Tout a commencé avec la révolution Orange qui a montré que le pays était le territoire d'affrontement des grandes puissances.
En 2004, Victor Ianoukovytch est élu. Ses opposants, Viktor Iouchtchenko et son alliée Ioulia Tymochenko, estiment que les élections ont été truquées et déclenchent des manifestations. Elles sont financées par les opposants au clan de Donetsk et des pays étrangers.
Selon Avioutskii, Viatcheslava cette "révolution" abénéficié du soutien du gouvernement des États-Unis comme il est noté dans la revue Hérodote du 2ème semestre 2008 pages 66 à 69 et d’organisation américaines comme la Fondation Soros et la Freedom House.
« L’opposition a pu compter sur l’aide des ONG et fondations occidentales « spécialisées » en révolutions de velours telles Freedom House et la fondation Open Society Institute de George Soros, mais aussi des think tanks américains comme le National Democratic Institute (NDI), dépendant du Parti démocrate, ou encore l’International Republican Institute (IRI), lié au Parti républicain. Ces organisations avaient de nombreux relais sur place parmi lesquels figure l’acteur le plus important – le mouvement étudiant Pora. Au-delà de cette influence indirecte, les États-Unis et l’Union européenne ont utilisé des canaux officiels pour exercer une forte pression afin que les élections se déroulent honnêtement. Le président polonais Aleksander Kwasniewski et son homologue lituanien Valdas Adamkus, accompagnés de Javier Solana, ont été appelés à offrir leur médiation durant la crise de novembre 2004 » explique Avioutskii, Viatcheslav dans son article « La Révolution orange en tant que phénomène géopolitique ».
Dans le livre Même la neige était orange, d'Alain Guillemoles, L'Express note que le livre « confirme des éléments d'enquête qui lui permettent de montrer qu'il existait à Kiev, comme à Belgrade et à Tbilissi, un mouvement de jeunesse organisé, aidé financièrement par l'Occident - la Fondation Soros et Freedom House, une ONG dirigée par un ancien patron de la CIA... ».
L'Ukraine: un pays qui a été racheté par les oligarques suite à l'effondrement de l'Union soviétique
Viktor Ianoukovytch était soutenu par de nombreux oligarques russophones du clan du Donetsk dont Rinat Akhmetov et l'élection de Ianoukovytch scelle le pouvoir de ce clan sur le pays..
Auparavant le pouvoir était partagé sous la présidence de Leonid Kuchma avec 2 autres clans : le club des 7 de Kiev et la mafia de Dnipropetrovsk.
Tous sont formés d’oligarques qui sont peu ou prou liés d’anciens dirigeants soviétiques qui ont profité de la chute de l’URSS pour s’octroyer les industries auparavant détenues par l’État. Sous les slogans de réformes et de Démocratie, décidés par des économistes occidentaux et des opportunistes dirigés par Chabais, on a mis en place le plus grand transfert de richesse de l’histoire moderne.
La chute de l’URSS a conduit au chaos économique en Ukraine comme en Russie avec la mainmise de quelques-uns sur l’économie. Les industries du gaz, du pétrole, de l’acier, du charbon, des médias ont été bradés pour quelques dollars et les bénéfices de l’ordre de centaines de milliards de dollars ont disparu dans les paradis fiscaux. On ne peut pas comprendre la situation dramatique de l’Ukraine ou de la Russie après la chute du mur et de l’URSS sans réaliser comment la vie quotidienne a été bouleversé et les richesses accaparées par quelques milliardaires. Ces derniers ont utilisé leurs fortunes pour influencer les élections en faveur de leur candidat.
When Capitalism Came to Russia in the 90s, after the collapse of the Soviet Union, Russia didn’t get freedom or prosperity. It got looted. Under the banner of “reform” and “democracy,” a group of Western-backed economists and local opportunists led by Chubais engineered one of the greatest wealth transfers in modern history. State industries built by generations of Soviet citizens were handed over to a few well-connected insiders. The assets of an entire superpower such as oil, gas, steel, railways, media were sold off for pennies on the dollar. And who were the “most deserving” recipients of this sudden wealth? Unsurprisingly, they were the ones with ties to Western corporations, banks, and political networks. Russia then vs now👇
— Rina Lu🇷🇺 (@rinalu_) October 13, 2026
Le Donbass a particulièrement souffert de cette situation alors que quelques oligarques ont mis la main sur cette région industrielle très riche sous l’ex URSS.
