On peut le constater en regardant les terrasses : beaucoup sont à moitié vide en cette pleine saison d’été sur les plages de l’Atlantique. En Méditerranée c’est le même constat : il y a du monde mais les dépenses sont faibles.
Dès le mois de mai la tendance avait été donnée par Observatoire des Entreprises du voyage, les réservations étaient en baisse de -10% pour les agences tant en volume qu’en chiffre d’affaires.
Pourtant les Français partent en vacances avec +6% de réservations domestiques selon le SETO. Une étude Ipsos le confirme : plus d’un touriste sur deux passera un partie de ses vacances en France cette année soit 15 points de plus que les autres années du fait notamment d’une baisse du pouvoir d’achat.
Et c’est pour cela qu’ils consomment moins. La Provence décrit notamment un couple qui a eu du mal à trouver une option raisonnable avec ses deux enfants. « On a regardé six mois à l’avance mais c’était la galère pour trouver quelque chose de raisonnable ».
France 3 Régions note une forte baisse des revenus des restaurateurs à Lyon : « Je pense que ça s'explique de différentes manières : les problèmes d''accessibilité en ville, la canicule, la baisse du pouvoir d'achat... On a moins de clients en provenance des pays de l'Est, d'Asie, et moins d'Américains, ça fait beaucoup ». La fréquentation est ainsi en net recul à Lyon.
Deux tiers des Français cuisinent dans leurs hébergement plutôt que d’aller au restaurant et les supermarchés ont remplacé les terrasses. « Beaucoup de personnes font leurs courses au supermarché. Elles vont peut-être pique-niquer, puis venir manger une glace avec leurs enfants. En revanche, elles ne prennent plus un repas complet au restaurant » note le gérant d'un restaurant en Auvergne alors que l'on estime que 30% des établissements seront mis en vente dans cette région dans les 10 prochaines années.
Le constat est similaire en Occitanie : « Depuis le début de l’été, seuls 45% des professionnels du tourisme en Occitanie se déclarent satisfaits de leur activité. Un chiffre en baisse de 16 points par rapport à l’an dernier...Autre constat : les vacanciers viennent de moins loin. Et ils dépensent moins. En cause : la hausse du prix des carburants et la baisse du pouvoir d’achat » indique France 3 Régions Occitanie.
« Dans un courrier adressé au Premier ministre et au ministre de l’Économie et des Finances, Catherine Quérard, Présidente du Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France, demande au Gouvernement de prononcer un moratoire sur toute charge nouvelle pesant sur les hôtels, cafés et restaurants ».
Parallèlement le secteur de l'hôtellerie-restauration doit faire face à des taxes massives qui sont de plus en plus insupportables. Les entreprises ont averti : elles ne peuvent plus supporter aucune augmentation de leurs charges fiscales, sociales ou réglementaires. Le secteur est en proie à une hausse des faillties tout comme l'ensemble de l'économie française.
« En 2024, les hôtels, cafés et restaurants avaient enregistré 8 714 défaillances, dont 7 067 dans la restauration. En 2025, ce nombre avait encore augmenté pour atteindre 9 434 défaillances, dont 7 715 restaurants. L’année 2026 s’annonce plus préoccupante encore. Au premier semestre, 5 032 procédures collectives ont déjà été ouvertes dans les CHR, soit une nouvelle hausse de 5,4 %» note GHR.
Cette crise de l'hôtellerie et du tourisme est due également à l’appauvrissement considérable des Français depuis quelques années : les prix de l’énergie ont littéralement explosé.
Depuis la libéralisation du marché de l'électricité voulu par l'UE en 2007 les prix ont plus que doublé passant d’un peu moins de 12 centimes à 25 centimes en 2026, une sorte de vol déguisé (voir notre article quand les politiques inflationnistes de l'UE tuent peu à peu le pouvoir d'achat)!
Et la tendance est similaire dans l’immobilier où les propriétaires doivent faire face à une hausse démente des taxes foncières tout en investissant massivement et souvent à perte pour conformer leurs biens à des DPE, sans réelle utilité et aux normes définies par des fonctionnaires hors sol.
Depuis 2012, l’inflation a progressé d’environ 26 %, le prix TTC de l’électricité de 67 %, tandis que l’indice lié au transport et au réseau s’est envolé. Le grand angle mort de la facture n’est donc pas seulement le prix de production, mais bien le coût du système qu’il faut… pic.twitter.com/yyuFTtcDYD
— Documentaire et Vérité (@DocuVerite) July 21, 2026
Quant aux prix de l’essence, ils explosent alors que la France n’est plus capable de maitriser ses approvisionnements et est dépendante des décisions des Etats-Unis : sa voix géopolitique n'a jamais aussi peu compté alors qu'elle n'est plus que la porte-parolde des décisions de l'UE .
Les Français doivent en plus faire face à un niveau de taxation sans égal en France comparativement aux autres pays de l’UE et à un niveau de faillites jamais vu.
Tout cela a évidemment un impact sur les dépenses touristiques des Français. Rappelons que le tourisme est l’un des points forts pour l'économie du pays et que du fait de la guerre en Russie la France s’est coupée des touristes russes mais aussi des touristes chinois qui préfèrent se rendre dans des pays plus amicaux (NDLR: alors que la Chien est l'un des pays connaissant la plus grande croissance touristique au monde).
En résumé, la politique intérieure néfaste pèse sur le pouvoir d’achat de Français et la politique extérieure coupe la France d’une partie du monde. Au final, ce sont les PME et TPE du tourisme qui souffrent. Il reste à espérer que le mois d’août sauvera la saison…
Ajoutons à cela l’échec total de l’Union européenne et de son système EES qui entraine des durées d’attente allant jusqu’à plusieurs heures dans de nombreux aéroports européens et qui freine l’arrivée des touristes internationaux dans toute l’Europe. L'EES a été critiqué par tous les grands aéroports européens qui pourtant doivent l'appliquer...
