Nous sommes l’un des rares magazines à avoir critiqué constamment depuis 4 ans la politique énergétique de l’UE dans le domaine énergétique. Mais désormais la fronde s’étend à tout le secteur économique en France et en Allemagne.
Henri Proglio l’ancien directeur d’EDF et de Veolia est une voix qui compte. Il a déclaré très clairement que les « renouvelables étaient une machine à broyer l’argent public ». Il a critiqué très fermement le PPE3 européen comme tout bon patriote dans une interview auprès de Contribuables associés : « ce texte revient à investir des centaines de milliards d’euros que le pays surendetté n’a pas dans des capacités de production intermittentes dont la France n’a nul besoin...Le renouvelable est une machine à broyer l’argent public, le pire cauchemar des contribuables. Ces énergies sont intermittentes et non programmables : on demande au nucléaire de s’effacer devant elles en période de crête, ce qui engendre un surcoût gigantesque et détruit une partie de la rentabilité du parc. On remplace une source continue par des injections sporadiques, d’où une forte volatilité des prix. Sans oublier les problèmes de sécurité et les risques de black-out, comme celui qu’a connu l’Espagne en avril 2025 ». En bref tout a été fait pour détruite l'avantage compétitif français et l'économie française dans son ensemble avec le soutien de politiciens français qui ne défendent plus les intérêts du pays mais ceux de puissances étrangères.
Le summum de la gabegie publique étant l’appel d’offre pour l’éolien signé récemment qui va conduire à investir des dizaines de milliards à perte.
Henri Wallard dont nous avions parlé à l’occasion de la sortie de son livre Mensonge d'Etat ou l'impsoture écologiquet est très critique dans une interview au Point avec cet appel d’offre qu’il qualifie de folie comme nous d’ailleurs : « il faut suspendre l’attribution de l’AO10. Il n’y a aucune urgence à engager l’État en février 2027. Il faut d’abord concentrer les moyens sur l’électrification réelle des usages. Il faut ensuite attendre les nouveaux scénarios de RTE et reprendre la programmation énergétique avec la prochaine mandature. Nous pourrons alors décider, sur la base des besoins réels, s’il faut davantage de nucléaire, d’éolien, de solaire, d’hydraulique ou de stockage ».
Certains parlent également de la gabegie de l'EPR, une technologie originellement allemande qui a été modifiée par la France suite à l’abandon du nucléaire par l’Allemagne alors qu’il aurait été bien moins couteux de fabriquer des centrales à partir de la technologie existante. Henri Proglio pose la bonne question : « La France envisage de construire six EPR dans les prochaines années, pour un coût de 85 à 100 milliards d’euros, auquel il faut ajouter celui de la modernisation du réseau. Tout cela est inutile et coûteux pour les contribuables. La rationalité voudrait plutôt que l’on remplace les centrales nucléaires obsolètes par des structures comparables et que l’on rénove celles qui restent efficientes, moyennant un coût approximatif d’un milliard d’euros par centrale. La modernisation du parc représenterait un total d’environ 55 milliards d’euros, dont la moitié a déjà été apportée par EDF. Pourquoi dépenser davantage ? Pour l’avenir, il faut concevoir un réacteur nucléaire plus efficace et moins coûteux que les EPR, dont le coût atteint entre 11 et 13 milliards d’euros par réacteur selon la Cour des comptes, alors qu’une centrale nucléaire classique ne coûtait que quelques milliards dans les années 1980. Il faut revenir à la construction de réacteurs d’une puissance d’environ 1 000 MW. Ce sont les plus compétitifs : ils permettent de produire une électricité à un coût de revient incomparable ».
Signe des problèmes structuraux français, l'EPR de Flamanville vient encore une fois de s'arrêter après seulement quelques mois de service. Il a été raccordé au réseau EDF en décembre 2024 avec 12 ans de retard sur le calendrier initia et a atteint sa pleine puissance le 14 décembre 2025 seulement.
Trois mois après sa mise en service, en mars 2025, l’EPR avait déjà été arrêté suite à des problèmes techniques au niveau de la turbine. En juin 2025, une fuite sur des soupapes a conduit à un nouvel arrêt de quatre mois. Pendant ce temps les centrales conçues dans les années 60 fonctionnent parfaitement avec un coût sans comparaison : quelle a été l'objectif réel de développer cette technologie EPR? On peut à juste raison s'interroger sur les choix techniques et financiers alors que cela ressemble à du gaspillage d'argent public...Rappelons par ailleurs qu'à cause des politiques de l'UE les prix de l'électricité ont doublé depuis 2007 en passant de 12 à 25 centimes le kWh et personne ne dit rien...