Un état ukrainien mais deux populations bien distinctes
Si l’on regarde la carte d’Ukraine linguistique et la carte des votes en faveur Ianoukovytch elle correspond quasi parfaitement comme le montre Emmanuel Todd dans son livre la Défaite de l’Occident.
L’Ukraine est partagée entre une population très russophone à l’Est ayant voté massivement pour Ianoukovytch et une population ukrainophone à l’Ouest ayant voté majoritairement contre Ianoukovytch.
Comme nous l’avons vu lors de la révolution Orange, Iakounovitch était soutenu logiquement par le pouvoir russe et ses opposants par les Américains, via leurs organisations "humanitaires". On voit donc que dès 2004, l’Ukraine était devenue un théâtre d’affrontement de pouvoir entre les Américains et les Russes. Dès cette date il était évident que la neutralité du pays était la seule issue à moins de vouloir une guerre civile ou d’exterminer la population de l’Est ou de l’Ouest.
Maïdan la révolution Orange bis cette fois en faveur des Américains
Maïdan a rejoué le même scénario mais avec des résultats opposés. Entre la révolution Orange et Maïdan, les associations américaines ont déversé des centaines de millions de dollars d’aide pour « développer la Démocratie ». Au total entre 1991 et 2013, les États-Unis ont dépensé 5 milliards dollars pour promouvoir des changements politiques et économiques. C'est Victoria Nuland qui l'a assuré le 13 décembre 2013 lorsqu'elle était Secrétaire d'Etat pour l'Europe et l'Eurasie au sein du gouvernement de Barack Obama devant la fondation US-Ukraine. Ces sommes auraient servi à aider les Ukrainiens à « satisfaire » leurs « aspirations », soit en réalité pour réduire leurs liens avec la Russie et rejoindre la sphère d’influence de l’OTAN.
L’OTAN : une alliance défensive qui s’étend (et menace)
Or rappelons que l’OTAN avait promis de ne pas s’étendre à l’Est.
Un document déclassifié du 9 février 1990 issu des archives américaines déclassifiées du National Security Archive montre que James Baker avait fait une promesse informelle à Mikhaïl Gorbatchev durant les négociations sur la réunification allemande : « Si nous maintenons une présence en Allemagne membre de l’OTAN, il n’y aura pas d’extension de la juridiction des forces de l’OTAN d’un seul pouce vers l’Est ».

On ne peut pas être plus clair. Il n’y a certes pas eu d’engagement formel, mais un engagement de parole/moral envers la Russie.
Or c’est tout le contraire qui a été fait ces 30 dernières années avec l’intégration en 1990 de l’Allemagne de l’Est par l’OTAN puis de la Pologne, Tchéquie et Hongrie en 1999, puis de la Roumanie, de la Hongrie, de la Slovaquie, de la Slovénie et pour la première fois d’anciennes républiques soviétiques les pays Baltes en 2004. La Croatie et l’Albanie ont suivi en 2009, le Montenegro et la Macédoine du Nord en 2020 puis la Finlande et de la Suède en 2023-2024. L’OTAN est une organisation défensive qui ne cesse de s’étendre ce qui est contraire à la définition de son objectif, se défendre plutôt que de se développer.
Lors d'une audience au Sénat américain en 1997, le diplomate George Kennan qui parlait l’allemand et le russe a déclaré que l'expansion de l'OTAN vers l'Est dans les anciens pays du Pacte de Varsovie diviserait à nouveau l'Europe et raviverait la Guerre froide. Se demandant pourquoi nous faisons cela, les derniers mots de Kennan ont été : « Ne vous mêlez pas de l'Ukraine ».
Le 4 avril 2008 lors d’une réunion OTAN-Russie à Bucarest Vladimir Poutine expose son opposition à l’élargissement de l’OTAN vu comme une provocation. Le sommet de Bucarest promet pourtant un élargissement futur à la Georgie et à l’Ukraine. George W. Bush expose que « l’Ukraine a une feuille de route vers l’OTAN ».
L’élargissement était pourtant planifié dès l'effondrement de l’URSS en 1992 cela avait été pensé par Zbigniew Brzezinski. « Mal désoviétisée, la Russie devrait être définitivement séparée de l’Ukraine, refoulée du Caucase et de l’Asie centrale, dont les hydrocarbures seraient exportés hors de son contrôle (3). Moscou affaibli, l’équilibre géopolitique serait plus favorable », telle était sa pensée note un article du Monde Diplomatique.
Un document déclassifié du National Security Council rédigé sous la supervision de Paul Wolfowitz pour les années fiscales 1994-1999, juste après l’effondrement de l’URSS expose la politique américaine. Il était alors sous secrétaire à la Défense pour la politique.
