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Le référendum catalan qui a été organisé en dehors des principes démocratiques européens est-il un danger pour la démocratie? La sécession de la Catalogne aurait pour conséquence d'affaiblir l'Espagne, l'Europe et l'Euro avec de graves risques économiques pour tous les européens...

Est-ce que l'Espagne et l'Europe avaient besoin de ce référendum populiste? Le pays est aujourd'hui l'un des bons élèves de l'Europe après des années de crise: le FMI a prévu une croissance de 3,1% en 2017 (le gouvernement espagnol l'a également relevé récemment) soit l'un des meilleurs chiffres de l'Union Européenne.

Le PIB est par ailleurs en croissance depuis 16 trimestres consécutifs et le chômage amorcé sa baisse. En bref, tout irait bien...

Sauf que les indépendantistes catalans ne l'entendent pas ainsi. Ils estiment qu'ils pourraient faire mieux que le gouvernement espagnol. L'éternel refrain des populistes: tout ira mieux avec moi! Hors que ferait la Catalogne en dehors de l'Espagne? Elle demanderait à faire partie de l'Union Européenne et devrait respecter les critères de l'UE si jamais elle était acceptée... Hors elle est aujourd'hui la 3ème région la plus endettée du pays et avait été en quasibanqueroute en 2012 selon Wikipedia (sectionn Economie): il s'agit donc d'un modèle de bonne gestion (voir La faillite menace la Catalogne du Figaro)!

N'oublions pas que c'est l'Europe qui a dicté ses règles à l'Etat espagnol qui a du se serrer la ceinture ces dernières années. L'argumentaire économique de l'indépendance ne semble donc pas plausible au regard des faits pour une éventuelle région souhaitant appartenir à l'Union Européenne.

Le risque sécessionniste affaiblit l'Espagne et l'Europe

Par ailleurs, un autre risque passe inaperçu mais reste très grand pour l'économie européenne : celui de l'endettement de l'Espagne. La dette de l'état espagnol avoisine 100% du PIB.

Et la dette catalane est importante: la Catalogne est la troisième région la plus endettée d'Espagne après Valence et Castille-la-Manche. Sa gestion n'a donc pas été optimum au niveau économique.

Si la Catalogne faisait sécession, le PIB de l'Espagne baisserait et la charge et le ratio de la dette du pays augmenterait considérablement. Les catalans savent que la dette catalane est au nom de l'Etat espagnol de par la constitution espagnole et chercheraient ainsi à effacer leur dette, ce qui est interdit évidemment pas la Constitution...(voir http://www.zerohedge.com/news/2017-05-25/catalonia-threatens-spain-financial-bloodbath). Cela risquerait de fragiliser l'Espagne et par via de ricochet l'ensemble de la zone Euro. 

Un référendum de République bananière?

Un autre problème se pose : celui du respect des règles démocratiques au sein d'un Etat de droit. Alors que les autorités catalanes évoquent une victoire à 90% (avec des taux semblables aux dictatures), les dés ont été biaisés dès le début.

L'organisation d'un référendum/vote se fait normalement selon des règles strictes en Europe car nous sommes en démocratie hors celui-ci a été opéré sans garanties légales comme le note cet article d'El Pais ou cet article du Monde : pression sur les écoles pour qu'elles donnent leur accord pour accueillir des centres de vote, centres de votes déconnectés du fichier national (les gens pouvaient voter dans plusieurs bureaux de vote), urnes opaques, programme informatique défaillant permettant de voter à plusieurs reprises, votes sans enveloppe, sans décompte automatique, urnes déposées dans la rue sans aucun contrôle.

Par ailleurs le taux de participation (non fiable) serait de 42,34% alors qu'il faut normalement plus de 55% de participation pour qu'un référendum soit valide.

Est-ce cela la Démocratie?

On voit donc que ce référendum a été réalisé en dehors des règles démocratiques communes: illégal car interdit par le Tribunal constitutionnel espagnol, illégal car mené sans transparence, illégal car réalisé avec un taux de participation inférieur au nécessaire et non vérifié… La loi référendaire avait par ailleurs été votée à la majorité simple et non qualifiée et approuvée sans débat le 7 septembre dernier au parlement de Catalogne.

Par ailleurs le président de la Catalogne a été mis en examen ainsi que ses membres du gouvernement pour détournement de fonds publics dans le cadre de l'organisation du référendum.

Atlantico estime dans un article publié ce jour que l'autonomie catalane aurait surtout permis à certains dirigeants de s'enrichir considérablement : « la droite catalaniste a de la sorte poursuivi un dessein purement financier à travers le séparatisme, qui a d’ailleurs masqué un autre dessein, dont on parle peu mais qui est flagrant: la corruption gigantesque qui a permis à M. Jordi Pujol, le précurseur de ce catalanisme de « droite », l’ex charismatique président de la Generalitat, de s’enrichir en milliards grâce aux marchés publics contrôlés par Barcelone... L’affaire est notoire, jugée et reconnue, mais l’omertà des nationalistes catalans, tous unis contre Madrid, protègent Pujol qui a échappé jusqu’à aujourd’hui à la prison, sachant qu’il « tient » toute la classe politique catalane, compromise jusqu’à la moelle dans ces affaires de méga-corruption…»

En menant un référendum illégal les autorités catalanes ont voulu jouer à l'affrontement, provoquer des violences en passant outre les règles démocratiques...