5 500 milliards dépensés en Allemagne pour rien
En Allemagne également les voix s’élèvent contre une politique qui tue le pays à petit feu.
« La transition énergétique allemande a couté environ 1 000 milliards d’euros. Et qu’est-ce qu’elle nous a apporté? Rien. Nous avons une infrastructure digne de l’Albanie…Nous aurons besoin de charbon au moins jusqu’en 2033. Axel Bojanowksi reporter scientifique à Die West est très critique vis à vis de la politique allemande dans l’un des principaux quotidiens du pays. « L’Allemagne mène sa politique climatique comme si le chemin le plus coûteux était moralement supérieur. En réalité, le chemin le plus coûteux est le plus stupide » ou le plus traitre aux intérêts réels du pays.
« Interrogé à ce sujet (NDLR: les coûts du système énergétique), le gouvernement de coalition « feu tricolore » n'a pas été en mesure de fournir une ventilation cohérente des coûts globaux : une distinction suffisamment précise entre les investissements privés et publics dans la transition énergétique est difficilement réalisable sur le plan méthodologique , et le gouvernement fédéral ne dispose donc d’aucune estimation de la part publique. C'est un scandale. Quiconque transforme une économie sans en comptabiliser les coûts agit de manière irresponsable. En 2024, la Cour des comptes fédérale a critiqué le fait que l'accessibilité financière de l'approvisionnement en électricité soit déjà remise en question. On estime que plus de 460 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires rien que pour le développement du réseau électrique d'ici 2045 ; pourtant, le ministère fédéral de l'Économie a jusqu'ici omis de prendre en compte ces coûts systémiques ».
Les informations publiées par Die West sont juste incroyables : l’Allemagne devra dépenser 5 500 milliards d’euros d’ici 2050 pour garantir la même quantité d’électricité qu’avant l’Energiewende selon l’association des chambres de commerce d’industries allemandes. Des sommes qui auraient pu être allouées à l’éducation la recherche…
Et même à l'étranger des ministres de pays mieux dirigés comme la Suède critiquent ouvertement les choix allemands :
Masterclass de la ministre de l'énergie de la Suède qui demande le respect de la neutralité technologique € et pique au passage son voisin allemand: "Aucune volonté au monde ne peut passer outre les règles de base de la physique, pas même Robert Habeck..." Ambiance pic.twitter.com/p6uO4NnG8W
— Documentaire et Vérité (@DocuVerite) December 16, 2024
Les Allemands sont également les grands perdants de cette politique alors qu'ils paient leur énergie 33% plus chère que la moyenne de l'UE. Heureusement cela semble bouger très modestement : « À partir de 2027, les nouvelles installations de production d’énergie renouvelable devraient bénéficier d’un soutien de manière à servir à la fois les intérêts du marché et ceux du réseau , selon un projet de loi publié vendredi dernier par le ministère de l’Économie. Cela signifie qu’il s’agira de récompenser les projets qui s’adaptent mieux à la demande en électricité et qui n'aggravent pas la congestion du réseau » note le South China Morning Post. Cela devrait freiner les projets éolins en Allemagne au moment où la France accélère, cherchez l'erreur : « Ces changements pourraient freiner les investissements dans les projets éoliens terrestres et solaires, où les promoteurs sont déjà confrontés à une hausse des coûts et à une baisse des recettes, alors que les prix de l'électricité deviennent de plus en plus négatifs ».
Comme en France la gabegie est totale en Allemagne comme si l’on voulait faire s’effondrer les économies des deux pays via des politiques menées au plus haut niveau de l’UE…Au final tout cela est excellent pour les concurrents industriels de la France et de l'Allemagne, comme les États-Unis et la Chine, qui investissent massivement dans le nucléaire et offrent à leurs industriels des prix de l'énergie inférieurs de moitié. Les deux pays seront bientôt une immense colonie de vacances pour les riches Chinois et Américains ce qui est déjà le cas d'ailleurs...