Dans ce document il est indiqué clairement que les États-Unis visaient à empêcher une trop forte intégration des 12 membres de la CEE (ce qui s’est passé), à élargir l’OTAN et la CEE vers l’Est ( ce qui au lieu) et à empêcher les 12 pays de la CEE de mettre en place un système autonome de défense européen (c’est fait).
En réalité l’UE n’a jamais été autonome ni indépendante. Rappelons que cette version finale a de plus été adoucie suite à la fuite du New York Times et du Washington post sur ordre de la Maison-Blanche.
Maïdan : révolution ou Coup d’État ?
Katrina vanden Heuvel directrice du quotidien américian The Nationa résume très bien ce qui s’est passé pendant Maïdan dans cet article.
En novembre 2013, Victor Ianoukovytch a rejeté l’accord avec l’Union européenne en faveur d’un crédit de 15 milliards offert par la Russie.
L’accord avec l’UE avait été poussé et négocié par Petro Porochenko, un oligarque qui avait été nommé ministre du commerce.
Victor Ianoukovytch proposa un accord entre les 3 pays mais l’UE n’a pas laissé le choix : soit l’Ukraine acceptait son accord de libre-échange visant à réduire de 99 % les droits de douane soit l’Ukraine acceptait l’offre russe.
« Nous ne voulons pas être un champs de bataille entre l’UE et la Russie, nous voulons de bonnes relations avec l’UE et la Russie » avait déclaré Mykola Azarov le Premier ministre du gouvernement de Ianoukovytch qui avait deviné les intentions de l’UE et des Américains. On voit bien que la neutralité ukrainienne et des échanges commerciaux avec les deux blocs auraient été profitables.
L’accord avec l’UE ne pouvait être accepté par la Russie car il avait un impact militaire. L’accord dans sa section 2.3 prévoyait de « prendre des mesures visant à renforcer la coopération militaire et la coopération technique entre l’UE et l’Ukraine [et] encourager et faciliter la coopération directe, dans le cadre d’activités concrètes identifiées conjointement par les deux parties, entre les institutions ukrainiennes concernées et les agences et organes relevant de la PESC et de la PSDC, tels que l’Agence européenne de défense, l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne » autant dire un parcours d’intégration à l’OTAN sans le dire. L’accord soutenu par l’Ouest de l’Ukraine prévoyait aussi de mettre des barrières au commerce avec la Russie. Si cela s’était passé au Mexique ou au Canada qu’auraient fait les Etats-Unis ?
Le rejet de l’accord avec l’UE par Ianoukovytch a déclenché les manifestations de Maïdan qui se sont développées avec l’aide/assistance des Américains.
Tout cela alors que selon le Kyiv Post du 7 février 2014, un journal pro-occidental 48% des 2600 personnes sondées ne souhaitaient pas un rapprochement entre l’Ukraine et l’Europe contre 45% pour.
Les manifestations deviennent plus violentes avec l’intervention des groupes d'extrême droite puis l’affaire des snipers certainement sous faux drapeau permet la chute du président.
Le documentaire Ukrain on Fire explique en détail les manipulations autour de Maïdan.
L’affaire des snipers qui ont tué 48 manifestants n’a pas vraiment été élucidée alors que l’origine des tirs pointe vers un bâtiment où logeaient des manifestants pro-Maïdan.
Il s’agirait en fait d’une attaque sous faux drapeau comme le suggère le documentaire Ukrain on Fire d'Oliver Stone (très difficile à trouver sur YouTube) ou le professeur Ivan Katchanovski de l’université d’Ottawa qui était à Kiev durant les évènements.
« Ses enquêtes, détaillées dans une série d'articles universitaires et de vidéos complémentaires en ligne, démontrent sans l'ombre d'un doute que la fusillade meurtrière provenait de bâtiments contrôlés par les meneurs de la manifestation du Maïdan et les groupes fascistes, en particulier le Pravy Sektor (Secteur droit) ».
En 2014, une fuite téléphonique entre la cheffe des Affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton et le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet a révélé que ceux-ci avaient discuté d’une possible opération sous fausse bannière.
« (Olga) peut affirmer qu’il s’agit de la même écriture, du même type de balles, et c’est vraiment inquiétant que la nouvelle coalition ne veuille pas enquêter sur ce qui s’est exactement passé. On se rend de plus en plus compte que derrière les tireurs d’élite, ce n’était pas Ianoukovitch, mais quelqu’un issu de la nouvelle coalition » explique Urmas Paet d'après CNN.
