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Tahiti est un nom mythique qui a fait rêver des milliers de voyageurs. La Presqu’île de Tahiti est au cœur de ce mythe. Farouche elle a su conserver l’âme de l’île…

Tahiti : l'évocation de ce nom fait rêver. Le naufrage du Bounty, les films de Marione Brando, les plages de sable blanc perdues au fonds du Pacifique.

Aujourd'hui encore ce nom fait chanter bien des rêves.

C'est sans doute le peintre Paul Gauguin qui a été l'un des meilleurs promoteurs de la Polynésie Française.

Il a décidé de fuir la civilisation pour mieux se concentrer sur son Art, la Peinture et a été subjugué par la culture polynésienne.

Il découvre une culture polynésienne très forte qui ne s'exprime pas par des sculptures ou de des peintures mais par les chants et les danses

vues comme lascives par les esprits mal tournés des européen (ne pas manque le festival Heiva qui a lieu au début du mois de juillet chaque année à Tahiti).

Pour Gauguin, Tahiti est une porte ouverte vers un nouveau monde qu’il décrit dans ses peintures et dans un livre Noa Noa.

Le peintre se passionne pour la culture polynésienne et les croyances des habitants: «outre les grands dieux, qui étaient les habitants des régions supérieures, surveillants (sic) invisibles des êtres et des productions de la terre, ils comptaient un nombre infini d’autres divinités locales, dont les unes résidaient dans les eaux, les autres dans les bois, au sommet des montagnes, au fond des précipices ou sur les rochers escarpés [...] mais renchérissant, à cet égard, sur tous les peuples de la Terre, non contents d’attribuer à chaque objet, à chaque substance, à chaque lieu, une intelligence, un gardien qui s’y tenait et l’administrait, chaque situation, chaque état, chaque travail de l’homme avait sa divinité tutélaire et protectrice » écrit-il dans Nos Noa.

Paul Gauguin prend ainsi conscience de la ferveur religieuse des polynésien. Plus tard les immigrants européens chercheront à exploiter cette foi pour les convertir à leurs regligions : les protestants d'abord puis les catholiques. Aujourd’hui de nombreuses religions sur l’île: protestants (55%); catholiques (24%) sanitos (3%), Mormons (2%), Adventistes…Assisiter à une messe est souvent une expérience inoubliable comme ce dimanche où j’ai participé à un officie religieux dans une imposante église mormone qui débordait de croyants signe de la ferveur toujours présente des polynésiens.

eglise mormone tahiti

Si vous voulez en savoir plus sur les anciens rites polynésiens, on trouve de nombreux sites cérémoniels polynésiens sur l’île de Tahiti comme le marae Taata situé peu après la plus belle plage de sable blanc de Tahiti (PK18) ou le Marée Arahurahu, dans un cadre magnifique entouré de montagnes.

Un autre cliché s'apparente à Tahiti : celui d'un peuple tourné vers la mer. C'est partiellement vrai mais la majorité des habitants vivait à l'intérieur des terres sur l'île de Tahiti avant l'arrivée des européens. L'eau douce encore plus que l'eau de mer était particulièrement présente dans la culture tahitienne.

Les polynésiens se baignaient, se lavaient dans les nombreuses sources de l'île et elles étaient un important lieu de vie. La plupart de ces sources étaient considérées comme sacrées.

Au PK28,5 les grottes de Maraa offrent un cadre étonnant. Devant un lagon qui s’étend à perte de vue, une grande grotte cachée sous la végétation dévoile une eau de source claire. Malgré l’interdiction de se baigner certains ne résistent pas à la tentation. A l’époque de Gauguin, il n’y avait pas d’interdit.

Selon la légende populaire, le fond de cette caverne semble reculer à mesure que l’on s’en rapproche. Gauguin le confirme dans Noa Noa et indique avoir nagé une bonne heure avant de l’avoir atteint.

On trouve de nombreuses sources disséminées sur l’île de Tahiti, but de plaisantes balades.

Le peintre fait plusieurs séjours à Tahiti avant de partir aux Marquises pour s’éloigner toujours plus de la civilisation.

Plus modestement nous faisons le même chemin que Gauguin en nous dirigeant seulement vers la Presqu’île via la route de ceinture. La seconde île de Tahiti, Tahiti Iti est  réputée pour son côté sauvage et son mode de vie tranquille.

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Gauguin avait choisi Mataeia pour son premier séjour

Après Paparaa et sa sable de sable noire réputée pour le surf, nous arrivons à Mataeia aux confins de l’île principale de Tahiti là où Gauguin s’établit entre 1891 et 1893.

Sa maison toujours présente a été transformée en un musée même si malheureusement il était fermée lors de notre séjour.

C’est ici que Gauguin peignit La Orana Maria, l’un de ses plus célèbres tableaux ou la Femme au mango.

La maison est toute proche du jardin botanique Harrison Smith (à ne pas louper) et du jardin d’eau de Vaipahi dont les eaux de sources, les ruisseaux proviennent selon les habitants du Vaihiri’a, le plus grand lac de Tahiti.

