Comme on l’a vu ces derniers jours, alors que la guerre dure, les liaisons aériennes des Emirats et du Qatar et du Qatar sont à l’arrêt. Cela représente la disparition d’environ 10 % de la capacité sur les réseaux long-courriers selon OAG. La moindre offre et la hausse du cours du pétrole entraîne des hausses de tarif qui peuvent atteindre des pourcentage record comme la hausse de 900 % sur un billet entre Londres et Singapour le 5 mars par rapport au mois dernier.
Les compagnies asiatiques augmentent leurs capacités
A court terme cela profite à certaines compagnies en Asie. Les compagnies chinoises Comme Air China, China Southern ou China Eastern par exemple ont déjà augmenté leurs vols vers l’Europe alors qu’elles ont le droit de survoler l’espace aérien russe et sibérien. Singapore Airlines et Cathay Pacific sont également bien placées pour profiter de cette baisse temporaire de capacité dans le golfe.
De même Qantas et Air India ont augmenté leurs capacités avec une forte hausse de la demande vers l’Europe via les États-Unis. La compagnie a même utilisé un A380 de secours pour des vols vers l’Europe.
Le gain n’est pas qu’au niveau du trafic passagers. Le trafic cargo des compagnies asiatiques devrait connaître un véritable boom : plus la guerre durera et plus elles prendront des parts de marché.
Une guerre qui pèsera lourd sur l'économie au Moyen-Orient et en Europe si elle s'éternise
La situation pourrait très vite s’inverser si la guerre se termine rapidement. Par contre en cas de long conflit, l’impact sera forcément très important dans le Golfe au bénéfice des compagnies asiatiques.
En Europe, l’avantage sera moins important alors que les compagnies aériennes ont interdiction de survoler l’espace sibérien et alors que la hausse du cours du pétrole va fortement peser sur les résultats et sur l’économie européenne. On note déjà une hausse exponentielle des cours du gaz sur lesquels les prix européens ont été fixés, ce qui convenait alors à l’Allemagne et non à la France.
Plus globalement, la zone du Golfe est celle qui a le plus à craindre en terme économique d’une guerre prolongée. L’Europe est l'autre zone qui a le plus à perdre alors qu'elle avait déjà des problèmes structurels : gouvernance, dette, déficits budgétaires de nombreux pays, croissance molle, vieillissement de la population, immigration massive d'une population pauvre et peu éduquée et prix élevés de l’énergie.
L’Asie comme l'Europe est également un important importateur de pétrole mais pourrait bénéficier des flux russes comme la Chine au contraire de l'UE en guerre contre la Russie. La Russie a d'ailleurs indiqué cette semaine qu'elle pourrait couper dès aujourd'hui ses fournitures de gaz à l'Europe alors que l'UE a imposé un blocus total à compter de 2027. Si la guerre se poursuit on pourrait donc assister à une crise jamais vue en UE comme dans les années 70 avec pour corollaire une baisse forte de l'activité, des prix du pétrole très élevés et une inflation généralisée.
En Asie, comme nous l’avons vu les compagnies asiatiques pourraient tirer profit de cette baisse de capacité et développer leurs hubs si la guerre s'éternise.
Mais au final, la guerre profite surtout à Israël et aux États-Unis. Les États-Unis sont quasiment autosuffisants en terme d’énergie au contraire de l’UE ou de l’Asie et Israël pourrait se débarrasser d'une menace qui pèse depuis longtemps. L’Amérique latine pourrait aussi tirer parti de cette guerre en étant reconsidérée comme une zone refuge dans un monde de plus en plus incertain.
Il reste également l’inconnu de la bourse : si la guerre persiste, une crise financière d’ampleur n’est pas à exclure: la hausse du pétrole durable pourrait conduire à une hausse l'inflation et à une période de stagflation aux Etats-Unis.
Pour Peter Oppenheimer, directeur de la stratégie globale pour le marché des actions chez Goldman Sachs, « le premium de risque (NDLR : des actions par rapport aux actifs plus sûrs comme les obligations, l'or...) a baissé fortement et nous sommes désormais aux mêmes niveaux que lors de la crise financière (NDLR : de 2008) ». Cette guerre est donc très risquée pour tous les acteurs si elle s'éternise.
En cas de crise financière généralisée tous les pays seraient perdants...Quant aux billets, dans tous les cas, les voyageurs sont perdants...
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