Le gouvernement post Maïdan incluera d’ailleurs 5 personnes de l’extrême droite avec des rôles majeurs dont celui de Deputy Prime Minister note Katrina vanden Heuvel.
Un appel publié sur Youtube entre Victoria Nuland l’ambassadeur en Ukraine Jeffrey R. Pyatt montre par ailleurs que les Américains étaient bien plus impliqués qu’ils ne l’admettaient publiquement dans cette "révolution".
BBC News publie le 7 février 2014 cette conversation où on la voit clairement Victoria Nuland s’impliquer dans les affaires intérieures du pays : « Très bien. Je ne pense pas que Klitsch doive entrer au gouvernement. Je ne pense pas que ce soit nécessaire, ni que ce soit une bonne idée. Je pense que Yats est celui qui possède l’expérience économique et l’expérience de la gestion des affaires publiques. C’est lui qui… ce dont il a besoin, c’est que Klitsch et Tyahnybok restent en dehors du gouvernement. Il doit leur parler quatre fois par semaine, tu vois. Je pense simplement que si Klitsch entre au gouvernement… s’il se retrouve à ce niveau à travailler pour Yatseniuk, ça ne marchera tout simplement pas » note la retranscription de la BBC.
Cette conversation semble démontrer qu’elle estimait que le président en exercice démocratiquement élu, Ianoukovytch, allait être renversé.
Quelques jours plus tard le président sera démis de ses fonctions par le parlement même si la loi ne le permettait pas et les députés de son parti ne pourront pas voter. Drôle de débat démocratique !
Arseniy Yatseniouk appelé Yats dans la transcription sera nommé Premier ministre du nouveau gouvernement ukrainien le 27 février 2014 avec 3 étrangers à des responsabilités importantes : Natalia Iaresko américaine d’origine ukrainienne est nommée ministre des finances, un lithuanien est nommé à l’économie Aïvaras Arbomavitchous qui dirigeait la filiale du fonds d’investissement East Capital et Sandro Kvitachvilli ancien ministre géorgien dirige le ministère de la santé.
Comme le résume la BBC « C'est le débat plus large, qui montre que les États-Unis manipulent l'Ukraine tout autant que la Russie, qui constitue le véritable désastre diplomatique »
L’affaire des snipers et l’implication américaine montre qu’il s’agissait certainement d’un coup d’État avec l’aval du gouvernement américain de l'époque ou pire orchestré parcelui-ci ? Sans l’affaire des snipers et les groupes violents d’extrême droite qui participèrent aux émeutes, la chute du président n’aurait pas eu lieu.
« Depuis des décennies, ce sont toujours les mêmes personnes, comme Victoria Nuland et bien d’autres comme elle, qui s’acharnent à pousser l’Ukraine vers l’OTAN, sans parler du soutien apporté par le Département d’État aux soulèvements en Ukraine. Ces personnes cherchent la confrontation depuis longtemps, tout comme ce fut le cas en Irak et dans d’autres régions du monde, et nous sommes aujourd’hui au bord de la Troisième Guerre mondiale. Beaucoup de gens ne s'en rendent pas compte, mais moi, je le vois. Et j'ai eu raison sur beaucoup de choses » avait déclaré Donald Trump à juste raison.
On voit ainsi que la guerre en Ukraine avait été initiée par les Démocrates et que Donald Trump avait bien compris comment le conflit avait été démarré.
Un coup d’État qui est une erreur stratégique majeure des Démocrates américains
Lorsqu’un gouvernement démocratiquement élu et supporté par la moitié de la population est renversé du pouvoir doit-on parler de révolution ou de coup d’État ?
« La guerre en Ukraine est née d’un coup d’État qui a renversé le président ukrainien pour que l'OTAN puisse s’élargir jusqu’aux frontières de la Russie...Nous sommes dans une voie menant à la guerre depuis 2008 quand les États-Unis ont poussé à cet élargissement de l’OTAN. 2014 a été le début de la guerre avec le coup d’État soutenu par les États-Unis le 22 février 2014 » assure le professeur et économiste américain Jeffrey Sachs.
L’Ukraine bascule alors d’un gouvernement favorable aux Russes à un gouvernement favorable aux Américains. Le journaliste John Pilger alerte dans le Guardian le 13 mai 2014 : « les États-Unis nous entraînent vers une guerre avec la Russie » avait-il vu de manière prémonitoire.
