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l or de leur corps gauguin

Une superbe exposition est consacrée aux îles Marquises au musée du Quai Branly jusqu'à fin juillet 2016: une bonne occasion pour découvrir la culture  de ces îles qui ont séduit de nombreux artistes et voyageurs…

Thomas Cook a déclaré lorsqu'il est arrivé aux Marquises: «il s'agit de la plus belle race humaine de cette planète». Le récit de son voyage a d'ailleurs été un best seller à l'époque, les exemplaires s'arrachant dès leur publication dans les rues de Londres. Mais Thomas Cook n'a pas été le seul à être séduit par ce peuple «très grand, très bien bâti» comme le décrit la Commissaire scientifique de l'exposition.

Paul Gauguin l'illustre peintre est venu dans ces îles car il était fasciné par la couleur bronze, légèrement dorée, de la peau de ce peuple polynésien.

Alors qu'aujourd'hui le tatouage est très à la mode dans de nombreux pays occidentaux, ce sont les marquisiens qui parmi les habitants des îles du Pacifique arboraient le plus de tatouages.

Les tatouages étaient une arme de séduction (les filles ne voulant pas d'un homme non tatoué) mais servaient aussi à protéger des maladies, de la perte de son énergie spirituelle (le Mana). Car les tatouages comme les Tiki (dessin qui représente un dieu ou un humain) étaient intimement liés à la religion polythéiste de ce peuple très croyant (les marquisiens sont aujourd'hui de fervents catholiques).

Lorsque les occidentaux sont arrivés dans ces îles ils ont apporté avec eux leur verroterie, l'alcool mais aussi des maladies inconnues jusqu'alors comme la grippe: de nombreuses épidémies ont décimé la population. Les îles comptaient 80000 habitants avant leur découverte : en 1830 il n'y avait déjà plus que 20000 habitants et seulement 5000 à la fin du 19ème siècle.

Les occidentaux ont aussi plus subrepticement bousculé la religion des habitants, en apportant le christianisme. Cela a chamboulé toutes les habitudes et coutumes des habitants, la religion étant à la base de toutes leurs croyances. Aujourd'hui qui sait ce qu'un tatouage représente?

Mas depuis les années 70 et grâce à l'association Té Moku Haka, la culture de ces îles renait.

marquisienC'est notamment grâce à cette association qu'est né le festival des îles du Pacifique qui a lieu chaque année dans une île différente (en décembre 2015 pour sa dernière édition).

Ce festival vise chaque année à faire découvrir les chants, les danses, l'artisanat et toute la richesse de la culture des îles du Pacifique.

Si vous n'avez pas le temps ou les moyens de vous rendre dans ces îles, l'Exposition Mata Hoata, Arts et Sociétés aux îles Marquises offre une très belle introduction à la culture de ces îles encore méconnues.

Vous pourrez y découvrir de superbes ornements de tête destinés aux personnages de hauts rang, les parures de chefs composées d'éventails Tahi, de colliers de cheveux (partie intégrante du Mana) et de couvre-têtes en plumes.

Vous y découvrirez également les nombreuses traditions de ces îles comme les  cérémonies organisées à l'occasion des événements de la vie du chef ou de la tribu: naissance, passage à la puberté, décès…

L'exposition met également en avant des récits d'explorateurs, des photos d'époque, des gravures avec une intéressante section dédiée au peintre Gauguin où est exposé l'un de ses tableaux : «l'or de leurs corps» (voir photo en introduction).

Seul regret, il manque une partie sur Jacques Brel qui a été l'un des plus fervents promoteurs de ces îles oubliées.

En 1975, jacques Brel souffre d'un cancer du poumon gauche dont il se fait opérer à Bruxelles en 1975.

Il décide alors de tout quitter pour aller mourir seul là-bas sur l'île d'Hiva-Oa (il reviendra cependant à Paris pour une urgence médicale aux derniers moments de sa vie).

Jacques Brel a aimé profondément Les Marquises, à tel point qu'il leur a dédié un album comme un testament, un chef d'oeuvre d'amour. 

Comme il l'exprime à sa façon dans une chanson de cet album : «veux-tu que je te dise, gémir n'est pas de mise aux Marquises». Voir les Marquises et mourir...

Paroles Les Marquises:

Ils parlent de la mort
Comme tu parles d'un fruit
Ils regardent la mer
Comme tu regardes un puit
Les femmes sont lascives
Au soleil redouté
Et s'il n'y a pas d'hiver
Cela n'est pas l'été
La pluie est traversière
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise
Le temps s'immobilise
Aux Marquises

Du soir montent des feux
Et des pointes de silence
Qui vont s'élargissant
Et la lune s'avance
Et la mer se déchire
Infiniment brisée
Par des rochers qui prirent
Des prénoms affolés
Et puis plus loin des chiens
Des chants de repentance
Des quelques pas de deux
Et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise
Et l'alizé se brise
Aux Marquises

Le rire est dans le coeur
Le mot dans le regard
Le coeur est voyageur
L'avenir est au hasard
Et passent des cocotiers
Qui écrivent des chants d'amour
Que les soeurs d'alentour
Ignorent d'ignorer
Les pirogues s'en vont
Les pirogues s'en viennent
Et mes souvenirs deviennent
Ce que les vieux en font
Veux tu que je dise
Gémir n'est pas de mise
Aux Marquises

Informations pratiques:

- dates du 12/04/2016 au 24/07/2016.

matahoata

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