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Alors que le groupe AccorHotels campe sur des résultats en forte croissance en 2016, son pdg se lance de nouveaux défis  avec d’une part la réduction de l’activité hôtelière et l’ouverture du groupe vers de nouveaux métiers.

sebastien bazin accorhotels resultats 2017

Un défi permanent. L’année 2016 aurait du être une excellente année, s’il n’y avait pas eu les problèmes rencontrés en France et dans le monde. Elle ne sera donc qu’une très bonne année, avec des clignotants au verts dans tous les domaines : chiffre d’affaires à 5 631 M € en hausse de 0,9%  ( + 2,2% à périmètre constant ), résultat d’exploitation à 696 €  ( +3,8%  à périmètre constant, marge à 12 points 4, quand elle n’était que de 4 points 7 en 2009 et cerise sur le gâteau augmentation des dividendes aux actionnaires.

Et ce n’est pas tout : l’intégration du groupe FRHI a permis au groupe d’assurer un développement exceptionnel, avec 43 000 chambres  ouvertes représentant une croissance de + 14% « quand on était plutôt entre 30 à 35 000 les années précédentes », dont 17% positionnées sur le haut de gamme contre à peine 10% auparavant.

Le programme de fidélité a également fait un bond en avant avec l'ajout du Fairmont President Circle et le partenariat avec le programme de fidélité du groupe chinois Huazhu.

Il  est passé de 25 à 106 millions de membres et représente désormais 30% de la contribution au groupe Accorhotels.

Pour Sébastien Bazin, le groupe a réussi à se maintenir malgré une conjoncture défavorable, il le doit à la diversification opérée depuis 2012 et à son programme de digitalisation.

Devenu désormais l’un des géants du luxe dans le monde avec les enseignes Sofitel, Pullman, M Gallery mais aussi maintenant avec les Raffles, Fairmont et Swissotel, Accorhotels s’impose aussi sur le créneau des boutique hôtels lifestyle guidé par sa prise de participation de 30% dans Mama Shelter, puis dans 25 Hours, le lancement de Jo & Joe, tout en se développant aussi dans la catégorie locations, grâce au  rachat de OnefineStay, Square break, Oasis et Travelkeys, à la manière  d’Airb&b, mais en y ajoutant les compétences et les services hôteliers.

Accorhotels devient également incontournable dans le monde de la distribution notamment auprès des indépendants avec Fastbooking, la market place même si les efforts doivent être améliorés.

Enfin, en s’adjugeant des services de conciergerie de luxe avec le rachat de John et Paul, il rentre de plein pied dans le monde de la data pour apporter encore plus de services aux clients.

En effet, pour Sébastien Bazin la révolution du groupe est loin d’être achevée.

Ainsi l’objectif qu’il s’était fixé secrètement de créer une foncière à part regroupant les murs des hôtels les moins rentables, qui avait été  initié par la séparation en deux métiers distincts, Hotel Service et Hotels Invest, arrive aujourd’hui au terme de la réflexion avec le projet Booster.  

Ce projet qui concerne plus de 1000 hôtels, deviendra si les investisseurs le veulent, une société indépendante, filiale du groupe.

Elle sera basée au Luxembourg : Accorhotels restera présent mais en tant qu’associé minoritaire et elle prendra le nom d’AccorInvest.

Son capital devrait être réparti entre plusieurs types d’investisseurs ( une petite dizaine au total ) devait annoncer le pdg « avec un  ticket d’entrée à 200 000 € » explique le pdg.

Le groupe devrait favoriser le lancement de la société en lui accordant 2 milliards d’euros de dettes plus 1 milliard 5 pour les acquisitions et les capex des hôtels.

On saura en juillet 2017 si le projet a été salué par les investisseurs, « sachant que ce ne sera pas un drame si le projet ne se fait pas ! » précise le pdg.

D’autant qu'entre temps, le groupe aura déjà été lancé sur un autre projet, la prestation de services aux particuliers.

« C’est une vraie révolution qui va être effectuée au sein du groupe qui doit passer d’une culture traditionnelle, pyramidale et matricielle à une culture transversale et entrepreneuriale ». 

Le rachat de John Paul lui en fournit l’opportunité. 

Le pdg se donne  5 ans pour organiser toute une offre de services pouvant faciliter la vie de ses clients, mais aussi des autochtones «  pourquoi n’irait-on pas chercher ses fleurs à l’hôtel » se demande en effet  le pdg ?  et pourquoi pas la voiture, et pourquoi pas le billet d’avion ? la culture collaborative et les services de partage permettent aujourd’hui de repenser différemment tous les services à condition de connaître les demandes.

C’est tout le rôle de l'activité Data (Données) que le groupe est en train de constituer, avec in fine un seul but : améliorer sans cesse l’expérience client, rentabiliser les espaces inoccupés des hôtels et enfin produire de la valeur ajoutée au groupe.

« L’objectif est de doubler notre Ebitda d’ici 5 ans, dont un tiers sera réalisé par la prestation de service » conclut le pdg.

Enfin avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour AccorHotels, une diversification audacieuse au service d’une ambition forte et avant-gardiste.

www.accorhotels.com

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