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La France non contente de taxer fortement les aéroports prévoit d'ajouter une écotaxe. C'est désormais l'Europe qui semble lui emboiter le pas. Un non sens dans un monde en concurrence globale d'autant que l'aviation pèse très peu en terme d'émissions de CO2 dans le secteur des transports contrairement à l'automobile...

La France et l'Europe sont-elles aptes à relever les défis de la nouvelle révolution industrielle? On peut de plus en plus en douter alors que l'écart de PIB entre les Etats-Unis et l'Europe a atteint au détriment de l'Europe 22 points depuis 1998.

Depuis 1998, l'Europe a perdu au total 22 points de croissance cumulée face aux Etats-Unis.

Le Royaume-Uni semble poser les bonnes questions avec le Brexit, mais les européens n'ont pas entendu: où va l'Europe? Un nain géopolitique, militaire, absent des grandes technologies de demain en proie à une stagnation, sans vision et avec toujours plus de normes règles et taxes?

L'Europe semble prôner toujours plus de réglementation et de taxes dans un monde où l'agilité, l'innovation technologique et la taille critique sont de plus en plus importants pour réussir dans cette nouvelle révolution industrielle.

Non contente d'être à la traine dans les biotechnologies, de l'intelligence artificielle, de la téléphonie mobile, de l'Internet et de l'informatique, l'Europe cherche désormais à brider ses secteurs d'excellence comme l'aérien.

Ainsi le Ministre français des finances et ceux de 8 autres pays dont l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg la Suède, le Danemark et la Bulgarie veulent mettre en place de nouvelles mesures pour taxer le secteur aérien.

«Nous appelons la nouvelle Commission européenne à faire avancer le débat sur la tarification de l'aviation civile, par exemple au moyen de mesures fiscales spécifiques ou de politiques similaires. Par rapport aux autres modes de transport, l'aviation civile n'est pas suffisamment mise à contribution» ont-ils déclaré.

Rappelons que la France veut mettre en place une nouvelle écocontribution à partir du 1er janvier qui va mettre à mal la compétitivité des compagnies aériennes françaises. Elle devrait augmenter le coût des billets d'avions de 10%.

Pourtant le secteur aérien français souffre déjà d'une pléthore de taxes. En 2017, 4,8 milliards d’euros ont été prélevés et les taxes représentent près de 50% du prix des billets d'avion (30% en Suède et au Pays-Bas).

Par ailleurs une étude présentée à l'occasion du Congrès de l'Union des Aéroports Français indique que la France est le seul pays dans lequel la part des taxes gouvernementales est le mode de facturation majoritaire du coût de touchée soit 55%.

Cet acharnement sur le secteur aérien n'est pas logique alors qu'il représente seulement 2 à 3% des émissions de CO2. Par ailleurs la consommation par passagers aux 100 kilomètres atteint seulement 1,9 litres soit mieux que celle d'une voiture hybride. « Pourtant on vous applaudit généralement quand vous avez une voiture hybride a déclaré Paul Chiambaretto, professeur associé de stratégie et marketing à Montpellier Business School et chercheur associé à l'Ecole Polytechnique. Il présentait un rapport à l'occasion du congrès de l'UAF.

Ce sujet houleux avait par ailleurs été mis sur la table des Assises du transport aérien (21 mars 2018 – 8 mars 2019), insistant sur le poids des charges sociales françaises par rapport à ses voisins européens et les difficultés du secteur déjà existantes.

Le cri des compagnies françaises dénonce une incohérence dans la politique gouvernementale, qui « veut pourtant développer l’activité touristique et l’attractivité économique de notre pays ».

Avec des taxes aériennes dépassant 50% la France est-elle en train de dériver vers une économie collectiviste?

Pourquoi l'Europe s'acharne-t-elle à taxer ce secteur très peu contributeur au CO2?

Pourquoi ne pas inciter au contraire plus fortement les programmes de R&D d'Airbus et des compagnies aériennes en faveur d'une réduction des émissions de CO2?

Cette taxe va par ailleurs pénaliser les compagnies françaises dans un premier temps puis européennes dans un second temps ce qui va pénaliser leurs capacités d'investissements pour acheter des avions de nouvelle génération.

Ce qui risque de freiner la modernisation de leurs flottes et de réduire moins vite leurs émissions de CO2. Au lieu de réduire les émissions cette taxe risque donc de les aggraver.

Des 3 principaux groupes aériens, c'est IAG qui pourrait profiter de cette nouvelle taxe européenne si elle est mise en place grâce au Brexit. IAG vient d'ailleurs de faire une proposition de rachat pour Air Europa.

Les voitures et les camions : le vrai problème dans les transports

Le vrai effort à faire est au niveau des voitures pas de l'aérien.

La voiture (et les poids lourds) reste le problème numéro un des émissions de CO2 dans le monde des transports aujourd’hui.

C’est dans ce domaine qu’il faut avant tout faire une révolution.

Pour le moment les progrès sont très minces dans ce domaine notamment en France.

La part de marché des voitures électriques est ridicule en France : on ne compte que 41000 voitures électriques soit 2,2% de part de marché contre 46,7% des ventes en Norvège et 6,6% aux Pays-Bas.

Dans ce secteur la France n'a eu qu'une idée la taxation du Gasoil ce qui a conduit à la révolte des gilets jaunes.

Les Etats-Unis au contraire soutiennent l'initiative privée et parient sur une révolution du mode de production et des technologies comme le montre l'exemple de Tesla qui vient d'ailleurs d'inaugurer une immense usine à Shanghai en Chine.

Tesla est sur le point de réussir comme Apple ou Google à transformer une industrie pour en devenir peut-être bientôt l'un des principaux acteurs. Quelle est la grande marque de voitures électriques européennes? Là encore l'automobile est un secteur d'excellence européenne, ne doutons pas que nos chers commissaires vont se faire un plaisir de lever de nouvelles taxes pour embourber le secteur.

Messieurs les Ministres français et Européens continuez à taxer et à parier sur la bureaucratie, pendant ce temps le reste du monde se développe à marche forcée.

Le monde actuel est passionnant mais beaucoup plus quand on fait partie de ceux qui le transforment que de ceux qui peaufinent des règlements et des taxes d'une autre époque.

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