux qui ont 3 ou 4 hôtels » note Karim Soleilhavoup, Directeur Général du groupe Logis Hôtels.

Pour les hôtels désormais les principales inquiétudes demeurent l’attente de la prolongation des mesures de chômage partiel, la fermeture des restaurants et la non réouverture des stations de ski.

« Pour le moment les mesures d'aides pour le chômage partiel sont valables jusqu'au 31/12/2020. Elles nous donnaient de la visibilité. Mais l'on ne sait pas si le dispositif sera prolongé ou pas. SI nous perdons des collaborateurs cela va menacer la reprise. Un petit hôtel qui ferme et c'est l'économie d'un village qui perd une partie de son âme. Je suis extrêmement inquiet. Dans le groupe Logis Hôtels, 2800 emplois sont directement menacés » assure Karim Soleilhavoup directeur général de Logis.

La fermeture des restaurants et des remontées mécaniques engendre la grogne des hôteliers

La fermeture des restaurants décidée par le gouvernement inquiète également les hôteliers alors que cette décision est peu comprise et semble injuste par rapport aux cantines d'entreprise. Les chaines d'hôtels qui offrent des restaurants comme les Logis Hôtels souffrent de cette mesure discriminatoire.

« Nous ne comprenons pas pourquoi les restaurants d’entreprise restent ouverts alors que les restaurants d’hôtels sont fermés administrativement. Il aurait été logique que les voyageurs d’affaires dans le cadre d’un déplacement puisse profiter de la restauration alors que les employés d'entreprise peuvent profiter de leur cantine. On doit pouvoir permettre aux voyageurs d’affaires de manger là où ils dorment. C’est totalement injuste. Quant à la fermeture des stations de ski je me demande si l’on a plus de chance d’attraper le Covid-19 en faisant du ski qu’en allant dans le métro? La fermeture des remontées va avoir un impact pour notre secteur» estime Karim Soleilhavoup.

 Les hôtels même s'ils n'ont pas du fermer administrativement ont vu leur chiffre d'affaire s'effondrer

Le groupe Logis Hôtels comme l’ensemble de la profession souffre fortement de la crise.

«Nos revenus sont en baisse de 31% depuis le début de l’année et notre taux d’occupation plafonne à 30-35% contre 55-60% normalement. Par ailleurs seulement 50 à 60% de nos établissement sont ouverts » explique Karim Soleilhavoup à Business Traveler France. D’où l’importance des mesures de chômage partiel qui ont accompagné la baisse d’activité.

Globalement en en France durant la dernière semaine de novembre, seulement 70% des 18651 hôtels de France étaient ouverts avec un taux d’occupation moyen de 22% et une baisse des prix moyen des chambres de 35% sur un an.

Car si les hôtels sont resté ouverts contrairement aux restaurants, le résultat ne diffère pas beaucoup et la chute de l’activité a été très forte pour la très grande majorité des établissements.

Les voyages d’affaires ont sauvé l’hôtellerie depuis septembre

« La clientèle loisirs étrangère représente normalement environ 45% des clients en été contre 10 à 15% cette année. Les anglais, les belges, les allemands sont néanmoins venus et nous avons eu un bel été avec des clients français qui sont restés présents. Mais depuis septembre, il n’y a plus que des voyageurs d’affaires, la clientèle loisir a disparu. Nous avons ainsi réussi à limiter la perte de revenus à -18% seulement pour la clientèle affaires cette année » nous assure-t-il.

Les voyages d’affaires ont également sauvé en partie l’année des hôtels B&B même si le chiffre d’affaires a chuté de -50% : « on a eu la chance de continuer à avoir beaucoup de clients du secteur BTP car on correspond bien à leur besoin avec nos hôtels en périphérie des villes en province disposant de grands parkings. Ce qui nous manque cependant ce sont les cadres moyens/supérieurs du tertiaire qui sont en télétravail et qui fréquentaient les hôtels de centre-villes. Même si le télétravail va laisser des traces, on espère qu'ils vont revenir après la crise » explique Bruno Anelli, directeur du réseau Ile-de-France de B&B.

