Le quartier latin est depuis longtemps un foyer de savoir en France mais aussi dans toute l’Europe du fait des monastères qui s’étaient établis dans ces lieux au Moyen Âge.
Malheureusement l’image de ce quartier est en train de se dégrader rapidement avec la fermeture des librairies et l’ouverture de restaurants ou de boutiques. Après la fermeture de la FANC sur les Champs Elysées en juillet 2025 puis du Virgin Mégastore, les librairies Gibert Joseph sur la plac eSaitn Michel ont disparu et ont été remplacées par des supermarchés ou des restaurants. La Mairie de Paris s’attaque ainsi aux méchants propriétaires mais laisse des lieux emblématiques de Paris être défigurés par des vendeurs de soupe. L’hécatombe se poursuit alors que Gibert Jospeh l’une des dernières grandes librairies du quartier serait en redressement judiciaire : c’est une vendeur qui nous l’a annoncé lors d’une visite. Cela concerna les librairies emblématiques du quartier mais aussi 16 magasins dans 12 villes dans tout le pays. Mais il n’y a pas que Gibert Joseph : le réseau de librairies Furet du Nord et Decitre a également été placé en redressement judiciaire : cela concerne 600 employés et 27 librairies. Les libraires souffrent de plusieurs maux.
Les jeunes drogués aux vidéos
Tout d’abord les jeunes ne lisent plus ou moins. Une étude de journalistes suédois montrent que les jeunes s’informent désormais principalement par les vidéos. C’est un grave problème. Les vidéos présentées sur les réseaux sociaux sont souvent peu informatives, plus du niveau de la distraction et n’incitent pas à réfléchir, se poser. Une étude réalisée par PlayersTime, montre que près des trois quarts des répondants de la génération Z déclarent se sentir dépendants d'au moins une plateforme de réseaux sociaux, contre 44 % des milléniaux, ce qui met en évidence un fossé générationnel marqué dans la manière dont les gens vivent leur vie numérique alors que ces deux groupes d'âge affichent des niveaux préoccupants de dépendance aux réseaux sociaux.
En 2025, 307 millions de livres papier neufs ont été vendus soit une baisse de -2,5% sur un an selon le cabinet NielsenIQ BookData.
Un autre problème cette fois étatique se pose. Les marges limités par la loi sur le prix unique en vigueur depuis 1982 avec l’arrivée d’un gouvernement socialiste ont pesé sur les marges des éditeurs et la baisse du pouvoir d'achat des Français du fait de la hausse des coûts de l'énergie et d'une fiscalité confiscatoire favorise le marché de l’occasion.
Les sites d'achat en ligne sont également une concurrence de plus en plus dure pour les libraires qui doivent supporter les taxes et impôts français contrairement aux grandes sociétés internationales qui optimisent leur imposition.
Les boites à livres tuent le marché du neuf
Parallèlement l’esprit collectiviste s’est imprégné dans les mairies de droite comme de gauche ou les supermarchés. On voit ainsi fleurir partout des boites à livres. L’idée peut sembler séduisante au premier abord tout comme le communisme : permettre à tout un chacun d’échanger ses livres et de lire gratuitement. Oui mais cela détruit le marché de l’édition. Cela dévalue la valeur des livres qui semblent gratuits pour les passants. Les lecteurs se détournent des livres payants, l’édition produit moins de nouveautés et les écrivains rechignent à écrire pour gagner des cacahuètes. Au final cet esprit collectiviste tue la création. Que dirait Louis Vuitton si ses vieux sacs étaient échangés gratuitement dans des boites à luxe un peu partout en France ?
Aujourd’hui tout un pan de notre culture est en train de disparaître et les Français sont collectivement responsables : les maires qui installent des boites à livres, les politiciens qui ont laissé dépérir l’édition, les parents qui ont laissé leurs enfants regarder bien trop leurs écrans. Veut-t-on voir Paris submergées par les fast-foods, les restaurants, les boutiques ? Va-t-on laisser la culture et le débat disparaître de nos vies ? Ces faillites de librairie ne sont pas à prendre à la légère : c’est toute la culture d’un pays qui se meurt aujourd’hui avec la fermeture des librairies parisiennes...La France auparavant paradis des écrivains est devenu celui des influenceuses sur Tik Tok ou Instagram : pas sûr que l'image du pays y soit gagnante...Rappelons que l'aura intellectuelle et culturelle de Paris fait partie de son attrait touristique. Que restera-t-il de l'image de la ville quand on n'y verra plus que restaurants, fast foods ou kebabs?
