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Bien sûr, tout le monde a déjà entendu parler de Zagreb, la capitale de la Croatie ; de Split aussi, deuxième ville de Croatie, avec ses vestiges romains et ses dizaines de bars animés. La superbe Dubrovnik, ville médiévale fortifiée, est quant à elle en passe de devenir l'une des destinations les plus prisées de la mer Adriatique. Mais peu connaissent Rijeka, troisième plus grande ville du pays et son port, le plus important de Croatie.



Fort heureusement, le monde est aujourd'hui plus susceptible d'en entendre parler, surtout depuis le lancement, fin 2006, des premiers vols low-cost à destination de Rijeka.

rijeka-port.jpgMais que peut-on bien venir faire dans cette ville complètement oubliée de la Croatie. J'ai découvert en y séjournant la réponse à cette question épineuse : une foule de choses. Mon vol arrive à Rijeka à 22h, et il me faut une demi-heure pour rejoindre le Grand Bonavia Hotel au centre-ville, un hôtel qui m'a été recommandé par l'Office du tourisme local comme le meilleur endroit en ville pour les voyageurs d'affaires. J'ai en effet droit à une chambre impeccable pour seulement 83 € la nuit pour trois nuits. Située au septième étage, elle est dotée d'un balcon avec vue sur le port ; de là, je peux voir les lumières d'un ferry dans le port intérieur et les toits ocre des vieux bâtiments qui s'étendent jusqu'à la place où les habitants profitent de leur vendredi soir. Je prends place dans la petite véranda de ma chambre et, tout en relevant mes mails grâce à la connexion internet gratuite de l'hôtel, je tends l'oreille à l'écoute du début de soirée qui s'annonce festif.

Selon ma guide, Sandra Bandera, la ville attire peu de touristes. Rijeka est le principal port approvisionnant le nord de l'île et Zagreb, qui se trouve à environ 120 km dans les terres, m'explique-t-elle. Le matin suivant mon arrivée, nous faisons une promenade de deux heures vers les principaux sites touristiques jusqu'à Corso, la principale rue commerçante, piétonne et bordée de cafés et de boutiques. Il y a là un impressionnant nombre de cafés et la plupart sont pleins lors de notre passage. "Les gens boivent du café toute la journée ici", commente Bandera. "Nous sommes de gros buveurs de café. Lorsqu'il fait beau, nous buvons du café. Lorsqu'il pleut, nous buvons du café."

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La plupart des touristes s'arrêtent à Rijeka en se rendant à Dubrovnik, au sud, ou bien viennent du sud et vont visiter la péninsule d'Istrie. Située juste à l'ouest de Rijeka, cette péninsule a déjà été découverte par le tourisme de masse. En fait, le tourisme s'est beaucoup développé en Istrie dans les années 1980, avant de retomber au point mort lors de la guerre civile en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995, avant de repartir dans les années 2000 : la Croatie a accueilli 200 000 touristes britanniques en 2005, contre 30 000 au milieu des années 1990. A la fin des années 1980, la moyenne annuelle de touristes britanniques était de 400 000.

"Les mentalités ont mis un certain temps à changer", m'a expliqué un porte-parole de l'Office du tourisme. "Mais ce boom dure maintenant depuis deux ou trois ans. Depuis peu, nous faisons également partie des destinations de EasyJet". Comme les hôtels n'ont pas pu se développer assez rapidement pour accueillir le flot de touristes à Dubrovnik, beaucoup de visiteurs séjournent dans des maisons privées ouvertes aux touristes.

Les choses ne vont pas aussi vite pour Rijeka, ce qui ajoute à cet endroit calme et encore vierge de tourisme de masse. Bandera évoque l'heure de gloire de Rijeka, au XIXème siècle, lorsque la ville et ses 20 hôtels étaient très prisés des visiteurs en provenance de Vienne et de Budapest venus se reposer sur la côte adriatique. A l'époque, six bateaux à vapeur partaient chaque semaine pour les Etats-Unis ; Rijeka était alors un point de départ majeur pour les émigrants vers les Etats-Unis, et possédait même un consulat pour traiter les demandes de citoyenneté. Aujourd'hui, il y a seulement quatre hôtels dans la ville elle-même (le meilleur étant le Grand Bonavia), tandis que beaucoup d'hôtels et de villas haut de gamme se trouvent à Opatija, jolie petite localité située à 16 km à l'est et construite pour les visiteurs les plus riches en provenance d'Europe Centrale.

rijeka-stvitus.jpgNous nous arrêtons à St Vitus, charmante église du XVIIème siècle située sur une légère pente au-dessus du Corso. On peut voir un boulet de canon dans son mur, logé là par les Britanniques qui attaquèrent les Français au cours des guerres napoléoniennes. La légende raconte qu'une Croate appelée Karolina aurait approché les Britanniques pour les supplier de cesser l'assaut. Les officiers britanniques, séduits, auraient cessé le feu, épargant ainsi de nombreuses vies. Aujourd'hui, on retrouve "Karolina" dans le nom de plusieurs boutiques et entreprises (l'un des meilleurs bars de la ville, sur le port, s'appelle le Karolina).

