Il n’y a plus aucune logique dans la direction politique prise en France sauf une : affaiblir le plus possible le pouvoir et l’influence du pays.
On l'a vu avec les ventes d’Alcatel, d’Alstom et d’autres fleurons, avec la hausse faramineuse de la dette qui consiste à donner plus de pouvoir aux banquiers créditeurs, à la plus grande autonomie de la Nouvelle-Calédonie au contraire des votes populaires ou de la Corse et maintenant bientôt de la Martinique.
Les politiciens qui dirigent la France semblent plus représenter les intérêts de l'étranger plutôt que celui des Français.
Il n’y aucune logique sinon celle d’une disparition voulue de la puissance française.
En effet, pourquoi l’État donnerait plus d’autonomie à la Martinique alors que la France a désormais moins d’autonomie vis à vis de Bruxelles s'interroge Michel Taube dans Opinion Internationale?
Dans ce cas il faudrait demander le Frexit et plus d’autonomie de la France vis à vis de l’UE?
Oui mais ce n’est pas le plan qu’ils ont pour la France.
Le 1er juillet 2026, Serge Letchimy et le ministre des Outre-mer Naïma Moutchou ont signé un accord cadre sur l’évolution institutionnelle de la Martinique. Pour beaucoup il s’agit d’une nouvelle dérive institutionnelle. Alors que le droit européen encadre désormais le droit français c’est tout le contraire qui a lieu aujourd’hui avec la Martinique. Quelle est l’idée affaiblir la France pour renforcer les régions dans le cadre du projet européen de grandes régions européennes dirigées par Bruxelles.
Pourquoi une île de 300 000 habitants devrait être plus autonomie qu’un pays de 70 millions d’habitants désormais pieds et poings liés à l’UE? Cet accord va extrêmement loin en prévoyant la possibilité pour la Martinique d’adopter des lois et dans le futur prévoit implicitement une évolution statutaire ce territoire.
Une plus grande autonomie de la Martinique : les Martiniquais sont contre
Il n’y a aucune logique sauf celle de créer ce projet UE supranational bien moins démocratique que chaque pays européen. Cela permet à quelques politiques et multinationales de détourner la Démocratie à leur avantage.
Il est à noter par ailleurs que comme en Nouvelle-Calédonie, ce changement institutionnel mené par des politiciens n’ayant pas la majorité dans les urnes en France, est également minoritaire en Martinique. Un sondage paru en 2025 et commandité par le Modem avait montré qu’une immense majorité des Martiniquais était hostile à plus d’autonomie et se sentaient pleinement français. Imposer un tel changement à quelques mois de l’élection présidentielle ressemble à un abus de droit. Lors du référendum de 2010, les Martiniquais avaient rejeté à près de 80 % un passage au régime de l’article 74 qui aurait accordé pourtant moins d’autonomie que celle envisagée aujourd’hui.
Cet accord est donc une atteinte à la volonté à la fois des Martiniquais et des Français. Tout est fait pour déstabiliser le pays en Corse, en Nouvelle-Calédonie, en Martinique et bientôt pourquoi pas en Alsace, en Bretagne, dans le Pays basque, en Provence. La France a été constituée de territoires très variés c'est pourquoi que c'est un pays centralisé. Le problème n'est pas son mode de fonctionnement mais les politiciens qui la dirigent. Cet accord est un véritable coup d'Etat en catimini selon Michel Taube à quelques mois des élections.
Décidément tout aura été fait pour détruire la puissance française et le niveau de vie des Français avec l'accord d'une coalition UDI/LREM/LR voire PS, une sorte de parti unique. Quel gâchis!
Nous publions ici la tribune du maire de la commune de Saint Joseph en Martinique:
Considérant que le peuple martiniquais n’a jamais confié à l’Assemblée de Martinique un mandat visant à engager notre territoire dans un processus conduisant à l’autonomie ;
Considérant que le Gouvernement de la République s’apprête à signer avec le Président du Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique un document ouvrant la voie à une évolution statutaire majeure ;
Considérant qu’un tel engagement modifie profondément les rapports entre l’État et la Martinique et ne peut être décidé sans l’accord préalable et explicite du peuple martiniquais ;
Considérant que les compétences dont le transfert est envisagé concernent notamment des domaines essentiels, tels que la fiscalité, permettant demain à la CTM de créer ou de modifier des impôts et taxes qui pèseront directement sur les ménages et les entreprises ;
Considérant que tout transfert de compétences s’accompagne inévitablement d’un désengagement progressif de l’État dans les domaines concernés, avec des conséquences financières et sociales dont les Martiniquais supporteront les effets ;
Constatant que la situation financière et administrative de la CTM suscite de nombreuses interrogations et que les difficultés rencontrées dans la gestion des compétences actuelles invitent d’abord à un examen lucide du bilan avant toute revendication de nouvelles responsabilités ;
Considérant que cette réforme institutionnelle apparaît, selon nous, comme une tentative de déplacer le débat public afin de faire oublier les insuffisances de la gestion actuelle de la Collectivité Territoriale de Martinique ;
Constatant que cette orientation est portée par Serge Letchimy avec le soutien des élus indépendantistes, tandis que de nombreux autres élus observent un silence que nous jugeons préoccupant sur un sujet qui engage pourtant l’avenir de plusieurs générations ;
Déplorant l’attitude de l’État, qui semble renoncer à défendre une vision claire de la présence de la République en Martinique et accompagner une logique de transfert de responsabilités sans apporter les réponses attendues aux difficultés économiques, sociales et sécuritaires que connaît notre territoire ;
Nous affirmons
Que la souveraineté appartient au peuple martiniquais.
Qu’aucun élu, quelle que soit sa fonction, ne peut engager la Martinique dans un processus d’autonomie sans avoir reçu un mandat clair des électeurs.
Que toute évolution institutionnelle doit être précédée d’un débat public loyal, pluraliste, transparent et contradictoire.
En conséquence, nous demandons
Au Gouvernement de la République :
de suspendre toute signature ou tout engagement susceptible d’ouvrir la voie à une évolution statutaire sans consultation préalable du peuple martiniquais ;
de réaffirmer clairement les responsabilités de l’État envers la Martinique et de privilégier les réponses économiques, sociales et financières attendues par la population.
Aux élus de la CTM :
de renoncer à toute démarche engageant l’avenir institutionnel de la Martinique sans mandat populaire explicite ;
de rendre compte de leur gestion devant les Martiniquais avant de solliciter de nouvelles compétences.
Nous appelons
L’ensemble des Martiniquaises et des Martiniquais à demeurer vigilants.
L’avenir de notre pays ne peut être décidé dans le secret des négociations ni par la seule volonté d’une majorité politique. Il appartient exclusivement au peuple martiniquais.
Nous invitons chaque citoyen à s’informer, à participer au débat démocratique et, le moment venu, à faire échec, par les voies démocratiques, à toute tentative d’imposer une évolution statutaire qui n’aurait pas reçu l’approbation explicite de la population.
« L’autonomie n’est pas une réforme technique ; c’est un choix de civilisation. Un tel choix ne peut être le fruit d’un accord entre un ministre et quelques élus. Il appartient exclusivement au peuple martiniquais. C’est à lui, et à lui seul, de décider de son destin.»
Yan Monplaisir
Maire de Saint-Joseph