L'eau douce sacrée de Vaipahi

Selon les tahitiens, l’eau de Vaipahi est une eau spirituelle, sacrée et purificatrice. Auparavant personne ne pouvait s’y baigner de son vivant. Elle était réservée aux morts du grand clan des Teva. Il est intéressant de narrer les rites polynésien pour mieux comprendre l’importance des croyances de ce peuple.

Lorsqu’un membre de ce clan venait à décéder, son esprit devait suivre un passage spécial pour se purifier. Il était conduit par un tahu’a tūpāpa’u (un spécialiste de la mort).

Le corps du mort était embaumé dans des fougères de Maire et du tapa afin d’être protégé tout au long de son parcours de purification.
Dans un premier temps, l’esprit se baignait dans la rivière appelée Vaiooo pour être nettoyé.

Ensuite, il se dirigeait vers la cascade de Vaipahi pour un plus grand nettoyage en profondeur. Enfin, l’esprit suivait les cours d’eau menant vers les hauts de Vaipahi pour se purifier de l’intérieur, en expiant ses fautes passées. L’esprit renaissait alors plus pur et plus clair, comme l’eau.

Le parcours de purification terminé, le défunt était trempé dans un bassin d’eau pure et d’eau salée afin d’être enseveli par cette eau protectrice, nouvelle enveloppe de l’esprit. En état de grâce, le défunt avait enfin accès à la vie éternelle. Lors de ce rite, le plus grand respect et un silence absolu étaient de rigueur.

L’eau est présente sous toutes ses formes à Tahiti car même si le soleil frappe fort, il n’est pas rare qu’il pleuve plusieurs jours d’affilé, comme le montre la splendide végétation tropicale.

Après le jardin d’eau, la route aborde l’extrémité de l’île principale de Tahiti Nui pour aborder la presqu’île Tahiti Iti.

Nous passons l’isthme qui sépare les deux îles : Tahiti est en effet constitué de deux boucliers volcaniques distincts.

presquile tahiti

En entrant dans Taravao, la première ville de la presqu’île, tout semble identique à Tahiti Nui : on y voit toujours les mêmes centres commerciaux et les mêmes boutiques et commerces habituels. Mais c’est en s’enfonçant plus en avant dans la presqu’île que l’on découvre un autre visage de Tahiti : moins urbanisé, plus tranquille, plus sauvage. La relation des habitants au temps change aussi fortement. Ici l’on parle plus lentement, on prend le temps de discuter de saluer.

Taravao : la Normandie tahitienne

Le plateau de Taravao accessible par une route à la sortie de la ville est un autre monde.

Ma voiture serpente dans un paysage de collines verdoyantes où paissent des vaches en toute quiétude.

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En ce petit matin, un petit crachin tombe et l’on pourrait se croire en Normandie, d’autant qu’avec la pluie qui tombe depuis quelques jours l’air est devenu plus frais.

Légèrement en altitude le plateau de Taravao est réputé pour être le jardin potager de Tahiti et ses îles: on y cultive de multiples légumes et il y même des exploitations bio. Les salades de taravao sont renommées.

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En poursuivant la route quelques minutes on atteint le magnifique belvédère de Puunui à 600 m d’altitude d’où l’on jouit d’une point de vue exceptionnel sur l’isthme qui sépare les deux volcans.

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En redescendant du plateau, de Taravao à Tautira la route nord longe la montagne d'un côté et des plages de sable noir de l'autre.

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Ici pas de sable de plage de blanc comme dans les magazines mais une nature plus âpre plus austère avec de petites agglomérations disséminées ça et là.

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« C’est dans la Presqu’île que les habitants de papeete viennent passer leur week-end pour retrouver l’ancienne ambiance de Tahiti et oublier les embouteillages et la vie moderne » m’explique le directeur de l’hôtel Punatea Village. Effectivement je constate que les bungalows de l’hôtel sont pleins le week-end.

Les tahitiens viennent profiter de la tranquillité des lieux, le coffre rempli de vivres achetées au supermarché. Les viandes pour les grillades et les méga packs de bière sont indispensables pour un week-end réussi ainsi que les bons amis. Les Ukulélé sont également bienvenus pour chanter lors des bringues organisées en soirée.

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Quelques kilomètres plus loin le petit village de Tautira marque la fin de la route goudronnée et d’une certaine idée de la civilisation.

Si l’on continue jusqu’au port, la route se transforme en chemin de terre battue.

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chemin tautira

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On doit alors marcher à pied pour rejoindre la brousse, la partie la plus isolée de la Presqu’île.

Deux magnifiques balades sont possibles depuis Tautira : la première permet de traverser Tahiti Iti en suivant la vallée de Vaitepiha puis celle de Vaipoiri. Une autre randonnée vous emmènera par temps clair et mer calme vers les magnifiques falaises de Te Pari. Du fait du mauvais temps et de la mer agitée nous n’avons pas pu faire cette randonnée que l’on conseille d’effectuer avec un guide. Les paysages sont apparemment somptueux avec des falaises plongeant à pic dans l’océan et la découverte de pétrographes anciens ainsi que la grotte de Vaipori, un site légendaire.

