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Un avion court-courrier d'Air France

 L'Etat a décidé d'interdire qu'Air France opère des vols là où des liaisons TGV durent moins de 2H30...

Nous avions critiqué le conditionnement de l'aide à Air France dans un article publié la semaine passée (Air France : des compensations abusives?). Et l'Etat par la voix de Bruno Le Maire a donné des précisions quant aux exigences pour les vols court-courriers. Selon celles-ci, Air France ne pourrait plus opérer des vols là où la SNCF propose des liaisons TGV de moins de 2H30 à moins d'alimenter son hub de Roissy.

Une décision étrange qui est inspirée d'une proposition de loi de la France insoumise.

Des voyageurs de province qui vont trouver le temps long...

A première vue cela ne concerne que 3 liaisons pour Air France : Orly-Nantes, Orly-Lyon et Orly-Bordeaux. Hors ces vols servent aussi à alimenter les vols d'AIr France vers les Antilles bien qu'Orly ne soit pas un hub.

Ainsi les passagers vont devoir prendre des TGV jusqu'à Massy puis des taxis jusqu'à Orly s'ils veulent se rendre à Orly en train depuis ces villes ou prendre des trains jusqu'aux gares parisiennes puis reprendre un RER ou un taxi vers Orly soit une importante perte de temps sur un trajet déjà long.

Cela handicapera les voyageurs de province pour des bénéfices bien légers. Par ailleurs, cela pourrait remettre en cause l'hub d'Air France à Lyon qui relie des vols régionaux et intra-européens pour des vols comme Lyon-Milan (avec la future LGV).

L'aviation ne compte que pour 2% des émissions carbone

Par ailleurs, le gouvernement a un peu trop tendance à critiquer le secteur aérien par rapport au ferroviaire alors que les deux modes de transport sont nécessaires et que l'aviation fait d'immenses efforts pour réduire son impact carbone.

Ainsi l'OACA s'est engagée à ne pas augmenter ses émissions de CO2 à partir de 2020 alors que le secteur ne produit que 2% des émissions mondiales de CO2 (voir l'avion pas si polluant, L'Europe n'a rien compris).

Nous avions déjà parlé du fait que l'avion est relativement économe en CO2 par rapport à la voiture et bien moins cher comme le montre un article du Huffington Post.

Et même par rapport au train le bilan écologique très lourd de la construction d'une ligne à grande vitesse comme celle reliant Paris à Bordeaux vient nuancer très fortement l'intérêt du train par rapport à l'avion, d'autant que les coûts de la ligne ont explosé. Par ailleurs, l'impact carbone des trains est très différent d'un pays à l'autre la France étant très avantagée par son mix énergétique à base de nucléaire pour la production d'électricité. Or la France vient de décider de fermer 14 centrales nucléaires.

Une rentabilité incertaine des lignes à grande vitesse qui sont donc subventionnées et coûtent aux contribuables

Le calcul de la rentabilité d'une liaisons aérienne est assez simple à calculer: à celui de l'amortissement des avions, il faut ajouter celui des employés, des frais et taxes d'aéroport...Dans le cas d'une liaison TGV c'est beaucoup plus complexe car  l'amortissement de la construction d'une ligne à grande vitesse est effectué sur de très longues périodes.

De plus la dette de la SNCF a été récemment reprise par l'Etat. On a donc aujourd'hui à faire face à une très forte subvention du TGV, celui-ci étant au final très cher pour les contribuables.

Les avions électriques vont totalement transformer les vols court-courriers

D'autre part, l'arrivée d'avions de nouvelle génération tout électrique pourrait encore plus transformer l'avantage pour l'avion dans les prochaines années et pour cela les compagnies aériennes ont besoin d'investir et d'être présentes sur les liaisons court-courriers. Elles doivent investir pour préparer les avions de demain alors de plus que les avions de nouvelle génération réduisent très fortement l'empreinte carbone des compagnies aériennes.

Plutôt que forcer la main du marché l'Etat devrait laisser les voyageurs choisir. Il n'a pas à donner de leçons aux passagers. Il faut certes aider des entreprises privées quand elle en ont besoin et en exigeant les remboursements des prêts ou des dettes. Si l'on regarde la SNCF l'Etat a repris ses dettes ce qui fausse les règles du marché. Il ne faut pas opposer l'aérien au train mais laisser les passagers choisir et inciter les compagnies à devenir plus vertes en les incitant à investir dans des avions plus modernes pas en supprimant des lignes qui ont leur utilité...

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