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Le moral des exportateurs allemands est au plus bas depuis mai 2020. Comment l’industrie allemande va-t-elle survivre alors que la compétitivité de toute son industrie est liée à l’accès facile à une énergie peu chère?

L’Allemagne est le plus grand pays exportateurs d’Europe. Pourtant son économie avait déjà commencé à fléchir en 2020 avec des exportations réduites de 9,3% et un excédent commercial en baisse de 20% sur un an. Le pays n’avait exporté que 1204,7 milliards d’euros en 2021 contre 1328,2 milliards en 2019 avec une balance commerciale positive de 179,1 milliards contre 224 milliards en 2019. En 2021, les exportations ont repris du terrain à 1375,5 milliards soit une hausse de 14% par rapport à 2020 mais avec une baisse de l’excédent à 173,3 milliards pour la 5ème année d’affilée.

En cette rentrée les exportateurs allemands sont inquiets. Leur moral est tombé au plus bas niveau depuis 2020 selon Zone Bourse et le début de la pandémie de Covid-19. Les prévisions d’exportation sont à -6.0 en septembre contre -2,8 en août un niveau jamais vu depuis mai 2020. Selon Clemens Fuest président de l’Ifo « les prévisions d’exportations sont négatives dans la plupart des industries manufacturières ». Les exportations allemandes seraient en baisse de -2,1% en juillet du fait d’une réduction de la demande en Chine et aux Etats-Unis, ses deux principaux clients.

L’industrie allemande est confrontée à un énorme problème avec l’arrêt des importations de gaz russe et les sanctions contre-productives pour l'économie allemande.

Le modèle allemand industriel allemand reposait sur de l’énergie à bon marché, des PME d’excellence et de la main d’œuvre des pays de l’est à bas prix pour intégrer des composants à bas prix dans des produits Made in Germany.

L’arrêt des importations de gaz russe va peser principalement sur l’Allemagne qui en était très dépendante, ce qui va renchérir fortement le coût de production des usines allemandes et les rendre peu compétitives face à leurs concurrents américains ou asiatiques.

Par ailleurs l’augmentation des importations d’énergie payées en dollar (les importations russes étaient payées en Euro) va automatiquement tendre à favoriser le dollar au détriment de l’Euro ce qui va là encore causer un double effet en renchérissant encore plus les importations d’énergie, l’énergie étant payée sur le marché mondial en Dollar.

L’Allemagne a déjà été obligée de nationaliser le géant du gaz Uniper en faillite qui fournit 40% du gaz allemand. En milieu de mois l’Etat allemand a saisi les activités du géant pétrolier russe Rosneft en Allemagne et VNG, le troisième importateur de gaz du pays a demandé de l’aide à l’Etat. L'Allemagne n'a plus de centrales nucléaires et se rend compte que sa production d'énergie renouvelables est peu fiable.

En fermant ses centrales nucléaires et en s’orientant vers les énergies renouvelables, l’Allemagne a contribué à créer cette crise. En effet les énergies renouvelables sont intermittentes et ne fonctionnent qu’une très faible partie du temps ce qui demande donc plus de production via des centrales à gaz ou charbon. Par exemple les panneaux solaires produisent bien moins en hiver et de plus à des où la demande d'énergie est la moins importante : ils produisent la journée alors que la demande est forte tôt le matin et après le travail. Dans le cas des éoliennes on estime qu'elle ne produise que 25% de leur capacité: il faut donc les associer à des centrales à gaz. On voit donc que la politique européenne de favoriser uniquement les énergies renouvelables intermittentes nous entrainent vers un tiers-mondisation et un déclassement compétitif vis à vis des Etats-Unis ou de l'Asie.

En tuant le nucléaire y compris en demandant à ses partenaires comme la France de l’arrêter comme le note Charles Gave, l’Allemagne s’est rendue dépendante au gaz. Rappelons qu’au niveau de l’UE on voulait interdire jusqu’à peu le nucléaire comme énergie verte.