L'utilisation de la force est dommageable, triste et regrettable. Le piège tendu par ce référendum se moquant de la de l'Etat espagnol était redoutable. Mais que faire lorsque des dirigeants décident sciemment de bafouer les règles démocratiques? Des dirigeants peuvent-ils entrainer une région dans un processus anti-démocratique sans que les forces de l'ordre appliquent la loi? L'ambassadeur d'Espagne en France, Fernando Carderera Soler, estime ainsi que ce référendum est une attaque contre la démocratie espagnole. L'Union Européenne a déclaré hier qu'il était illégal tout en assurant que la violence ne pouvait pas être un instrument en politique.

La question est la suivante: qui a intérêt à diviser l'Espagne (et l'Europe ) pour mieux régner?

Le pseudo référendum de Catalogne n'est en réalité qu'une attaque contre les nations européennes, la démocratie, l'économie européenne et l'Euro. On connait bien ce slogan : seuls nous sommes meilleurs qu'ensemble, le slogan des démagogues. Il a conduit par le passé au nazisme, au racisme, aux guerres avec des slogans simplistes : les blancs sont plus forts que les noirs, les bretons que les français…Tout d'abord rappelons que la Constitution Espagnole de 1978 avait été approuvée par référendum avec 88% de oui: elle préserve l'unité de l'Espagne tout en octroyant aux communautés de larges compétences. D'ailleurs, les personnes se rendant en Catalogne ont pu constater ces dernières années que le catalan a supplanté l'espagnol qui a été quasiment éliminé : est-ce constitutionnel?

La discrimination des citoyens d'une région doit-elle être légale au sein de l'Union Européenne?

Il se pose ainsi depuis quelques années en Catalogne le problème de la discrimination qui ne correspond pas à l'idée de la Constitution espagnole : « la liberté pour les catalans, pas pour les autres, obligation d'étudier le catalan en primaire, discrimination pour les locuteurs de langue espagnole à l'embauche, fonctionnaires qui rechignent à parler espagnol… » pointe un internaute du site Le Monde. Pourtant l'espagnol est la langue officielle de la région au même titre que le catalan. « Quand vous parlez avec des indépendantistes, pourtant souvent d’origine valenciana, andalouse, galicienne, etc, leur idée-force est que tous les espagnols les détestent , qu'il y a un complot de Madrid pour ne pas redistribuer l’argent des contribuables catalans… Ils prennent des exemples très controversés, font des calculs farfelus sur les infrastructures non payées par Madrid, les lignes de chemin de fer et les travaux publics moins ambitieux en Catalogne qu’ailleurs, etc. Bref, ils ont donné un sentiment de persécution à la population catalane qui y croit de plus en plus » estime Alexandre del Valle dans Atlantico.

Aujourd'hui la discrimination concerne les espagnols mais demain ce sera pour les européens? A Barcelone cet été des actes de vandalisme ont eu lieu pour critiquer le trop plein de touristes…Et les idées séparatistes ne vont pas arranger l'image de cette région en Europe tout comme les affaires de corruption. De même en se fermant à l'espagnol, la région se prive d'une ouverture sur 469 millions de locuteurs, de la possibilité de développer ses échanges avec l'Amérique Latine et de devenir un centre culturel puissant...Un non sens absolu!

La Catalogne unie à l'Aragon en 1137 et à la Castille en 1479

Le repli sur soi des catalans n'est pas conforme à l'histoire de ce peuple commerçant et ne va pas dans le sens de l'histoire...Dès 1137 la Catalogne a été rattachée avec l'Aragon pour former la Couronne d'Aragon. L'idée de l'indépendance de la Catalogne ferait donc revenir en arrière la région de 880 ans. Et l'Aragon s'est alliée au Royaume de Castille en 1479. On voit donc que l'intégration de la Catalogne est très ancienne.

En attendant la solution passe peut-être aussi par une refondation de l'Europe et une prise de conscience de l'importance du savoir vivre ensemble par tous les espagnols dans l'idée de respecter l'histoire et les principes fondateurs du pays issu de la réunion des royaumes d'Aragon et de Castille.

Au niveau économique, un autre problème reste à régler celui de la dette.

Dernièrement elle a eu tendance à se réduire du fait des taux d'intérêts très bas au niveau européen. Mais si l'incertitude grandit et le risque de sécession augmente l'Euro baissera (comme cette semaine), les taux d'intérêts remonteront et la dette explosera (ce qui est en train de se passer du fait de cette crise).

On voit donc que tous les espagnols ont intérêt à vivre ensemble en bonne entente pour continuer à redresser l'économie et trouver une solution à cette crise. L'Europe doit aussi travailler à réduire l'endettement de nombreux pays membres qui du fait de l'intégration à l'Euro n'ont pas pu jouer sur les dévaluations comme dans le passé.

Sinon, la Catalogne, l'Espagne et peut-être l'Europe risquent de s'enfoncer dans le chaos économique et social. La solution doit être trouvée en Espagne mais aussi au niveau européen, car nous sommes tous un peu responsables de cette situation. L'Espagne a tant apporté à l'Europe, que les européens ne peuvent pas la laisser mourir ainsi. L'Espagne perd une partie de son charme sans la Catalogne et la Catalogne ferait un saut dans le passsé en quittant une alliance si ancienne!

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