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norvege-port.jpgLe grondement du tonnerre me réveille et j'ouvre les rideaux, m'attendant à faire face à de sombres nuages lourds de pluie. Au lieu de cela, c'est un ciel norvégien d'un bleu sans nuages qui se présente à moi. Puis le grondement se transforme en rugissement et je me rappelle la raison qui m'a amenée à Arendal : la course.



Une fois par an, cette paisible station balnéaire située dans le sud de la Norvège ne vit plus que pour le monde houleux et rugissant de la course de bateaux à moteur. On estime à 100 000 le nombre de visiteurs qui descendent sur le port pour assister à cette course opposant des catamarans de 13 mètres sur une distance de treize kilomètres et à une vitesse maximale de 260 km/h. Leur  objectif. Remporter le trophée du Class 1 Championship.

Les Norvégiens ont dépuis longtemps été passionnés par le motonautisme, et non sans raison. Spirit of Norway ("L'esprit de la Norvège"), l'une des deux équipes nationales présentes dans la compétition, a remporté le championnat quatre fois de suite et se trouve actuellement en première position, suivie de près pas les équipes de Dubaï et du Qatar.

Mais ceux-là ne sont pas les seuls dans la course. Il y a une nouvelle équipe dans les starting blocks : l'équipe britannique Chris Parsonage Racing, propriété du développeur basé au Devon Chris Parsonage. Leur vaisseau est dirigé par James Sheppard de West Sussex et parrainé par la société britannique de produits de soins King of Shaves. Will King, fondateur de King of Shave, explique qu'il a été séduit par son aspect innovant et technologique.

"Chris et son équipe correspondaient à ce que nous recherchions dans une association de marques, c'est-à-dire le passage d'un gagnant potentiel à un vainqueur réel. Notre attention est entièrement tournée vers ces futurs rois".

Cette stratégie a déjà porté ses fruits avec le sponsoring par King of Shaves du footballeur John Terry, récemment nommé capitaine de l'équipe d'Angleterre, ainsi que Shelley Rudman, médaille d'argent de skeleton aux Jeux olympiques de Turin 2006. Alors, jamais deux sans trois. C'est en tout cas ce qu'espère Chris Parsonage.

norvege-arrivee.jpgMais revenons à Arendal : les équipes sont occupées aux préparatifs de la première journée de compétition. L'événement se déroule sur deux jours, et le résultat de la première course est déterminant. Car en plus de déterminer l'ordre de départ de la course principale, il y a différents classements de pole position, avec un podium après chaque événement. Un brillant premier tour amène King of Shaves à leur toute première pole position, et l'équipe finit deuxième dans le classement.

"La navigation était très fluide, et nous sommes passés près de quelques marqueurs qui ont contribué à notre score", raconte James Sheppard, visiblement très heureux de leur succès. C'est là un véritable retour aux sources pour ces anciens pilotes de Honda série 4 (petit mais toujours très rapide). James et Will me confient que leur premier sponsoring a été signé sur le dos d'une serviette de table.

Le lendemain, alors que les catamarans sont remorqués sur les quais humides, je prends place au bord de l'eau, à moins de 100 mètres de là où passeront les bateaux. Pour les spectateurs, la course d'Arendal est l'une des meilleures en raison de la proximité du rivage. De plus, le fait qu'une grande partie de l'action se déroule dans un port abrité fait du trajet un parcours tout en douceur pour les concurrents. En effet, c'est cette protection contre les éléments qui a poussé Arendal sur le devant de la scène au XVIIIème siècle, lorsque son port et ses forêts en faisaient un lieu idéal pour la construction navale, et que d'élégants voiliers en bois sortaient continuellement de ses ateliers à destination du continent.

norvege-pollen.jpgAujourd'hui, le Pollen, ou arrière-port, a été transformé en une zone de loisirs branchée, et les cafés et restaurants se succèdent sur ses trottoirs. La passion d'Arendal pour les bateaux est toujours là, mais le bois et les voiles ont été remplacés par la fibre de carbone et deux formidables moteurs V12 Lamborghini de 8 litres.

Rien ne peut vous préparer au rugissement des moteurs soulevant derrière eux des gerbes d'eau de 12 mètres - les "coqs". Après le premier des douze tours, King of Shaves tient une honorable troisième position et, tandis que le bateau file à toute allure, nous restons les bras croisés, convaincus que le podium sera à nouveau à nous. Mais, lors du deuxième passage des participants, nous cherchons des yeux la silhouette du King of Shaves, en vain.

Les secondes deviennent des minutes face à notre préoccupation croissante quant à la sécurité de James et de Chris - à 260 km/h, frappant l'eau devenue dure comme du béton, des accidents sont déjà arrivés. Les spectateurs se regardent, anxieux, jusqu'à l'arrivée de la nouvelle : une défaillance technique a forcé le bateau à s'arrêter quelque part à proximité du port. Une conclusion décevante à ce qui était pourtant un week end prometteur pour l'équipe, mais il ne fait aucun doute que leurs premières performances ont su retenir l'attention des autres concurrents.

norvege-kingshaves.jpgAprès la Norvège, cependant, le bateau de King of Shaves a connu le même genre de mésaventures. Qualifié en première place à Plymouth puis renvoyé en fin de classement pour cause d'une violation technique, le bateau se maintenait en troisième position lors de la course principale avant de perdre le contrôle et d'effectuer un retournement spectaculaire face aux caméras (pour voir l'accident du cockpit, rendez-vous sur kingofcrashes.com). Heureusement, l'équipage s'est est tiré indemne, ce qui n'est pas le cas de leur bateau qui a été gravement endommagé. Will King, quant à lui, voit décidemment toujours les choses du bon côté : "La presse ne risque pas de citer un Chris heureux cette fois-ci", a-t-il plaisanté. "Mais au moins, il a pu tester les dispositifs de sécurité du bateau. Bien sûr, avec le recul, nous aurions dû mettre notre logo sur le bas de la coque !"

Même en l'absence d'une médiatisation importante, Will semble satisfait du pouvoir marketing du bateau, ne serait-ce que parce qu'il donne un tout nouveau sens à l'expression "raser de près".

Pour de plus amples informations, visitez les sites SHAVE, CLASS1 et CHRIS PARSONAGE .

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