« Après avoir orchestré le coup d’État de février contre le gouvernement démocratiquement élu de Kiev, Washington a échoué dans sa tentative de s’emparer de la base navale russe historique et légitime en eaux chaudes située en Crimée. Les Russes se sont défendus, comme ils l’ont fait face à toutes les menaces et invasions venues de l’Ouest depuis près d’un siècle. Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, parallèlement aux attaques orchestrées par les États-Unis contre les Russophones en Ukraine. Si Poutine peut être poussé à venir à leur secours, son rôle prédéterminé de « paria » justifiera une guerre de guérilla menée par l’OTAN qui risque de s’étendre à la Russie elle-même » ajoute-t-il dans cet article.
Même le chancelier Bismarck avait prévenu à son époque : « Attirer la colère de la Russie est la plus grande erreur pour un État » . Hitler ne l’a pas écouté tout comme les Démocrates américains.
Tout était dit. Nous en sommes toujours là aujourd’hui.
« Ces personnes russophones et bilingues – qui représentent un tiers de la population ukrainienne – aspirent depuis longtemps à une fédération démocratique qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome par rapport à Kiev et indépendante de Moscou. La plupart d’entre elles ne sont ni des séparatistes ni des rebelles, comme les qualifient les médias occidentaux, mais des citoyens qui souhaitent vivre en sécurité dans leur pays natal » note John Pilger. Une fédération neutre aurait résolu tous les problèmes.
« S’il n’y avait pas eu de mouvement pour intégrer l’Ukraine dans l’OTAN, l’Ukraine serait intacte aujourd’hui. Il s’agit d’une des plus grandes erreurs stratégiques de l’histoire moderne. Parce que cela n’a pas seulement conduit à la destruction de l’Ukraine mais cela a empoisonné la relation entre les Américains, les Européens et les Ukrainiens d’un côté et les Russies de l’autre » estime le professeur en Sciences politiques John Mearsheimer.
La guerre civile et la guerre avec la Russie : deux désastres pour le peuple ukrainien
La suite sera une longue plongée vers l’enfer pour le peuple ukrainien suite à ces manipulations.
Une guerre civile après l’insurrection des populations russophones dans le Donbass avec la proclamation des républiques de Donestk et Luhansk causera la mort de 14 000 personnes et conduira plus de 1,5 millions de personnes sur les routes selon l’ONU.
La guerre civile déchirera pendant 8 ans le Donbass avec une politique visant à détruire l’héritage soviétique et la culture russe. Le roman Anthracite de Cédric Gras montre bien l’horreur de cette guerre qu’il ne faut pas sous-estimer et l’histoire du Donbass qui avait été à l’époque soviétique l’un des centres industriels majeurs du pays avec ses milliers de mineurs et ses gigantesques mines de charbon. Les accords Minsk I et II avaient tenté d'arrêter la guerre civile mais ils ne seront pas appliqués. L’Europe a d’ailleurs eu une forte responsabilité en ne faisant pas respecter les accords de Minsk qui auraient pu mettre fin à la guerre civile.
Merkel et Hollande ont reconnu que les accords de Minsk étaient une ruse pour faire gagner du temps à l’Ukraine et que l’Ukraine n’avait pas pour objectif de les suivre. « Angela Merkel a eu raison, [...] c’est nous qui voulions gagner du temps pour permettre à l’Ukraine de se rétablir, de renforcer ses moyens militaires » a-t-il confié à deux farceurs qui se sont fait passer pour le président Porochenko.
En pleine guerre en 2019, Zelinsky se proclame le candidat de la paix pour unir le pays ethniquement divisé.
« Sous l’influence de Biden et des bandéristes, il change d’avis et sacrifie son pays pour la guerre de l’OTAN contre la Russie. Deux ans plus tard en décembre 2021 Biden rejette l’accord de sécurité mutuelle de Poutine qui aurait permis de préserver la neutralité de l’Ukraine » note Alan Watson. « La Russie n’a pas le droit de dire qui doit rejoindre l’OTAN » déclare Biden à Poutine. Mais les États-Unis ont le droit d’orchestrer un coup d’État pour renverser un président démocratiquement élu ?
Obama’s CIA coup in Kiev in 2014 toppled Viktor Yanukovych. Poroshenko's regime (2014-2019) began attacking Donbas, the ethnic Russian region historically close to Russia. After 2014, Ukraine turned against Russia, the Orthodox faith, and the shared history of the two peoples. Campaigning as the "peace candidate" in 2019, promising to unite the ethnically divided former Soviet Republic, Zelensky won a landslide election. Once elected, however, under the thumb of Biden and the Banderites, he sacrificed his country in the NATO war against Russia. Two years later, December 2021, Biden rejected Putin’s proposed mutual security accord that would have left “neutral” Ukraine intact. Biden told Putin, “Russia doesn’t say who can join NATO.” Once again, as in Minsk I and II, legitimate Russian security concerns were brushed aside. According to ex-Biden adviser Amanda Sloat, senior director for Europe on the National Security Council, #Ukraine could have avoided war in December 2021 with one step: “Ukrainian declaration of neutrality,” she said, “would have prevented the destruction and loss of life."
