Parmi les grands pays industrialisés (ou plutôt en voie de désindustrialisation pour l’UE dont les politiques sont catastrophiques), l’Europe est mal lotie. Le cabinet Energy Aspect cité par Capital estime ses stocks à 38 millions de barils début juin contre 99 millions aux États-Unis. Cela représente moins de 30 jours de demande soit l’un des niveaux les plus critiques parmi les principaux marchés. UN analyste de Rystad Energy cité par Reuters estime des tensions qu’il pourrait y avoir un déficit d’approvisionnement de 600 000 barils par jour au 3ème trimestre en Europe et ceci malgré des importations records de 673 000 barils par jour. Oui mai voilà l’UE ne fabrique plus et n’a plus les capacités de raffinage suffisante du fait de sa désindustrialisation et de son positionnement géopolitique insensé.
Comme l’indique Patrice Geoffron cité par Public Sénat : « l’Europe importe environ 30 % de ses besoins de carburant aviation et a perdu 400 000 barils/jour de capacité de raffinage avec quatre fermetures en 2025 ». Les raffineries européennes ne sont pas suffisamment compétitives par rapport à celle du Golfe : là encore on constate le problème européen qui privilégie la bureaucratie au détriment de la compétitivité.
Cette pénurie de kérosène pourrait conduire les compagnies aériennes à prendre des mesures préventives comme des annulations de vols ou à conduire certaines compagnies à une situation dramatique en réduisant la demande durant la saison été celle du pic de la demande. En effet, cette faible offre aura un impact sur les coûts et sur les prix des billets d’avion.
Déjà Easyjet vient d’être rachetée par un fonds américain et Norse Atlantic connait une restructuration sévère.
Ryanair de son côté n’a pas fait de prévisions pour le reste de l’année 2026 alors que ses profits sont en forte baisse : et pourtant c’est l’une des compagnies aériennes les plus rentables au monde.
Les stocks étaient déjà au plus bas et la reprise de la guerre est de mauvais augure surtout si le détroit reste fermé. « Si le détroit d'Ormuz venait à être fermé pendant une nouvelle période prolongée à partir de ce moment-là, la situation serait bien pire qu'au moment où le conflit initial a éclaté » a déclaré Mike Bell, directeur de la stratégie marché chez RBC BlueBay Asset Management au Financial Times.
Le cours du baril de Brent a atteint 94,81 dollars ce jour en hausse de plus de 4%.
