L’UE vient de revoir sa position visant à interdire les voitures thermiques d’ici 2035 : trop tard le mal est fait!
L’UE ressemble de plus en plus à un suicide collectif : lois sur l’énergie hors sol à base d’éolien et de solaire et prix de l’énergie en forte hausse, lois sur l’immobilier qui détruisent le marché (DPE...), normes et réglementations qui détruisent l’écosystème des TPE/PME, gouvernance peu démocratique, endettement et faible croissance économique...
Le revirement de cette semaine sur la fin des voitures thermiques en 2035 montre bien que l’UE avance sans queue ni tête.
L’Union européenne a donc suspendu, enfin, l’interdiction des véhicules thermiques en 2035. L'annonce a été faite cette semaine sous la pression de l’ensemble de l’industrie automobile, mais aussi de l’Allemagne et de l’Italie.
Oui mais cette suspension serait trop simple si elle n’était pas assortie des réglementations tatillonnes de l’UE : les constructeurs auront l'obligation de compenser les émissions CO2 des véhicules thermiques commercialisés et ils ne pourront vendre qu'une part limitée de voitures thermiques ou hybrides. C'est une bonne nouvelle pour tous les concurrents des constructeurs européens qui n'ont pas à subir de telles lourdeurs administratives s'ils commercialisent des voitures thermiques.
Malgré ce revirement arrive trop tard : le mal est fait pour l’industrie automobile européenne. Ces dernières années, les constructeurs ont fermé des lignes de production de moteurs thermiques et ont réduit voire supprimé leurs investissement dans les technologies thermiques pour favoriser l'électrique. Ils ont aussi réduit le nombre de modèles essence et diesel, forçant les particuliers à acheter des véhicules d'occasion.
La crise est désormais sévère dans l'industrie européenne.
Le cours en bourse du constructeur Volkswagen est au bord de l’abime et beaucoup de Français n’achètent plus de voitures, ne voulant pas de la technologie électrique. La baisse de la demande a été de -18% entre 2019 et 2023.
Crise du marché automobile, crise des tarifs qui ont explosé (voir cet article), crise de coûts de production du fait de normes Euro 6 et 7 hors de prix, crise sociale avec des licenciements à la clé en Allemagne en France ou des villes au bord de la faillite en Allemagne du fait du manque de taxes de l’industrie...
C’est une véritable berezina qui est due aux décisions dramatiques prises par l’Union Européenne avec cette interdiction des voitures thermiques. Nous avions parlé dès 2024 de la situation catastrophique de Volkswagen et dès 2023 des problèmes en Allemagne au niveau de l'automobile et de l'industrie : nous avions été l'un des rares magazines à critiquer alors cette stratégie européenne.
Il est à noter que les constructeurs européens étaient parmi les meilleurs au monde au niveau de la technologie des moteurs thermiques : c’est donc un véritable suicide collectif auquel nous avons assisté.
Pourquoi cette décision a été prise si tardivement?
Le Pacte vert européen a du plomb dans l’aile car la situation économique de l'UE est de plus en plus critique. La priorité aujourd’hui est de sauver l’Euro, l'économie européenne et sans doute l’UE à terme.
Une crise de la dette pointe en France du fait d’un déficit trop élevé et d’une dégradation de la notation par les grandes agences sans compter la disparation de milliers de PME ces derniers mois.
En Allemagne la situation n’est pas meilleure. Les secteurs de l’acier et de la chimie ont été laminés par les coûts de l’énergie bien trop élevés et le Pacte vert allemand à base d’énergie éolienne et solaire et d’abandon du nucléaire a fait grimper les prix de l’énergie comme jamais. Les deux principaux pays sont en donc en crise avec de multiples problèmes similaires.
La croissance a été quasi nulle en Allemagne en 2025 (entre 0,1 et 0,2%) comme en 2024 et quasi nulle en France également (0,8%).
Sans l'important déficit public et l'augmentation de la dette, la croissance française aurait sans doute été nulle. Cette faible croissance française est donc achetée à crédit par les générations futures : le déficit budgétaire a atteint un record de 5,3% du PIB en 2025.
Alors que le continent européen est enlisé dans un vieillissement démographique inexorable, une immigration de masse peu qualifiée et à la culture très différente, un endettement qui se développe via la guerre en Ukraine et les déficits de nombreux pays ainsi qu'une désindustrialisation liée aux coûts de l’énergie et aux réglementations, les États-Unis et la Chine sont les grands gagnants de cette course à la réglementation européenne alors que leurs entreprises n'ont pas à souffrir des lourdeurs administratives européennes.
L’UE suit un peu le même trajet que l’ex-URSS avec sans doute les mêmes conséquences : un étouffement progressif des initiatives privées dictées par des politiciens ayant tous les droits. Plutôt que de générer de la croissance, l'UE génère de la paperasserie et des coûts administratifs à Bruxelles.
Certains en tirent les constats qui s'imposent.
Comme au XIXème siècle beaucoup de chefs d’entreprise se préparent à émigrer aux États-Unis ou ailleurs ne se reconnaissant pas dans ces politiques conçus par des idéologues sans lien avec le réel.
Ces derniers mois, les entrepreneurs ont afflué en masse à Dubaï, Singapour ou aux Etats-Unis.
En France, les entrepreneurs sont souvent défavorisés par les réglementations ou les normes comme le montre l'exemple des agriculteurs avec le Mercosur actuellement. La révolte silencieuse s'étend d'ailleurs à tous ceux qui travaillent dans le secteur privé qualifiés de « Nicolas qui paient ». Notons d'ailleurs qu'en France le budget 2026 vise à étouffer encore plus le secteur privé via de nouvelles taxes au niveau de l'immobilier (réforme du statut LMNP qui va réduire l'offre...), de l'épargne (hausse de la flat tax, taxes sur les holdings, CDHR), des entreprises (surtaxes sur les grandes entreprises)...Parallèlement les emplois publics ont explosé dans la fonction publique territoriale (1 994 000 personnes fin 2023) avec une hausse de 46 % (+ 588 000) entre 1997 et 2023 ainsi que dans la fonction publique hospitalière (1 239 000 personnes fin 2023) avec une hausse de 39 % (+ 345 000).
Pour le moment le bateau ivre de l’euro tient mais pour combien de temps ? Les perspectives économiques de la zone euro n’ont jamais été aussi mauvaises et pourtant l’euro n’a jamais été aussi fort par rapport au dollar, cherchez l’erreur...
Louis Gallois l'a dit très justement : Il y a un problème de gouvernance en Europe. « La décision d’interdire les voitures thermiques en Europe a été prise sans aucune étude d’impact. Cela a impacté le principal secteur industriel européen. Et le texte qui a été voté ne faisait que trois pages » : tout est dit. Les lobbies écologiques, les associations, les politiciens idéologues ont imposé leurs points de vue aux peuples européens qui paient l'addition.
L’Europe est devenue une société de loisirs qui ne pourra plus longtemps se permettre de voir son industrie détruite, alors qu’elle est le fer de lance de la compétitivité et du degré de développement d’un pays.
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