— Alan Watson (@DietHeartNews) October 10, 2026
Comme l’explique Amanda Sloat, directrice pour l’Europe au sein du National Security Council lors d'un appel piégé : « Si l’on veut imaginer une version alternative de l’histoire, vous savez, l’Ukraine aurait tout simplement pu déclarer en janvier 2022 : Très bien, nous n’adhérerons pas à l’OTAN, nous resterons neutres. L’Ukraine aurait pu conclure un accord en mars ou avril 2022, dans le cadre des pourparlers d’Istanbul...Cela aurait certainement permis d'éviter les destructions et les pertes humaines ».
Tous ces évènements ont causé l’entrée en guerre de la Russie qui ne pouvait pas supporter à ses frontières une Ukraine membre de l’OTAN.
Une guerre qui alimente la corruption
Le bilan est lamentable pour l’Ukraine mais aussi pour les États-Unis et les Européens. Les Ukrainiens sont bien sûr les plus à plaindre. Selon le WEF le coût de la reconstruction atteindra 1 trillion de dollars, 20% des terres sont détruites et 30 % polluées par des mines ou des explosifs. La population de l’Ukraine a baissé de 45,5 millions en 2013 à 37 millions aujourd’hui. La corruption est toujours autant voire encore plus présente avec les milliards déversés par l’UE et les États-Unis à perte. 87 % des Ukrainiens estiment que la corruption est très répandue selon des enquêtes locales. La corruption est donc toujours très importante en Ukraine comme avant les "révolutions" qui visaient à en finir avec la corruption.
L’indice de perception de la corruption de l'association Transparency International n’a que très légèrement progressé.
L'Ukraine était l'an passé au 104ème rang mondial avec un score de 36/100 contre 33/100 en 2022.
Cela a entraîné des achats massifs ukrainiens de voitures de luxe et d’immobilier en Espagne, en Croatie, en Bulgarie et dans les Balkans, à Chypre. L'Express a parlé récemment d’un immense scandale de détournement de fonds touchant les proches du pouvoir. Cette corruption massive a entraîné une spéculation immobilière jamais vue dans les pays du Sud de l'Europe comme en Espagne.
La journaliste Diana Panchenko assure que selon les Conseil des Notaires Espagnols les achats ukrainiens ont atteint 2 milliards de dollars en Espagne en 2026.
Ukrainians bought €2,000,000,000 (BILLION) of real estate in Spain in 2026 (Spanish Notaries Council). Spain gave Ukraine €2.7 BILLION in 2022-2025. And €2 BILLION of it went straight into Spanish villas. Not bad.
— Diana Panchenko 🇺🇦 (@Panchenko_X) October 14, 2026
On peut parler également des problèmes liés aux potentiels conflits d'intérêts des Biden en Ukraine comme l'a souligné un rapport du Sénat américain :
« Ce que les présidents ont découvert au cours de cette enquête, c’est que l’administration Obama savait que la présence de Hunter Biden au conseil d’administration de Burisma posait problème et entravait la mise en œuvre efficace de la politique à l’égard de l’Ukraine. De plus, cette enquête a mis en évidence à quel point les responsables de l’administration Obama ont ignoré les signaux d’alerte flagrants lorsque le fils du vice-président a rejoint le conseil d’administration d’une société appartenant à un oligarque ukrainien corrompu. Et, comme nous le verrons dans les sections suivantes, Hunter Biden n’était pas le seul membre de la famille Biden à avoir tiré profit de la vice-présidence de Joe Biden...Les documents obtenus par les commissions révèlent l’existence de liens financiers constants, importants et étendus entre Hunter Biden, James Biden, Sara Biden, Devon Archer, et des ressortissants chinois liés au régime communiste et à l’Armée populaire de libération (APL), ainsi qu’à d’autres ressortissants étrangers aux antécédents douteux...Hunter Biden et Devon Archer, en particulier, ont noué des relations financières importantes et régulières avec l’oligarque corrompu Mykola Zlochevsky pendant la période où ils travaillaient pour Burisma, et leurs sociétés ont tiré des millions de dollars de cette association alors que Joe Biden était vice-président et le porte-parole de la politique de l’administration Obama à l’égard de l’Ukraine ».
