Pacte vert, implication dans la guerre en Ukraine, normes astreignantes et bientôt UE numérique, l’Union européenne est-elle la nouvelle zone en stagnation économique ? Avec les deux principales économies, l’Allemagne et la France plongées dans la crise le secteur aérien souffre forcément. Ainsi selon ACI Europe qui regroupe les principaux aéroports européens, 40 % des aéroports européens n’ont pas retrouvé le niveau de trafic avant le Covid, les aéroports régionaux étant les plus touchés. Les grands aéroports connaissent une croissance plus dynamique notamment ceux qui favorisent le développement des low-costs où qui sont le siège des hubs de grandes compagnies aériennes.
Des critiques fortes sur la direction prise par l'UE
Lors du congrès annuel d’ACI, Stefan Schulte, président & CEO of Fraport, qui gère l’aéroport de Francfort a critiqué la gestion de l’UE. « Soyons honnêtes : avec les politiques et les réglementations actuellement en vigueur, l'Europe est perdante sur les deux plans. Nous ne réduisons pas les émissions du secteur aérien au rythme requis, et nous voyons notre position s'éroder progressivement sur un marché mondial de plus en plus concurrentiel » a-t-il déclaré.
Il a insisté sur le fait qu’étendre le système d'échange de quotas d'émission (SEQE) à tous les vols au départ de l'UE affaiblirait encore davantage l'aviation européenne et irait à l'encontre des réalités géopolitiques. Après tout quelle importance si le secteur aérien s’effondre avec les politiques idéologiques de l’UE ?
La guerre en Ukraine et la participation de l'UE via des aides massives a conduit à la fermeture de l’espace aérien russe et à une baisse du nombre de touristes chinois du fait de l'engagement de l'UE.
Le pacte vert a conduit à une hausse globale des coûts et incité de nombreuses villes à réduire le nombre de vols low-costs comme à Bordeaux avec une grande vision pour les Européens : voyagez moins pendant que le reste du monde se développe et voyage.
Des coûts en hausses, des normes vertes très couteuses et un système EES qui engendre le chaos dans les aéroports
Avec les résultats que l’on voit aujourd’hui.
Les coûts totaux des aéroports européens ont augmenté de 9,2 % en 2025 par rapport à 2024. En plus des investissements pour entretenir leurs infrastructures, les aéroports européens doivent désormais se plier aux obligations sécuritaires de l’UE mais aussi aux normes environnementales de l’UE uniques au monde. Cela alors même que les aéroports européens sont très faiblement bénéficiaires. Le bénéfice a atteint 11,8 milliards d’euros au total soit seulement 4,5 euros par passager.
A long-terme ce différentiel de coût, dérivé des normes UE, vis à vis des aéroports asiatiques ou américains rendra les aéroports européens bien moins compétitifs. Mais il y a encore pire . En avril 2026 et pour la première fois depuis le Covid, le trafic passagers en Europe a baissé de 0,7 % par rapport à l’an passé. Cela est dû au conflit au Moyen Orient mais aussi aux grèves en Allemagne du fait d’une crise sévère du pays engendré par les normes du pacte vert dans l’automobile et les coûts démesurés de l’énergie allemande suite à la guerre en Ukraine. A cela s’ajoute le chaos du système Entry/Exit System de l’UE copié plus ou moins sur celui des États-Unis. L’UE se voulant l’égal des États-Unis mais sans les normes de contrôle et les pouvoirs démocratiques de ceux-ci.
« Notre préoccupation la plus immédiate reste les perturbations graves et les difficultés imposées aux passagers par les procédures de contrôle aux frontières liées au système d’entrée et de sortie de l’espace Schengen. À moins que les autorités ne soient autorisées à faire preuve d’une plus grande souplesse, y compris en suspendant totalement le système lorsque cela s’avère nécessaire sur le plan opérationnel, les perturbations pour les passagers s’intensifieront au cours des semaines et des mois à venir. Pour de nombreux aéroports et compagnies aériennes, la situation risque de devenir intenable. Il est déconcertant de constater qu’au niveau de l’UE, personne ne semble vraiment s’en soucier, ni des dommages considérables que cela inflige à la réputation de l’Europe en tant que destination accueillante et efficace » a déclaré Olivier Jankovec directeur général d’ACI Europe. Le directeur de l'aéroport de Rome a déclaré qu'il allait être obligé de suspendre la mise en place de l'EES européen pour éviter un désastre. La nouvelle normalité en UE quoi...