Le tourisme international manque aux hôteliers

Le groupe B&B a été peu touché par la baisse du tourisme international ce qui n’est pas le cas de nombreux hôtels parisiens ou dans les grandes villes de province qui souffrent de la disparition de cette clientèle internationale.

A Lyon par exemple l’hôtel Intercontinental a fermé du 17 mars au 15/06 et est fermé à nouveau depuis le 15 novembre jusqu'à la mi-janvier 2021.

« Nous avions auparavant une majorité de clientèle internationale principalement américaine qui représentait 60% du total. Cette année, notre clientèle internationale ne représente plus que 30% de nos revenus et nos clients américains ont disparu. Nous avons réussi à séduire des voyageurs d’Allemagne, du Bénélux. La clientèle française a représenté à l'inverse des autres années 70% de nos revenus. Nous avons du développer de nouvelles offres pour attirer les touristes français destinées aux familles, des offres en plein air (barbecue), des offres ciblant les groupes » nous confie la responsable de la communication de l’hôtel Intercontinental de Lyon. 

Mais globalement la situation financière varie ainsi beaucoup d'un établissement à un autre autre selon qu'ils soit située 0 Paris ou en province, qu'ils soit grand ou petit entre les établissements : « les petits hôtels de 20 à 30 chambres ont une capacité plus forte à réduire les charges et ont eu moins de perte de chiffre d’affaires. A Paris de nombreux hôtels ont du fermer du fait du manque de clientèle internationale alors qu’en province beaucoup de petits hôtels ont continué à travailler avec la clientèle locale » estime Karim Soleilhavoup.

Des directeurs épuisés?

Un autre problème qui guette le monde de l’hôtellerie est le moral de certains directeurs d’hôtel. «Beaucoup de dirigeants sont épuisés psychologiquement et physiquement. Par manque de personnel ils se sont retrouvés à faire le ménage ou d’autres tâches » note Karim Soleilhavoup.

Mais malgré toutes ces mauvaises nouvelles les hôteliers tiennent et pensent apercevoir le bout du tunnel.

« Nos directeur d'hôtels sont gérants mandataires et ce sont donc des chefs d'entreprise qui sont intéressés à développer leurs revenus et à optimiser leurs frais. Certains directeurs d'hôtels ont fait le choix de perdre de l'argent et d'utiliser leur trésorerie pour passer la crise, d'autres ont souscrit aux prêts garantis par l'Etat, les fameux PGE. Mais dans l'ensemble, nous avons globalement décidé de laisser le plus d'hôtels ouverts possible dans l'espoir de profiter plus rapidement de la reprise quand elle arrivera. La clé désormais c'est le vaccin » pense Bruno Anelli.

La levée du confinement le 15 décembre et l’arrivée des vaccins jette une lueur d’espoir pour le secteur de l’hôtellerie. Même si le tourisme lointain prendra du temps à se remettre en selle, certains espèrent qu’en Europe une plus grand coordination va être mise en place et va permettre de relancer le tourisme.

Une meilleure coordination européenne pour une relance du tourisme?

« Pour l’an prochain il est indispensable d’avoir une coordination européenne plutôt que de laisser les uns et les autres faire ce qu’ils veulent et rendre les modalités de voyage illisibles ».

A ce titre il est encore très compliqué de voyager en Europe. Seuls quelques pays comme la Suède, la Pologne, la Bulgarie, la Croatie (réservation demandée et formulaire avant voyage), la Serbie et la Macédoine du Nord ne demandent pas de tests PCR. La Suisse est l'un des rares pays à avoir supprimé l'ensemble de ses restrictions de voyage depuis le 23 novembre: les français peuvent désormais e rendre en Suisse sans tests PCR (sauf les voyageurs provenant de Polynésie).

Le secteur croit beaucoup l’arrivée des vaccins et des tests antigéniques qui devraient permettre de voir le bout du tunnel pour le tourisme français et européen. Le Royaume-Uni vient d’ailleurs de lancer son programme de vaccination cette semaine.

Pour le grand export et le tourisme lointain il faudra attendre encore quelques mois avant que la situation en redevienne plus

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