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iata_giovanni_bisignani.jpgLe président de la IATA (l'Association Internationale du Transport Aérien) nous a accordé une interview exceptionnelle à l'occasion du sommet IT Summit organisé par SITA. Il demande aux gouvernements de prendre des mesures face à la hausse des cours du pétrole et de libéraliser le secteur.

 

 

Alors que de nombreuses émeutes et manifestations ont lieu en Europe et notamment en France, en Espagne et en Belgique où nous étions cette semaine, les gouvernements et l'Union Européenne semblent impuissants face la hausse des cours du pétrole. Une hausse que le président de la IATA , Giovanni Bisagni attribue à la spéculation. "La hausse des cours du pétrole ne reflète pas la véritable valeur de cette matière première. Il est étonnant que l'Union Européenne n'agisse pas.  L'industrie aérienne est très importante pour l'économie mondiale. Elle est la clé de la mondialisation" nous a-t-il confié.

Les compagnies aériennes se préparent à  crise cet automne qui pourrait bien être pire que celle initiée par les attentats de New York en septembre 20. "Les compagnies aériennes doivent faire face  à la pire des situations avec des coûts qui augmentent du fait de la hausse des cours du pétrole et d'une baisse de la demande suite à la crise des subprimes aux Etats-Unis" affirme-t-il. Si les cours restent à ce niveau (135$), les compagnies aériennes devront faire face une facture de 176 milliards cette année!

Ainsi si rien n'est fait d'ici là pour orienter les cours à la baisse, "il y aura des consolidations, des fusions et des faillites. D'autant que la croissance du traffic de passagers devrait atteindre 4% cette année contre 8% en 2007" a-t-il précisé.

Le président de la IATA s'est par ailleurs étonné des mesures proposées par certains pays comme la taxe écologique de Gordon Brown au Royaume-Uni ou appliquées comme la taxe Chirac : nous ne voulons plus de Crazy Tax, basta!". Il demande au contraire moins de taxes et une libéralisation du secteur.

Il est vrai que les compagnies aériennes font face à des réglementations obsolètes  comme la convention de Chicago encore en vigueur aujourd'hui et qui a été élaboré à l'époque des liaisons en DC3, une toute autre époque. "Les compagnies aériennes doivent pouvoir fusionnner ou se mettre  en dépôt de bilan librement  en fonction  du marché. La mise en place de l'accord de ciel ouvert européen est cependant  une bonne chose pour les compagnies et les passagers".


Ainsi pour le président de la IATA, la solution à la crise doit être politique: " à ce niveau de cours et face à une hausse aussi rapide,  nous ne pouvons pas nous adapter. Face à une telle hausse le problème n'est pas uniquement pour les compagnies mais pour toute l'économie" affirme-t-il. Car alors que le secteur aérien vient de  réaliser ses premiers profits l'année dernière en 2007 de l'ordre de 5,6 milliards, le taux de rentabilité de cette industrie est très bas, de l'ordre de 1,1%. Le secteur reste donc fragile.


Alors que certains pays profitent allègrement de la hausse des cours et que certains industriels, spéculateurs et hommes d'affaires s'enrichissent en dormant, c'est un pan entier de l'industrie mondiale, le secteur aérien qui risque de vaciller.

Les gouvernements auront été avertis et ne pourront désormais plus dire qu'ils ne savaient pas! D'autant que l'utilisation du nouveaux carburants comme le biofuel devrait encore prendre de nombreuses années. "Nous avions prévu d'utiliser 10% de biocarburants dans notre consommation totale d'ici 10 ans. Mais en  1,5 ans nous avons pu faire voler un Boeing et un Airbus avec du biocarburant et nous devons peut-être aller plus vite. Les gouvernements ont un rôle à jouer" conclut-il.

 

Plus d'informations sur le site de la IATA

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