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Grand chamboulement à la tête d'Airbus

Grand chamboulement à la tête d'Airbus

Mais que se passe-t-il chez Airbus? Après le top vendeur John Leahy, voici que Tom Enders et Fabrice Brégier vont quitter le groupe européen…

John Leahy, l’homme qui a vendu plus de 15000 avions part à la retraite et avec son départ une page semble se tourner chez Airbus (NDLR :Eric Schultz, ancien directeur de Rolls Royce aviation civile va prendre sa place en janvier 2019).

On vient d’apprendre ce jour que Fabrice Brégier le patron d’Airbus a annoncé son départ en février 2018 pour « saisir de nouvelles opportunités ». Il présidait tous les grands événements du groupe depuis de longues années, les journalistes le connaissaient bien et il a a été au cœur du succès de la division Airbus Commercial Aircraft.

Guillaume Faury, CEO d’Airbus Helicopters va remplacer Fabrice Brégier en février 2018.

Tom Enders, le CEO de l’ensemble du groupe Airbus a également indiqué qu’il ne demanderait pas de nouveau mandat après avril 2019.

Le trio gagnant d'Airbus part, pourquoi?

Ce qui est inquiétant dans cette affaires c’est que le trio Brégier, Enders et Leahy a fait le succès d’Airbus durant de longues années.

Il semble que ces départs soient liés à des enquêtes des autorités anti-corruption en Autriche et en Allemagne pour la vente d’Eurofigher à Vienne. D’autres enquêtes sont menées par le Parquet National Financier en France et par le Serious Fraud Office au Royaume-Uni.

Mais le plus inquiétant reste sans doute la découverte d’inexactitudes dans les déclarations d’Airbus sur les intermédiaires et commissions pour des contrats d’exportation militaire, des faits qui ont été transmis par Airbus elle-même aux autorités américaines.

« Le périmètre qui pourrait potentiellement être touché par des pénalités ou autres si la justice américaine décidait à aller jusqu’au bout est difficile à circonscrire » estime Yan Derocles, expert en aéronautique chez Oddo Securities à l’AFP cité par Capital. Selon lui la signature d’un accord à l’amiable avec les autorités américaines donnerait l’assurance qu’il n’y aurait pas pénalités. 

Il est intéressant de constater que parallèlement Airbus fabrique de plus en plus d’avions aux Etats-Unis dans son usine de l'Alabama et vient de signer une commande 100 appareils avec Delta.

Sa forte présence aux Etats-Unis implique que le groupe doit se conformer aux lois américaines.

On pourrait faire un parallèle avec Alstom dont le rachat par GE a montré par le passé comment une banale affaire de corruption peut mener une société centenaire à devenir une proie et être absorbée en quelques mois.

Nous n’avons pas d’avis sur la question : est-ce bien ou mal que les sociétés françaises soient rachetées par des sociétés américaines ou d’autres? C’est comme cela que fonctionne l’économie mondialisée aujourd’hui.

Airbus: roi de l'export!

Il reste cependant que la part de marché à l’export des entreprises françaises s’est écroulée littéralement ces dernières années. Les exportations françaises au sein du total de l'Union Européenne ont chuté de 12% en 2008 à 9,5% en 2014 (gouvernements de droite puis de gauche), soit la pire performance de tous les pays de l'Union Européenne.

De 2005 à 2010, la part de marché de la France dans les exportations mondiales a baissé de 19,4%. Par ailleurs la France est l'un des 6 pays de l'UE à importer plus qu'elle n'exporte comme la Bulgarie, la Lithuanie, la Roumanie, la Grèce et le Royaume-Uni.

Mais au delà des exportations, les pays développés du XXIème siècle seront ceux qui sauront développer et vendre via des multinationales les technologies les plus avancées.

Si la France et l’Europe perdaient Airbus, la place de l’Europe sur l’échiquier industriel mondial serait rabattue à jamais.

« Après le départ précipité de Paul Emerenko de la recherche du groupe Airbus puis ceux programmés de managers des avions, le groupe a plus que jamais besoin de l’unité du camp français. Face à la programmation du départ de Tom Enders, la CFE-CGC en appelle à un schéma stable établi au plus vite, à même de rassurer tant dans le groupe Airbus qu’à l’extérieur quant à une prise en main efficace et sereine des destinées d’un exemple mondial de réussite » s'inquiète le syndicat CGC-CFE.

Espérons donc que la sérénité revienne au sein de la direction de ce champion des exportations, françaises et européennes.

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