Nous l'avions dit dans notre agenda : ce festival est l’un des meilleurs de France pour la qualité des musiciens. Et cela se confirme. Il vient d’obtenir deux prix : celui de la fondation du blues de Memphis « Keeping the Blues Alive » et le prix « Blues Hall of Fame » de France blues.
Cette édition 2026 n’a pas déçu avec une affiche plus française que d’habitude avec deux grandes pointures gauloises : Vanessa Paradis et Jean-Louis Aubert.
Jean-Louis Aubert a montré qu'il était toujours un éternel adolescent jeudi : comme quoi à 71 ans tout est possible!
Excellent musicien à la guitare mais aussi au piano, Jean-Louis Aubert a montré qu’il assure tant au niveau du chant qu'aux instruments, ce qui est rare. Mais surtout ce concert s’est démarqué par une ambiance particulière : il a su communiquer au public un je ne sais quoi de bonheur et des sourires sur toutes les lèvres.
Malgré un concert rodé très professionnel, Jean-Louis Aubert a su faire partager l’émotion de ses tubes personnels comme « Les Plages », « Temps à nouveau », « Alter Ego » ou ceux de l’un des meilleurs groupes de rock français Téléphone : « New York avec Toi », Argent trop her », « Ça c’est vraiment toi ».
Jean-Louis Aubert fait plus que jamais figure d’énigme dans la scène musicale français : auteur, compositeur, interprète, excellent musicien et une santé de fer à l’image des Rolling Stones.
Le lendemain, Vanessa Paradis chantait sur la même scène dans une mise en scène colorée, pop et dansante : la chanteuse a ondulé sur scène tout au long du spectacle et fait redécouvrir au public tous ses succès et ils sont nombreux: « Joe le taxi », bien sûr, « Marylin et John », « Be my baby », « Divine Idylle ». Elle a aussi mis en vedette des chansons plus récentes comme « Rendez-vous » ou le « Retour des beaux jours ».
Mais comme chaque année, le festival est surtout l’occasion de voyager en musique et de découvrir des artistes qui montent. Les deux scènes des producteurs de cognac Remy Martin et Hennessy étaient cette année exceptionnelles.
Kēpa et sa guitare planante
Le jeudi Kēpa chez Remy Martin a enflammé la scène avec son style musical et vestimentaire unique : chemise bleu Lagon, moustache, guitare psychédélique rouge et blanche. Avec une énergie bien à lui il a réussi à entraîner le public dans son univers de guitare, lounge rock psychédélique, saturé de reverb. Certains thèmes répétitifs faisaient penser à des mélodies orientales revisitées par leur effet quasi hypnotique.

John Muq : un artiste solaire
Le lendemain sur cette même scène les spectateurs se sont levés pour applaudir à plusieurs reprises le magicien John Muq. Cet artiste originaire d’Ouganda était accompagné d’un bassiste et d’un excellent guitariste au son planant (ci-dessous).

Ses chansons envoutantes inspirées de la culture folk et des contes africains ont fait chavirer le public. Il a profité de ce concert pour expliquer l’origine de ses chansons.
Avec « Flying away from home » il a voulu montrer qu’il faut parfois fuir son pays pour réaliser ses rêves. « The big mile » raconte son vécu de la pandémie de Covid et l’obligation de rester chez lui imposée par ses amis qui avaient peur qu’il les contamine lorsqu’il allait jouer au Football.
Sa chanson « Love, Love, Love » lui a été inspirée par ses chiens qu’il a vendu à une période où il était très pauvre. Ils sont revenus malgré tout pour le voir avec cette conclusion : « l’amour que vous donnez, c’est l’amour que vous recevez ».
John Muq a été connu initialement sur les réseaux sociaux par une reprise d’une chanson des Beatles puis une vidéo de ses concerts à des enfants SDF en Ouganda qui a fait le tour du monde. Cela lui a permis d’être embauché sur des bateaux de croisière pour quelques mois avant d'immigrer à Austin au Texas pour le meilleur, ce qui lui a inspiré sa chanson « Run away ».

Chez Hennessy, Ina Forsman à la voix charmeuse et un Lebron Johnson électrique
Chez Hennessy, les deux concerts ont également été magiques. Le jeudi, la chanteuse finlandaise Ina Forsman a envouté le public avec sa voix charmeuse et sa présence.
Comme John Muq elle a enregistré son premier album à Austin au Texas, une ville qui décidément est en passe de devenir The place to be pour les jeunes musiciens américains.
Un physique charmeur, une voix magique, d'excellents musiciens : un moment parfait au sein des bâtiments historiques de la maison de Cognac.



Le lendemain Lebron Johnson, un artiste originaire du Nigeria, a enflammé littéralement la scène Beyond the Blues avec son énergie communicative quasi diabolique. Ce jeune chanteur, qui pourrait être une réincarnation plus élancée de James Brown, a mis le feu en entrainant le public dans des danses rythmées sur scène mais aussi dans la fosse avec le public en se transformant en professeur de danse.


La journée du jeudi s’est terminée an apothéose avec Nikkie Hill, une artiste américaine électrisante, mélange improbable selon certains d’ACDC et du groupe de gospel Staple Singer.

« J’aime cela. Car le gospel est à la racine du rock. C’est bien de se rappeler qu’il n’y aurait pas de rock’n roll sans gospel et sans expérience noire américaine du sud » a-t-elle assuré.
Certains sont fans comme un Français originaire de région parisienne, « j’ai participé à un festival de blues aux Pays-Bas et je suis venu spécialement à Cognac Blues Passion pour Nikki Kills ».
Quand les Français découvrent Cognac Blues Passion lors de festival internationaux, c’est plutôt bon signe!
Ce samedi, c’est la dernière journée pour profiter de Cognac Blues Passions, toute la musique qu’on aime…
