Dans tous les domaines comme dans l’immobilier ou l’aérien, le gouvernement français n’a qu’une seule solution : taxer plus. Comme l’Argentine à une époque avec les mêmes conséquences : une décroissance et une paupérisation du pays.
Le secteur aérien en est un bon exemple. Nous avons parlé à plusieurs reprises dans différentes articles des conséquences désastreuses de la forte hausse de la taxe sur le transport aérien sur le secteur. Toutes les organisations sectorielles s’y sont opposées. Une récente étude vient conformer cet impact extrêmement délétère sur le secteur du tourisme l’un des plus importants pour le pays.
La commission des finances de l’Assemblée nationale vient de publier le rapport 2026 sur l’application des mesures fiscales et ses constats sont extrêmement critiques vis à vis du gouvernement. La hausse de la taxe sur les billets d’avion qui a été mise en place le 1er janvier 2025 a engendré des conséquences désastreuses : en 2025, le trafic des aéroports français est resté inférieur à son niveau de 2019 contrairement à la plupart des pays européens. A titre d »’ »exmeple l’UE dépassait dans son ensemble de 6,6 % le trafic de 2019 ! Pire, de 2009 à 2024 la part de la France dans le trafic aérien de l’UE a baissé de 15 à 12 % : une chute très forte et non jusitifée. Enfin si. Ryanair par exemple a quitté de nombreux aéroports français du fait de taxes trop élevées pour se développer dans d’autres pays d’Europe.
Quand vous achetez un billet d’avion comme lorsque vous faites le plein vous enrichissez avant tout l’État français et les fonctionnaires employés publics. Les taxes pèsent ainsi 25,6 euros par passager contre 9,5 euros en moyenne en Europe. La France est la championne des taxes ! Parallèlement la taxe sur les billets d’avion a rapporté 1,151 milliards à l’État en 2025 contre 462 millions en 2024 et devrait rapporter 1,359 milliard en 2026 soir 5 fois la somme de 2019. Un véritable racket envers les compagnies aériennes comme ce qui se passe actuellement dans l’immobilier. Au total l’État aurait prélevé environ 3 milliards d’euros en 2025 sur le transport aérien.
Le coût de toucher ce que coûte un vol à une compagnie aérienne atterrissant en France a augmenté de 21 % entre 2023 et 2025 une hausse incompatible avec la rentabilité des compagnies aériennes. Les taxes d’État représentent un total de 63 % du coût de touchée contre moins de 50 % pour les autres pays de l’UE.
La coût est particulièrement important pour les aéroports régionaux d’où la fuite de Ryanair de nombreux aéroports : les aéroports de moins d’un million de passagers sont 42 % plus cher que les aéroports européens voire un écart allant de 60 à 73 % par rapport aux aéroports grecs, espagnols ou italiens.
La Suède qui parie sur la compétitivité a mené une politique totalement contraire à celle de la France (lire notre livre Soyons plus suédois disponible sur Amazon ) a supprimé sa taxe sur les billets d’avion de même que la Hongrie. D’autres pays ont baissé fortement leurs taxes comme la Grèce ou l’Italie via des mesures régionales en Calabre, dans les Abruzzes et en Frioul-Vénétie.
Le décrochage français dans l’aérien est une catastrophe pour l’ensemble du marché du tourisme avec moins de consommateurs en France. Au 4ème trimestre 2025, la France a été le seul pays européen où l’offre des 3 principales compagnies low-costs a baissé. La FNAM avait déjà publié une étude montrant que la hausse de la taxe sur les billets d’avion avait été néfaste pour l’économie et son rendement négatif du fait de la perte de trafic.
« La hausse de la taxe sur les billets d’avion (TSBA) prévue par la loi de finances pour 2025 et entrée en vigueur le 1er mars 2025 a permis de dégager près d’1 milliard d’euros de recettes annuelles, mais elle pèse fortement sur le transport aérien français, qui affiche un véritable décrochage par rapport à celui de nos voisins. L’aviation d’affaires française est particulièrement pénalisée et perd des parts de marché par rapport à ses concurrents. Le secteur touristique est également touché, avec un nombre de visiteurs étrangers et de dépenses touristiques enstagnation. La somme des pertes fiscales liées à la moindre croissance du trafic aérien en France par rapport au reste de l’Europe, y compris celles liées aux recettes touristiques, atteindrait 2,6 milliards d’euros en 2025 et 3,5 milliards d’euros en 2026 » note l’Assemblée nationale.
Il n’y a rien à ajouter c’est une catastrophe. Comme la taxe sur les transactions financières qui tue la bourse parisienne et qui ne s’applique qu’aux transactions sur les sociétés françaises : quelle bêtise. Ou la hausse des taxes foncières, les DPE, la hausse des taxes sur le LMNP qui fait fuir les investisseurs immobiliers de France : et après ils s’étonnent que les loyers sont plus chers. Et pire, l’État veut augmenter une autre taxe en 2027.
Le Gouvernement a proposé cette semaine de tripler la Taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD). On voudrait mener le secteur à la faillite que l'on ne ferait pas autrement.
« Cette taxe lors de sa mise en place en 2024 était initialement destinée à capter une partie des « superprofits » des concessionnaires d’autoroutes sans pénaliser leurs clients. Afin de pouvoir être mise en place, elle avait été étendue aux aéroports dans un texte qui ne comportait pas de garde-fou interdisant aux aéroports de la refacturer à leurs clients, compagnies aériennes. En 2025, sur les 140 M€ de TEITLD dont il a dû s’acquitter sur ses superprofits, le groupe Aéroports de Paris (ADP) a ainsi refacturé 100 M€ aux compagnies aériennes dont 60 M€ aux seules compagnies françaises. Si le triplement de cette taxe en 2027 se confirme, elle coûtera 300 M€ aux compagnies aériennes qui sont loin de réaliser des superprofits, voire même de simples profits » note la SCARA qui regroupe des compagnies aériennes.
Mais nos chers énarques qui nous dirigent ont sans doute peu entendu parler de la courbe de Laffer et pensent que plus l’État grossit plus la France se porte bien : l’aérien est en crise tout comme l’immobilier ou la bourse française très en retard par rapport à la bourse américaine depuis une dizaine d’années.
La réalité économique montre que cette idéologie du toujours plus d’État conduit au final à un appauvrissement généralisé du pays...
