Aujourd’hui, les parents sont rassurés quand ils voient un pavillon bleu sur une plage : c’est une fausse sécurité. Car ce pavillon ne prend principalement en compte que les pollutions bactériologiques.
Nous avions parlé dans notre article d’octobre 2025 des labels qui ne prennent pas en compte les pollutions chimiques suite à une étude de l’Ifremer.
L’association Surfrider jette un nouveau pavé dans la mare en démontrant que les les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées sont très présentes dans les eaux de baignades. Ces substances sont massivement utilisées depuis les années 50 et se dégradent très difficilement. Elles sont considérées comme des polluants éternels notamment le PFOS et le PFOA qui s’accumulent dans les organismes vivants. Ces polluants ont des effets négatifs sur la santé : perturbations du système reproductif et du développement fœtal, des dysfonctionnements du système endocrinien (certains PFAS agissant comme perturbateurs hormonaux), ainsi qu’un affaiblissement du système immunitaire et seraient liés à certains cancers. En 2023, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé le PFOA comme cancérogène avéré pour l’être humain, et le PFOS comme cancérogène possible.
Entre juin et juillet 2025, l’association a réalisé des prélèvements sur 80 plages littorales et 27 plages d’eau douce avec un constat amère : le PFOS a été détecté dans 62% des sites analysés avec des valeurs maximales dépassées dans 78% sites terrestres et 44% de sites marins. Globalement pour les PFAS on note des concentrations dans les plages près des estuaires ( Marignane, Saint Nazaire, Le Havre) ou près de sites industriels (Mimizan). Un composé se démarque particulièrement : le TFA (acide trifluoroacétique), détecté dans 100 % des échantillons à des concentrations nettement supérieures à celles des autres PFAS.
« Son omniprésence est d’autant plus préoccupante que l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) l’a récemment classé comme toxique pour la reproduction (catégorie 1B) ». Aux Pays-Bas les autorités ont mis en place une réglementation dans ce domaine, il serait bon d’en faire de même en France de même que pour les métaux lourds.
Mais au delà des PFAs d’autres pollutions sont aussi à prendre en compte comme les métaux lourds, les produits pharmaceutiques, les herbicides, fongicides…
Des zones comme l’estuaire de la Gironde ont connu une dégradation de la qualité de l’eau ces dernières années et alors que le tourisme fait vivre la région, des projets industriels polluants comme une usine à saumon sont en cours d’implantation. Pourtant malgré le feu vert du Coderst deux hydrologues ont voté contre, dix-sept communes de l’estuaire ont adopté des motions de censure et le président de la région a martelé qu’aucun financement régional ne serait accordé. Pourtant le projet se poursuit dans une région qui vit du tourisme!
Là encore les touristes devraient plus peser pour imposer aux autorités et aux villes une surveillance bien plus drastique de la qualité de l’eau de baignade et des projets polluants…
En savoir plus sur le Site de Surfrider : https://www.surfrider.fr/actualites/pfas-eaux-de-baignade-etude-surfrider-foundation-europe/
