Les nouvelles lois sur le carbone dont le Pacte vert en Europe et son idéologie ont un impact fort sur la vie quotidienne des Français. On l’a vu dans l’automobile où l’interdiction des voitures thermiques en 2035 et les normes vertes conduisent à une inflation démesurée des prix des voitures sans compter le malus CO2 qui tue les marchés de l’occasion et du neuf. L’évolution du climat est une bonne façon d’imposer des mesures coercitives pour la majorité de la population.
Cela a eu lieu dans l’automobile avec les résultats que l’on voit, une crise jamais vue en Allemagne et en France avec tout récemment 100 000 licenciements annoncés par Volkswagen. Or ce problème global ne peut être résolu qu’à l’échelle mondiale et pas uniquement en Europe et les mesures doivent être appliquées progressivement. Les progrès technologiques ont fait fortement réduire les consommations des voitures. Il aurait été bien intelligent de limiter la commercialisation des voitures qui consomment le plus plutôt que d’interdire totalement la vente de voitures thermiques. Et il est nécessaire de prendre en compte l’impact global CO2 de la voiture électrique de la production minière à la durée de vie. Beaucoup de voitures thermiques sont utilisées pendant 20/30 ans contre une durée de vie bien plus faible des batteries.
Dans l’aérien là encore les progrès ont été spectaculaires en terme de consommation de carburant et les récentes lois sur les crédits carbone vont fortement peser sur les bénéfices ou les tarifs des vols.
Selon MSCI, les coûts des crédits carbone vont être multipliés par 8 d’ici 2035 pour atteindre 100 dollars la tonne. Cela représentera une facture globale de 127 milliards de dollars pour l’industrie. Rien que pour Emirates ces coûts atteindront 8 milliards de dollars soit environ 20 % de son bénéfice opérationnel, contre 6 milliards pour Qatar Airways. Les compagnies proposant le plus de vols long-courriers souffriront le plus comme Turkish Airlines, Singapore Airlines, Bristish Airways, Korean Air, Cathay Pacific, American Airlines…
Cela devrait donc se répercuter sur les tarifs des vols d’autant plus si l’UE poursuit son projet de taxer plus les compagnies au départ de l’Europe. Le problème est là encore compétitif : si seule l’Europe implique ces mesures, Il y a aura un déficit de compétitivité sur ce continent. La Chine n’a pas rejoint pleinement le mécanisme obligatoire d’échange des crédits carbone CORSIA et les Etats-Unis y participent volontairement sans engagement ferme. L’Inde, le Brésil et la Russie ne participent pas également aux phases volontaires actuelles. La 2ème phase de CORSIA deviendra obligatoire en 2027 pour les 193 états membres de l’OACI. Les Etats-Unis ont participé à la phase 1 avec reporting et possibilité de compensation mais sans obligation stricte pour les compagnies. A partir de 2027, il n’y aura toujours pas d’engagement ferme contraignant avec pénalités aux Etats-Unis, mais aussi en Inde, en Chine, au Brésil, des pays parmi les plus émetteurs au monde de CO2.
Un tel mécanisme doit donc être appliqué à tous uniformément pour qu’il soit cohérent : aujourd'hui il ne l'est pas et ne le sera pas en 2027 ce qui faussera la concurrence en 2027 et désavantagera les pays européens, comme d'habitude.
Il reste de plus à voir si une décision administrative est le meilleur outil pour lutter contre les émissions de CO2.
La recherche et les progrès techniques étant souvent bien plus rapides que les décisions administratives. En attendant selon des études, les coûts des crédits carbone seront transférés aux consommateurs. L'impact de la mise en place de ces lois en Europe a eu également un effet négatif sur le trafic aérien notamment dans les pays les plus touristiques comme la France, l'Italie et l'Espagne alors qu'il y a eu peu d'impacts sur les pays orientés Business comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne.
"Cette étude est conforme à celle effectuées précédemment qui montrent des arrivées de touristes au niveau international et domestique du fait de la mise en place du système d'échange de crédit carbone européen" note l'étude.