Les aides à l’Ukraine ont par ailleurs permis comme avec la chute de l’URSS dans les années 90 un immense transfert de richesses de la classe moyenne des pays occidentaux vers quelques fabricants d’armes et politiciens corrompus.
Les conséquences économiques de cette guerre sont catastrophiques en Europe.
L'explosion de Nordstream un acte de guerre d'abord attribué aux Russes sans logique, mais organisé selon la justice allemande par les Ukrainiens
L’UE et l’Allemagne en particulier connaissent une crise économique jamais vue. L’explosion de Nordstream (Seymour Hursh estime que les Etats-Unis ont détruit le gazoduc, et l'Allemagne que c’est l’Ukraine) sans réaction de la part de l’Allemagne a montré que ce pays n’était pas réellement indépendant mais un quasi vassal des Américains depuis la Seconde guerre mondiale.
Ce qui remet d’ailleurs en question la pertinence d’une soi-disant indépendance de l’UE, ce projet européen ayant été initié par les Américains comme le démontre Philippe de Villiers dans son livre J'ai tiré le fil du mensonge et tout est venu.
Le raisonnement disant qu’en créant l’UE les pays Européens seraient plus puissants face à la Chine ou aux États-Unis ne tient pas sachant que l’Allemagne n’est pas indépendante et que la plupart des pays européens dépendent des États-Unis pour leur armement. La France était autrefois indépendante avec son nucléaire, son armée et son industrie de haute technologie couvrant la plupart des secteurs stratégiques. De Gaulle a été évincé par la "révolution de mai 68". La France a été affaiblie ces dernières années par des dirigeants peu soucieux des intérêts français dans le cadre du projet UE.
« Lorsque les organisateurs ont décidé de faire exploser les pipelines, ils se sont adressés à leurs contacts américains... La CIA en était informée. Au début, elle ne s'y est pas opposée, voire a promis un soutien financier », explique le média allemand N-TV Schröm.
Le journaliste note que les « organisateurs peuvent être considérés comme des "enfants de la CIA" : le renseignement américain a contribué à la création du renseignement militaire ukrainien après 2014. La CIA était au courant de la préparation, n'y a pas fait obstacle et n'a averti l'Allemagne qu'après l'intervention des services de renseignement néerlandais ».
Sans gaz bon marché, l’industrie allemande s’est écroulée. L'Allemagne finance donc actuellement un pays qui a fait exploser une infrastructure essentielle pour sa fourniture en énergie : un acte de guerre. Dans un procès qui a lieu actuellement à Hambourg en Allemagne le saboteur a reconnu qu'il avait agi sous ordre des autorités ukrainiennes. Mais comme le rappellent les journalistes de N-TV « une attaque d'une telle ampleur ne peut avoir été seulement organisé par des équipes locales (NDLR: ukrainiennes) ».
On marche sur la tête : un acte de guerre a été réalisé par le pays, l'Ukraine, qui reçoit des aides de l'Allemagne pour sa guerre contre la Russie.
L'Europe, les États-Unis, l'Ukraine ont beaucoup (trop) perdu avec cette guerre insensée
Et la guerre a aussi eu une conséquence malsaine : l’Allemagne se réarme comme à la veille de la Seconde guerre mondiale avec les problèmes potentiels associés dans le futur.
Pourtant c’est totalement contraire à l’esprit des traités signés après la Seconde Guerre mondiale (comme l'expansion de l'OTAN à l'Est) : il faut dire les dispositions de 1945 ont été progressivement levées via les Accords de Paris en 1954, l’entrée de la RFA dans l’OTAN en 1955 et le traité des Deux plus Quatre en 1990 scellant le droit à l’Allemagne d’appartenir à une alliance. Or on sait que si l’on dépense pour des armes on a tendance à les utiliser...Rappelons que 27 millions de Slaves sont morts suite à la furie guerrière d'Hitler en plus de l'holocauste des Juifs et du massacre des Tziganes, handicapés...Ces milliards ne serviront pas à financer l'amélioration du niveau de vie des Allemands (Sécurité Sociale, retraites, investissements publics, dans l'IA...) mais quelques industriels de l'armement.
Quant à l'UE, en s’opposant à la Russie, elle s’est privée de ses matières premières et du marché de sa classe moyenne en plein développement. La France quant à elle a perdu la majorité de ses échanges avec le marché russe.
