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La compagnie Air Canada

L'épidémie de Coronavirus commence à engendrer les premiers drames sociaux au sein des compagnies aériennes comme chez Air Canada, Air New Zealand, United…

Dans un mémo interne relayé par CityNew, Air Canada a indiqué qu'elle allait supprimer 150000 emplois du fait de la crise liée au Coronavirus.

Vagues de licenciements 

«Ces temps sans précédent requièrent des décisions difficiles ceci afin de nous permettre d'émerger de cette crise pour reconstruire la compagnie. L'an passé nous avons généré environ 4,7 milliards de dollars de revenus au second trimestre. Cette année alors que nous le débutons, nous avons littéralement aucune visibilité sur les revenus de ce trimestre» a déclaré Arielle Meloul-Wechsler, vice-président exécutive en charge des ressources humaines et de la communication.

En plus de ces réductions de postes le CE0, le deputy CEO et le directeur financier ne recevront plus de salaires.

Le syndicat représente les hôtesses et stewards de la compagnie a déclaré que depuis le 19 mars 6800 hôtesses et stewards ont été suspendus de la compagnie.

A l'autre bout du monde, Air New Zealand a annoncé qu'elle allait supprimer 3500 emplois soit environ 1/3 du total de ses employés.

Nous allons passer de revenus de 5,8 milliards de dollars à moins de 500 millions cette année» a déclaré le CEO de la compagnie Greg Foran.

De son côté United Airlines a annoncé que les aides du gouvernement américain ne seraient pas suffisantes pour éviter les licenciements.

Delta son concurrent a demandé plus de volontaires pour prendre des congés sans soldes alors que déjà un quart de ses employés s'était porté volontaire.

Une loi américaine prévoit de permettre aux compagnies aériennes US d'accéder à 25 milliards de dollars d'aides afin de payer leurs salariés. A cela s'ajoute 25 milliards de dollars de prêts.

Les compagnies aériennes américaines s'inquiètent d'une baisse de la demande qui pourrait durer jusqu'à l'an prochain. American Airlines fait figure de bonne élève alors qu'elle va utiliser 12 milliards de dollars d'aides du gouvernement : elle ne prévoit pas de licenciements non volontaires ou de réductions de salaires dans les 6 prochains mois on assuré ses dirigeants.

Le nombre de chômeurs a atteint le record de 3,28 millions de personnes pour la semaine terminée le 21 mars aux Etats-Unis. On estime que les compagnies aériennes emploient environ 750000 personnes.

En Europe, Lutfhansa a précisé lundi qu'elle allait réduire les heures de travail de 27000 salariés et Easyjet va suspendre 4000 hôtesses et stewards basés au Royaume-Uni pendant deux mois.

Vers des annulations de commandes?

Une stratégie additionnelle pour les compagnies est de réduire au maximum leurs coûts en cette période troublée. La très grande majorité des compagnies aériennes ont mis à terre une grande partie ou la totalité de leurs flottes.

Transavia, Hop ont suspendu leurs activités et Easyjet vient d'annoncer la mise à terre totale de sa flotte hier tandis que Ryanair va poursuivre quelques vols de rapatriement.

Les compagnies aériennes cherchent désormais à baisser tous les coûts fixes et paiements afin de préserver leur trésorerie et de survivre à cette crise.
La suspension ou l'annulation des commandes d'avion est le nouvel enjeu.

Le fondateur d'Easyjet a ainsi déclaré que l'avenir de la compagnie était en jeu si elle n'annulait pas des commandes de 107 avions à Airbus pour 4,5 milliards de Livres.

Il a prévenu que s'il n'y avait pas de réponse à sa demande d'ici mercredi 1er avril, il demanderait un conseil extraordinaire toutes les 7 semaines afin de supprimer à chaque fois un directeur non exécutif de la compagnie.

Les compagnies demandent de l'aide aux Etats

Au Royaume-Uni par exemple, Virgin Atlantic vient de demander de l'aide au gouvernement anglais en plus du package offert à toutes les compagnies aériennes britanniques.

Il a fait une demande à la banque Rothschild conseillère du gouvernement. On ne sait pas encore si Virgin recevrait des prêts ou des garanties bancaires ou si l'état prendrait une participation dans la compagnie. Grant Shapps, le Ministre des Transports n'a pas écarté une éventuelle prise de participation dans les compagnies aériennes lors d'une réunion vendredi dernier.

En Italie, l'Etat italien a annoncé qu'il allait nationaliser la compagnie aérienne alors que 4000 salariés de la compagnie ont été placés en chômage technique et que l'Etat italien aurait dégagé 600 millions d'euros pour le secteur aérien.

La Norvège a sauvé provisoirement Norwegian pourtant entrée dans la crise avec un endettement record, mais aussi Wideroe, sa compagnie régionale. 

L'Etat a garanti à 90% 6 milliards de couronnes (502 millions d'euros) de prêts bancaires aux compagnies aux compagnies aériennes norvégiennes à cours de liquidités : Norwegian va profiter de la moitié de cette aide soit 3 milliards, conrte 1,5 milliards pour SAS et le reste pour les compagnies régionales dont Widerøe. SAS a également reçu le soutien des États suédois et danois avec des garanties d'Etat pour 275 millions d'euros.

En France le Ministère de l'Economie et de Finances a indiqué qu'il prévoyait des mesures pour aider la compagnie nationale, Air France durement frappée par la crise.

La compagnie a mis 80% de son effectif en chômage partiel pour 6 mois minimum.

Transavia et Hop! ont cessé leurs vols et Air France opère aujourd'hui 10% de son programme de vols long-courriers, 2% de son programme court-courrier et 8% de son programme moyen-courrier.

Cela n'a pas empêché Air France de participer à l'effort collectif face à cette pandémie alors qu'elle a effectué la plupart des vols de rapatriement des français bloqués à l'étranger et qu'elle a opéré deux vols cargo pour ramener des masques ces derniers jours (voir Des avions cargo pour importer des masques).

Hormis, une nationalisation, solution extrême, le gouvernement parie plutôt sur une ensemble d'aide qui seront sans doute semblables à celles proposées par les Etats-Unis : apport de trésorerie, prêts garantis…

La FNAM qui représente de nombreuses compagnies aériennes françaises a déclaré : «la situation des compagnies aériennes françaises est simplement catastrophique ; l’ensemble du secteur vit un choc sans précédent. Face à cette situation, les mesures prises par le gouvernement sont nécessaires mais ne seront pas suffisantes pour sauvegarder le pavillon français en situation de survie. Il convient d’ores et déjà de réfléchir aux aménagements du cadre fiscal et social du transport aérien français qui seront nécessaires pour permettre aux compagnies françaises de contribuer à l’indispensable reprise de l’activité économique du pays».

La FNAM a salué les premières mesures prises par le gouvernement comme «le report des cotisations sociales, la possibilité de prêts garantis par l’État et l’action de Jean-Baptiste Djebbari, Secrétaire d’État aux Transports, qui permet en particulier de faire avancer les sujets auprès de la commission européenne qui prend avec retard la mesure de l’ampleur des problèmes».

Une chose est sûre le secteur du tourisme et de l'aérien vont être durement frappé dans les prochains mois. La levée du confinement se fera sans doute progressivement et à différentes dates dans de nombreux pays. De plus la mémoire de l'épidémie va sans doute inciter les voyageurs à la prudence. Il faudra sans doute attendre 2021 pour voir une véritable reprise du secteur si un vaccin ou un remède est trouvé à ce virus, sans quoi de nouvelles vagues épidémiques pourraient revenir...

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