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La hausse des cours du pétrole va avoir un impact sur le prix des billets d'avion. De même que l'inflation supplémentaire générée par le conflit en Russie va conduire à une hausse généralisée des prix...

J'ai déjà tout vu.

À l'époque où je travaillais dans l'industrie du voyage, il y avait eu un embargo arabe sur le pétrole dans les années 1970.

Une grande partie de mon temps et de celui de mes collègues a été consacré à l'ajout de suppléments carburant au prix du billet.

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Ceux-ci changeaient tous les quelques jours et à l'ère de l'IATA, ces surtaxes étaient automatiquement appliquées au prix du billet. (Tarifs contrôlés par la IATA à cette époque.)

Aujourd'hui, bien sûr, c'est différent.

Néanmoins, la hausse des prix du pétrole signifie que, comme nous l'avons vu plus récemment, le coût des voyages en avion augmentera inévitablement dans le monde.

Une autre préoccupation, pour ceux qui ont prévu des voyages multisegment, est que les compagnies aériennes pourraient commencer à annuler des liaisons sous-performantes à la fois long et court-courriers.

Il y a quelques jours, la compagnie malaisienne Air Asia a annoncé qu'elle augmenterait le prix de ses billets.

Hier, les médias américains ont cité la trésorière de United Airlines, Pam Hendry. Elle a déclaré que « le transporteur vise à répercuter 60% de l'augmentation des prix du carburant sur les passagers grâce à des tarifs plus élevés ».

Maintenant, Reuters rapporte que le PDG de Qantas, Alan Joyce, a déclaré qu'il s'attend à ce que les tarifs augmentent pour couvrir le coût plus élevé du carburant.

Bien que Qantas, comme de nombreuses autres compagnies aériennes, ait couvert son prix du carburant, ces contrats (de couverture) expireront à un moment donné.

D'autres transporteurs dans le monde doivent penser de la même manière.

Les transporteurs long-courriers, en particulier ceux qui opèrent des vols de plus de huit ou neuf heures, ont raison d'être inquiets.

C'est parce que huit ou neuf heures en altitude est le moment optimal pour l'efficacité énergétique.

Une fois que le vol dépasse ce temps, un avion commence à transporter du carburant juste pour brûler du carburant.

D'où cette remarque célèbre d'un ancien patron d'Air France qui qualifiait les avions ultra long-courriers comme l'A340-500 de « ravitailleurs volants ».

Nous voyons donc United annuler déjà de très longs vols vers l'Inde.

Apparemment, San Francisco-Delhi et New York-Mumbai ont été supprimés en raison de l'interdiction de survol russe.

Mais l'Inde étant considérée comme un marché à faible rentabilité pour les compagnies aériennes, on pense qu'il y aussi une autre raison.

Beaucoup d'entre vous auront vu les différents articles que nous avons publiés concernant des vols plus longs entre l'Europe et l'Extrême-Orient.

Luchtvaartnieuws.nl indique dans un article où il cite l'économiste du marché aérien Rogier Lieshout du bureau de recherche Beelining : « Le coût d'exploitation d'un gros porteur est d'environ 10 000 euros par heure. Deux ou trois heures de vol supplémentaires coûtent donc 40 000 à 60 000 euros par vol aller-retour. Avec de nouvelles augmentations, cela pourrait s'accroitre encore plus ». on voit donc que l'impact des changements de route pour Finnair ou Air France vers l'Asie ne sera donc pas négligeable (voir Air France : quel est l'impact de la guerre en Ukraine). 

La bonne nouvelle, selon Lieshout, c'est que les prix des billets [européens] ne devraient pas trop augmenter à court terme car les transporteurs européens ne veulent pas faire le jeu de leurs concurrents au Moyen-Orient et en Chine.

Les transporteurs du Golfe exploitent des itinéraires qui se situent dans une fourchette optimale d'efficacité énergétique, tandis que les transporteurs de la Chine continentale sont réputés pour subventionner les prix des billets.

Jusqu'à présent, les transporteurs européens comme Air France, KLM et Finnair continuent d'opérer des vols vers l'Asie sans aucune augmentation de prix, même si le temps de vol peut être augmenté de plusieurs heures.Il en va de même pour les compagnies japonaises comme Japan Airlines (JAL) qui continue de relier Tokyo à Londres via l'Alaska. Et leurs marges de manoeuvre est limitée car les compagnies aériennes ont beaucoup souffert pendant la crise du Covid et ont accumulé des dettes.

Cependant l'interdiction de survol de l'espace aérienne a aussi des conséquences « positives ». Ces transporteurs évitent de payer de lourdes redevances de survol russes et, comme Finnair, il peut y avoir des économies supplémentaires en transportant plus de fret. Mais cette inflation des prix du carburant pourrait bien durer alors que le monde risque d'être divisé entre un bloc occidental et un bloc Russie-Chine. 

Rappelons que le pétrole russe représente 8% de la production mondiale et que le prix du carburant d'avion a atteint des niveaux jamais vu depuis 20008 à 1166 dollars la tonne métrique.

L'action Ryanair est ainsi en baisse de 30% depuis le début du mois. Et Wizz Air qui avait mis fin à la couverture du prix du pétrole va changer de politique pour couvrir 40% de ses besoins en pétrole dans les prochains mois. Selon un analyste cité par le Financial Times les grandes compagnies pourront répercuter la hausse du pétrole via les surcharges ce qui sera moins possibles pour les low-costs. « Les compagnies court-courriers vont ressentir un impact avec des prix plus élevés et leurs ratios financiers seront sous pression » estime Sathish Sivakumar, analyste chez Citigroup.

Inflation généralisée en dehors du secteur des voyages

Le monde des voyages va être d'autant plus touché que les citoyens des pays occidentaux risquent de perdre un important pouvoir d'achat dans les prochains mois ce qui pourrait réduire la demande de voyages. En effet les sanctions envers la Russie vont restreindre de nombreuses matières premières ce qui va conduire à l'augmentation de leurs coûts.

On peut citer le nickel, le cuivre,le cobalt, le palladium, de même que les engrais, le bois (la Russie possède le 1/4 des réserves au monde),  la famille des platinoïdes: iridium, ruthénium, rhodium, palladium, osmium, platine, le blé, le pétrole, le gaz.

Mais on se demande combien de temps cette situation va perdurer.

C'est une situation évolutive. Nous espérons vous tenir au courant des développements dans les semaines à venir.

Rappelons que l'Europe produit très peu de pétrole et que c'est elle qui risque le plus de souffrir d'une nouveau choc pétrolier similaire voire pire que celui des années 70 (voir En sanctionnait la Russie, l'Europe se tire une balle dans le pied). Une longue récession en Europe pourrait bien en être la conséquence, les Etats-Unis, la Chine et la Russie tirant au contraire leur épingle du jeu.

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