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eruption-volcan-Eyjafiallajokull-mai2010Si l’Eyjafiallajokull ne menace en rien la vie en Islande et que le pays affiche un certain optimisme pour l’avenir touristique, les perturbations aériennes empêchent toutefois le développement de cette activité.


Sud de l’Islande, glacier de Solheimajokull, le 7 avril.

A quelques kilomètres seulement, vers le nord, le cratère de l’Eyjafiallajokull. Depuis la veille au soir, le volcan est à nouveau en éruption après avoir subi sa troisième explosion depuis la fin mars.

Le spectacle visuel et sonore est surprenant, magnifique : sous un timbre sourd et puissant de grondement de tonnerre constant, le décor est entièrement recouvert de cendres grises.

 

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Notre 4x4 également.

L’atmosphère est rendue brouillardeuse par les cendres qui tombent du nuage, qui vole vers le sud, juste au dessus de nos têtes.

« Les cendres sont engendrées par l’explosion que provoque le contact direct du magma avec la surface du glacier, épais de plus de 300 m à l’intérieur du cratère », explique Ingimundur Por Porsteinsson, dit Ingi, guide et spécialiste des volcans.

Quelques kilomètres plus à l’ouest, le ciel est à nouveau dégagé et offre une vue directe sur la scène contrastée du ciel azur et du nuage gris, noirâtre.

Le nuage est passé par là quelques jours plus tôt.

En témoignent les cendres recouvrant les fermes construites dans cette zone.

Et là, pas d’inquiétude pour les habitants.

 

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« Cet événement est notre quotidien, raconte une habitante vivant à une dizaine de kilomètres du volcan. La terre tremble régulièrement, les cendres tombent également souvent. D’ailleurs nous avons connu plusieurs explosions au cours de ces dernières années, ce n’est pas nouveau et ne modifie en rien notre vie de tous les jours. La crise économique que subit notre pays nous préoccupe bien davantage », reprend-elle.

Il faut dire que le pays abrite une densité d’une trentaine de systèmes volcaniques actifs. « Rien d’alarmant », ajoute Ingi. Et d’ironiser : « la dernière fois que je suis allé en France, les transports étaient en grève et les conséquences étaient bien pires pour les usagers. »

Le tourisme volcanique a le vent en poupe

A tel point que le tourisme islandais mise de plus en plus sur l’organisation de séjours ou trecks dans ces chaînes montagneuses qui offrent des vues uniques.

« Ces randonnées se développement bien », constate un organisateur spécialisé dans les randonnées volcaniques.

« Nous les préparons en lien avec les fermiers locaux, qui vivent au quotidien avec l’éruption d’un volcan. » Il faut dire que les vues de champs de lave sont d’une rare beauté et que le spectacle vaut le déplacement.

A Reykjavik, la capitale, l’éruption apparaît là encore comme un non-événement.

« C’est la peur des touristes et les annulations de vol qui ont provoqué une baisse du tourisme. Car en réalité, il n’y a aucun problème pour vivre ici, et même de plonger sous le nuage de cendres qui ne touche que quelques kilomètres du pays », assure un représentant de la protection civile.

D’ailleurs, selon un vulcanologue islandais, « le glacier étant quasiment fondu, les explosions seront à l’avenir moins puissantes et les cendres de moins en moins présentes ».

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Il n’empêche, les explosions successives depuis la fin mars n’ont pas été sans conséquences pour le tourisme du pays.

Si Icelandair a enregistré davantage de reports de voyages que d’annulations complètes et que l’office islandais du tourisme se montre tout à fait optimiste pour la suite, la compagnie nationale fait face à de nombreuses difficultés pour opérer ses vols normalement et assurer aux voyageurs un service correct.

Certes, flexible et réactive, la compagnie met en place des bus de substitution entre Reykjavik et l’aéroport du nord du pays pour transférer les passagers lorsque l’aéroport principal est fermé, comme une fois de plus les 8 et 9 mai.

Mais la plate-forme secondaire ne dispose pas de la capacité d’accueill suffisante ni des équipements nécessaires : un seul poste de sûreté pour des milliers de passagers engendre fatalement des files d’attentes de plusieurs heures et des retards conséquents sur les vols.

En outre, le transfert exceptionnel du hub d’Icelandair à Glasgow en raison du nuage de cendres, s’il permet au transporteur d’assurer 80% de ses vols, n’empêche en rien une difficulté d’organisation qui se traduit par un manque d’information aux passagers, à des changements de portes d’embarquements de dernières minutes et, là encore, à des attentes interminables.

Les perturbations aériennes liées au volcan sont donc finalement un frein pour les amateurs d'éruption et le tourisme qui lui est lié, comme si le volcan souhaitait montrer uniquement sa beauté et sa grandeur à ceux qui le méritent!

Plus d'informations sur le site www.icetourist.is/

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