Sur le port se trouvent également trois marchés couverts vendant fruits et légumes, viande et fruits de mer, près d'un petit parc avec un imposant théâtre classique orné de grandes colonnes. Ouverts sept jours sur sept, les marchés sont très populaires auprès des locataires des villas voisines. Au sommet de la colline se trouve le château de Trsat, qui date du XIIIème siècle. De là, on a un bon aperçu des environs de Rijeka. Pour y aller, vous avez le choix entre l'ascension des 500 marches de la colline ou bien le taxi - mon choix - très bon marché. Depuis les remparts, on peut apercevoir l'île de Krk et Cres, charmante île isolée de 2500 âmes seulement offrant des sentiers de randonnée écologiques. On peut également voir l'héritage du communisme de Tito : de larges pans de tours grises parsèmant le paysage. Comme elles fournissent des logements essentiels, elles ont peu de chance d'être détruites, me confie ma guide.

Rijeka est dans une période de vaches maigres depuis 1990, avec la baisse du tourisme et les effets de la fermeture de son importante usine de papier, autrefois deuxième au niveau mondiale, qui fournissait à Marlboro une grande part de son papier à cigarettes. Beaucoup d'autres entreprises ont fait faillite au cours de la guerre. Mais Rijeka a obtenu de la Banque Mondiale une subvention de 155 millions de dollars afin de construire le port de plaisance le plus important de Croatie. Ces travaux, dont la fin est prévue en 2008, devraient amener de nouveaux hôtels à la ville, d'après Peter Skarpa, membre de la chambre régionale de commerce et directeur de l'Office du tourisme local.

"Dans le passé, la ville n'était qu'un carrefour et un centre industriel", raconte-t-il. "aujourd'hui, elle a la chance de connaître un développement sur le plan touristique. Rijeka accueille 100 000 visiteurs par an. Ce n'est pas beaucoup ; nous voulons augmenter ce chiffre. Nous disposons de musées, de magasins, d'une riche vie nocturne. Les bateaux de croisière sont de plus en plus nombreux à faire escale dans notre port de plaisance. Les choses sont en train de changer."rijeka-tsrat.jpg

La vie nocturne de Rijeka est fantastique. On vient de loin pour danser dans les bars et les clubs jusqu'au petit matin. Les meilleurs se trouvent sur le port, et l'absence de touristes ajoute au charme : on y rencontre surtout des locaux, ce qui change agréablement des autres régions de la Méditerranée.

Autre attraction majeure : le littoral, bien sûr. Je décide de consacrer le dernier jour de mon weekend à la visite de ACI, le port de plaisance de Icici, petite station avec une plage de galets, à 3 km d'Opatija. Là, je rencontre Gracia Krainer, directrice marketing de ACI, qui exploite d'autres ports à Dubrovnik, Split et Rovinj. Elle me confie : "Nos visiteurs, qui viennent des quatre coins du monde - et notamment des participants à la Coupe de l'America - affirment que ces côtes sont les plus belles du monde". Krainer peut fournir aux visiteurs yachts et skippers. "De nombreux Européens s'installent ici. Les prix de l'immobilier atteignent des sommets", ajoute-t-elle.

Tomislav Korosec, directeur général adjoint au Grand Hotel Bonavia, espère que les vols EasyJet amèneront plus de touristes à Rijeka. Alors que nous prenons un café dans le très chic bar du Bonavia, il déclare : "Nous avons été agréablement surpris par l'arrivée d'EasyJet chez nous. J'espère que les visiteurs viendront nombreux. Rijeka est une destination agréable et bon marché."

Je ne peux m'empêcher d'être d'accord. Tout en étant hors des sentiers battus, Rijeka offre tout ce dont un touriste pourrait rêver pour un weekend "bon marché" - une vie nocturne animée, de bons restaurants, une histoire intéressante et des côtes magnifiques. Sans aucun doute, cette destination vaut le détour.



OU LOGER

Le Grand Hotel Bonavia (+385 51 357100, BONAVIA ) est le meilleur hôtel quatre étoiles de Rijeka, juste à côté de Corso, principale rue commerçante. Les chambres sont équipées d'un accès gratuit à internet et le centre d'affaires est en libre accès. A partir de 40 € la nuit (petit-déjeuner compris) pour trois nuits. Suites avec balcon à partir de 83 € la nuit pour trois nuits.

Le Jadran (+385 51 216600, JADRAN ) est un autre quatre étoiles situé sur le front de mer, à 1 km au sud du centre-ville. Il a été récemment rénové et offre un accès gratuit à internet dans les chambres. Dès 85 € la nuit (petit-déjeuner compris).

Le Continental (+385 51 372 008) est un hôtel propre et simple avec libre accès à Internet. A partir de 49 € la nuit (petit-déjeuner compris).



OU MANGER

Le Feral (+385 212274), près du port, est considéré comme l'un des meilleurs restaurants de fruits de mer en ville. Un repas accompagné de vin coûtera dans les 40 €.

Le Restaurant Municipium (+385 213000, MUNICIPIUM ) se trouve dans un vieux bâtiment imposant. On y sert des plats traditionnels croates de viande et de poisson et des vins de qualité. Dès 40 € avec du vin. C'est un lieu de rencontre très prisé par les voyageurs d'affaires.

L'Indigo (+385 51 315174) est un lieu à la mode avec un intérieur sobre rouge et blanc. La cuisine y est d'influence italienne. Un repas de trois plats accompagné de vin y coûtera 33 €.



CONTACTS UTILES

Comité national du tourisme de Croatie (+44 (0) 20 8563 7979, CROATIA ) peut vous mettre en contact avec les guides locaux.

Comité du tourisme de Rijeka (+385 51 335882).

ACI (+385 51 271288, ACI ) est le plus grand opérateur et développeur de ports de plaisance en Croatie, avec un bureau à Opatija.

Aéroport de Rijeka (AEROPORT ).
 

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