L’arrêt des importations russes est donc dramatique pour l’Allemagne et l’Europe et favorise avant tout le dollar, l’économie américaine et les exportations de GNL via les grands producteurs américains ou du Moyen-Orient, des importations qui sont bien plus couteuses que celles en provenance des gazoducs.

Espérons que le peuple allemand ne se laissera pas entrainer dans une guerre en pointant un ennemi imaginaire comme il s’est laissé faire par le passé en 1933 (voir à ce sujet Depuis 1914 l'Allemagne s'est auto-détruite 3 fois), ce qui a conduit à l’anéantissement du pays et de son économie.

A court-terme on voit peu d’issues à l’économie allemande, sauf si la situation se normalise au niveau énergétique…Les exportateurs et le monde du Business Travel allemand risquent donc de souffrir dans les prochains mois. Même si la crise énergétique se résout, l'Allemagne devra faire face tout comme la France dans une moindre importance à un problème drastique : le vieillissement inouï de sa population. L'Italie avec un nouveau gouvernement veut changer cela. Quant à la transition énergétique en comptant sur des énergies renouvelables c'est une vaste fumisterie : ces énergies intermittentes ont besoin (et fortement) soit du nucléaire, soit des énergies fossiles pour fonctionner. En bref toute la politique allemande et européenne est à revoir comme la prime aux véhicules électriques d'ailleurs qui vise à détruire l'industrie automobile européenne par un changement de technologie comme cela a été fait dans la téléphonie mobile.  C'est la fin de l'argent magique et le retour aux réalités : l'énergie abondante, l'indépendance militaire, technologique et la croissance démographique sont la base d'une économie saine.

Mise à jour: cet article a été rédigé avant que l'on apprenne du sabotage de deux gazoducs qui relient la Russie à l'Allemagne via la Baltique, le Nordstream I et II. La Russie n'aurait aucun intérêt à saboter ces ouvrages qu'elle a construit. Elle a investi 15 milliards dans ces gazoducs (8 milliards pour Nord Stream II) via Gazporm (51% du capital) avec des sociétés de pays partenaires en Allemagne (Wintershall Holding et E.ON Ruhrgas 15,5% chacun ), aux Pays-Bas ( Gasunie) et en France (GDF Suez) ces deux derniers ayant 9% du capital de Nord Steam AG. Rappelons que la Russie pouvait fermer le gazoduc à sa guise et n'avait donc aucun intérêt à faire exploser ces gazoducs.

Il s'agit donc d'un acte de guerre économique venu sans doute d'un pays occidental qui vise à mettre à terre l'industrie allemande et européenne. L'objectif est peut-être d'enfoncer l'Euro et l'industrie européenne pour la vassaliser?

Selon des internautes plusieurs bateaux américains auraient été présents à proximité des gazoducs et selon le Spiegel les américains avaient prévenu d'une attaque possible sur ces gazoducs.

A qui profite le crime ? A l'ensemble des fournisseurs de gaz hors Russie et aux concurrents des industriels allemands et européens, donc le nombre d'acteurs potentiels est vaste. L'UE a déclaré qu'elle sanctionnerait le coupable même s'il est peu probable qu'elle sanctionne un allié. Mais comme officiellement on ne connaitra pas l'auteur... Pourtant la mer Baltique est truffée de navires de guerres et de sous-marins occidentaux et le coupable est connu sans doute dans tous les ministères...Selon le Courrier des Stratèges, le sabotage du gazoduc a pour but de casser définitivement les liens entre l'Allemagne et la Russie. Cet autre article de Réseau International évoque les soupçons du sabotage par les Etats-Unis ou ses alliés avec la citation d'un ancien Ministre de la Défense et des affaires étrangères polonais remerciant les Etats-Unis sur Twitter (tweet qui a depuis été effacé par son auteur). Aux Etats-Unis même Fox News se demande si l'administration Biden aurait pu aller jusque là, une chose impensable sous Trump où pendant sa présidence aucune guerre n'a été lancée et le monde apaisée pour favoriser la croissance économique.

 

Tout cela est extrêmement dommageable pour l'ensemble des pays européens et particulièrement pour la Russie. 

  

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