Certains pêcheurs ou des habitants des motus voisins proposent aussi depuis le petit port d’aller explorer les îles voisines comme le Funua Ino.

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Des excursions au vrai parfum d’aventure.

La plage de sable noir de Tautira est par ailleurs très charmante avec ses petits stands artisanaux et sa roulotte à l’ambiance décontractée où l’on peut manger sur le pouce en écoutant des airs polynésiens face à l’océan.

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C’est à Tautira que l’écrivain Pierre Louis Stevenson l’auteur de l’île aux Trésors a vécu deux mois et s’est très bien intégré aux habitants.

En revenant sur nos pas toujours au départ de Taravao, la route sud offre un paysage plus accueillant.

Le long de la route on voit ça et là des plages de sables blancs avec quelques buvettes improvisées le long du chemin ou quelques bons restaurants locaux servant des plats de poissons d’un excellent rapport qualité-prix.

Après 20 minutes de route, un nom mythique surgit devant nos yeux : Teahupoo.

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Cette petite bourgade est bien connue des amateurs de surf pour sa vague redoutable qui casse sur un récif tranchant.

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Pour les tahitiens Teahupoo est aussi connue pour être le lieu d’une bataille où un mur de frontière (ou un marie) a été érigé avec les cranes de la tribu vaincue.

C’est ici dans la Presqu’île que vous pourrez découvrir l’âme de Tahiti si vous prenez le temps de parler avec les habitants, de déjeuner tranquillement dans les modestes restaurants ou les roulottes.

Un petit bout du monde au bout du monde où la vie est presque restée aussi tranquille qu’avant la découverte des îles par les européens.

Pierre Louis Stevenson avait qualifié les polynésiens de « peuple le plus aimable au monde» lors de son séjour dans la Presqu'île, rien de moins.

De notre côté ce que nous retiendrons de ce voyage ce sont les sourires chaleureux de toutes les personnes adorables rencontrées durant ce voyage dans ces îles si lointaines et si belles...

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INFORMATIONS PRATIQUES :

- Y ALLER : Air Tahiti Nui est la compagnie de référence pour se rendre à Tahiti. L'accueil est très agréable et tout est fait pour que les voyageurs se sentent déjà dans les îles dès l'entrée dans l'avion (uniforme des hôtesses, photos des îles). Les vols sont assurés en Dreamliner B787, un excellent avion de nouvelle génération avec filtrage de l'air hors réacteurs (pour ne pas respirer d'atmosphère polluée en cabine), altitude cabine optimisée (moins de 1600M contre plus de 2000m d'altitude pour les avions d'ancienne génération), grands hublots et meilleure luminosité à bord...La cabine économique premium Moana est une bonne alternative entre la classe Business et la classe économique.

Plus d'informations : www.airtahitinui.com.

- SEJOURNER : nous avons séjourné à l'hôtel Intercontinental Tahiti proche de l'aéroport qui offre un cadre exceptionnel à deux pas de l'aéroport. Ses soirées polynésiennes sont particulièrement réputées de même que le brunch le dimanche.

A la Presqu'île nous avons séjourné à l'hôtel Punatea Village qui propose des bungalows très bien situés au bord du lagon.

- A VOIR / A FAIRE DANS LA PRESQU'ILE :

- explorer le plateau de Taravao et admirer la vue depuis le belvédère de Puunui,

- explorer les motus en jetski depuis la pension Punutea,

- faire les randonnées de Te Pari ou la randonnée de traversée de la Presqu'île,

- explorer les motus depuis le port de Tautira en négociant avec les pêcheurs ou les habitants,

- manger dans une roulotte au bord de la plage à Tautira,

- faire du surf ou du moorey à Teahupoo au bord de la plage ou aller au large si vous êtes bon surfeur pour tenter de surfer cette vague très difficile,

- déguster les légumes du plateau de Taravao dans les restaurants de l'île et particulièrement à Taravao où l'on trouve plusieurs restaurants de bonne facture (restaurant Taumatai ou chez Loula et Remy).

- A VOIR / A FAIRE  A TAHITI :

- explorer et faire des emplettes au marché de Papeete,

- acheter des perles ou des paréos dans les boutiques du centre-ville,

- visiter le musée de Tahiti et de ses iles,

- nager et découvrir le sentier sous-marin dans la plus belle page de sable blanc de l'île au PK18,

- aller assister à une messe le dimanche pour découvrir la ferveur des tahitiens,

- explorer les grottes, les marae et les nombreuses sources de l'île,

- assister au festival des danses tahitiennes Heiva l'été,

- visiter le jardin d'eau et le jardin botanique Paul Harrisson Smith,

- se faire tatouer avec un motif polynésien avant de repartir en Europe,

- faire du surf à Papaara.

 

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