Les exportations françaises vers la Russie sont tombées de 5,3 milliards de marchandises en 2018 à 1,9 milliards en 2025. Parallèlement la France qui avait un excédent de 3 milliards avec les États-Unis en 2018 a désormais un déficit de -7,4 milliards du fait de la hausse des importations d’hydrocarbures suite à l’arrêt des livraisons russes. Cela représente un coût de 10,4 milliards supplémentaires par rapport à 2018.
On ne parle pas non plus du coût global imposé aux Français du fait de l'explosion des cours du pétrole, du gaz et du diesel qui n’auraient pas eu lieu ou auraient été bien moins graves sans la guerre en Ukraine.
La France était par ailleurs le second investisseur en Russie avec 500 entreprises présentes employant 150 000 salariés. La France n’avait donc aucun intérêt à cette guerre. « Les États n’ont pas d’amis et que des intérêts » déclarait le Général de Gaulle, mais cela fait longtemps que nos dirigeants ne pensent plus à nos intérêts. A cela s’ajoute les coûts du financement de l’Ukraine. Selon la Commission européenne le soutien a atteint 228,7 milliards dont 26 milliards pour la France !
La guerre a rapproché la Russie de la Chine en créant une alliance quasi parfaite : population immense, industries et matières premières
Les États-Unis quant à eux ont également beaucoup perdu. Ils ont certes gagné à court terme avec leurs exportations d’hydrocarbures mais perdus fortement géopolitiquement à long terme.
En effet, la Russie s’est rapproché de la Chine avec une complémentarité quasi parfaite : matières premières, armement et ingénieurs pour la Russie, marché immense et industrie de masse pour la Chine. Le nouveau bloc formé par la Chine et la Russie a à la fois une plus grande population et une plus grande capacité industrielle que l’UE et les USA réunis. En cas de guerre conventionnelle, l’Occident serait dévasté.
En Occident, les seuls qui ont profité de cette guerre sont donc les fabricants d’armes, quelques entreprises énergétiques et les politiciens corrompus. Les perdants sont les peuples européens, russes et ukrainiens.
On peut donc constater que cette guerre a été un désastre pour tous les acteurs et n’aurait jamais dû avoir lieu. C’est sans doute face à ce constat que Donald Trump veut l’arrêter.
Cette guerre qui a été initiée sous les Démocrates a désormais très peu d’intérêt pour les États-Unis…
Alors que les États-Unis viennent de signer un accord avec la Russie pour acheter du diesel, Donald Trump a déclaré « Vous avez perdu 30% de votre pays des millions de morts...Je pense qu'il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président ».
Selon le Washington Post, « les négociateurs américains tentent de mettre au point un ensemble de mesures répondant aux besoins d’après-guerre de l’Ukraine et de la Russie afin de mettre fin au bain de sang et de permettre aux deux pays de se retrouver dans une situation plus favorable, ce qui constituerait une incitation à un compromis territorial ».
Les États-Unis comprennent enfin qu'il est urgent de mettre fin à cette guerre qui n'aurait jamais du commencer...
Projet du plan de paix en Ukraine :
| Point | Description | Bénéficiaires / Notes |
|---|---|---|
| 1. Reconstruction de l’Ukraine | Mise en place d’un mécanisme de financement impliquant la Banque mondiale et BlackRock. Objectif : reconstruire les zones détruites, aider les familles des soldats tués ou blessés et relancer l’économie. Kyiv doit fournir des estimations de coûts et des garanties anti-corruption. | Ukraine (principalement) |
| 2. Garanties de sécurité | L’Ukraine recevrait des garanties de sécurité des États-Unis et des pays européens en cas de nouvelle attaque russe (comparées à l’article 5 de l’OTAN). NDLR : Ce qui est déjà le cas actuellement via le soutien occidental. La Russie pourrait également négocier des accords avec l’Europe pour répondre à ses « préoccupations de sécurité ». | Ukraine + Russie |
| 3. Intégration économique / Énergie | Accord énergétique majeur : reprise des flux de pétrole et de gaz russes vers l’Europe, avec partage des profits de transit et de vente entre l’Ukraine et la Russie ceci afin que les intérêts économiques dissuadent d'une reprise de la guerre. Le plan définirait aussi le calendrier et les conditions de levée progressive des sanctions. | Russie, Ukraine et Europe |
| 4. Territoire / Cessez-le-feu | Cessez-le-feu le long de la ligne de front actuelle (« line of control »). La Russie conserverait de facto le contrôle des territoires qu’elle occupe (dont une grande partie du Donbass), sans reconnaissance juridique formelle. C’est le point considéré comme le plus difficile à accepter pour les deux parties. | Compromis territorial (le plus sensible) |
