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heureux comme un danoisMalene Rydahl a publié un livre donnant les recettes du bonheur danois... Il faut que ce petit pays arrive souvent dans le peloton de tête dans ce domaine comme en 2015 où le est classé en 3ème position derrière la Suisse et l'Islande...

Toutes les recettes sont bonnes à prendre dans la vie non? Alors pourquoi ne pas tester les recettes prônées par Malene Rydahl, une danoise vivant à Paris...

Malene Rydahla eu la bonne idée de rédiger un livre «Heureux comme un danois» donnant ses recettes de la félicité danoise.

Pour elle plusieurs facteurs expliquent le bonheur de vivre des danois : elle cite notamment la confiance, le modèle éducatif dédié au plus grand nombre (au contraire de l'élitisme à la française), la liberté-l'autonomie personnelle, l'égalité des chances, les attentes réalistes - le pragmatisme, la solidarité, l'équilibre famille-travail, la relation détachée vis à vis de l'argent, la modestie et l'égalité hommes/femmes.

Son regard est intéressant car elle compare le mode de vie de son pays avec celui de la France un pays où elle vit.

La confiance tout d'abord est une valeur importante au Danemark et en Scandinavie.

Tout voyageur arrivant au Danemark est surpris de pouvoir laisser son vélo sans cadenas à Copenhague (ce dont j'ai fait l'expérience) : il s'agit sans doute de l'une des plus grandes différences avec la France. Se sentir en sécurité, relax partout dans la ville. Qui oserait laisser son vélo à Paris sans cadenas?

Etudes supérieures gratuites et bourse de 760€/mois pour tous les étudiants

Le système éducatif danois présente également quelques caractéristiques intéressantes. Avant tout, il est basé sur l'égalité des chances : la formation ne vise pas à sélectionner des élites comme en France mais à bien former le plus grand nombre. De plus, entre 14 et 18 ans les enfants ont la possibilité d'effectuer une année «Efterskole» afin de développer d'autres talents en dehors des matières scolaires classiques.

Autre trait intéressant : l'enseignement supérieur est gratuit au contraire de la France, où les universités et les grandes écoles coutent de plus en plus cher alors qu'auparavant elles étaient gratuites. Les étudiants danois bénéficient par ailleurs de bourses conséquentes : elles atteignent 760 euros par mois sans conditions de ressources. Quel étudiant français n'en rêverait pas?

De par son expérience personnelle, l'auteur cite aussi l'indépendance comme un facteur épanouissant : elle a fait des petits boulots très tôt et estime que les bourses octroyées aux étudiants les aident à se détacher de l'emprise culturelle de leur famille. Au final, environ 70% des danois quittent la maison parentale à 18 ans.

Au contraire, les étudiants français souvent dépendants de leurs parents pour le financement de leurs études sont moins autonomes et ont de ce fait moins de latitude pour choisir leur propre voie : de ce fait ils optent parfois pour des voies similaires à celles de leurs parents.

Elle estime aussi que la majorité des danois sont détachés vis à vis de l'argent, parce qu'un bon moment en famille ou entre amis, un «hygge» les rend plus heureux qu'un salaire et parce que l'état providence assure les services fondamentaux.

La modestie est également  une valeur forte de la société danoise: elle cite l'exemple d'un soir à 17 ans où elle a voulu couper la queue devant une boite de nuit. La foule s'est alors mise à chanter une chanson inventée pour la circonstance: «Om bag i Koen, ja hun, skal om bag i koen, Va derrière dans la queue oui elle doit aller derrière dans la queue!». L'auteur était toute rouge de honte!

Le modèle scandinave, un exemple à suivre?

Au delà de cette liste à la Prévert, force est de reconnaitre que le modèle scandinave a des atouts par rapport à d'autres modèles de société basés sur la compétition effrénée et l'argent.

Si l'on étudie objectivement la situation des pays scandinaves, ils sont souvent très bien classés au niveau mondial : malgré l'état providence, ces pays sont tous dans le top 15 mondial en terme de compétitivité (voir http://reports.weforum.org/global-competitiveness-report-2014-2015/rankings/), le PIB par habitant y est l'un des plus élevés au monde, le système éducatif et de soin fonctionne bien, les femmes y sont très respectées et intégrées, l'argent n'est pas la valeur principale de la société, il y a très peu d'exclus, la vie de famille est encouragée et le respect de la vie privée et de la justice est au cœur des préoccupations des Etats.

Des pays nordiques au top mondial de la liberté de la presse!

On peut notamment saluer l'exemplarité de ces pays par rapport à la liberté de la presse bafouée dans la plupart des pays occidentaux ces dernières années sous des prétextes sécuritaires : la Finlande arrive en première position devant la Norvège et le Danemark, les pays-Bas et la Suède (voir http://index.rsf.org/#!/). En tant que journaliste on ne peut que saluer bien bas l'exemplarité de ces pays dans le domaien de l'information.

Mais ce bonheur a un prix puisque les impôts y sont en moyenne plus élevés, ce qui parait normal aux scandinaves contents de payer car le système fonctionne!

Mais au final le bonheur est subjectif et chaque peuple doit trouver le sien.

Il reste que les valeurs qui faisaient la douceur de vivre de la France sont peu à peu oubliées par la droite ou la gauche : la vraie solidarité est laissée aux associations comme les Restos du Coeur, la vie de famille est sacrifiée pour des horaires toujours plus flexibles, le respect est oublié dans la vie quotidienne comme sur les routes (combien de conducteurs ne s'arrêtent pas à Paris devant un passage piéton pour piler 10 mètres plus loin au feu rouge) ou vis à vis des plus faibles que soi, l'éducation supérieure coûte de plus en plus cher, les bourses et les aides aux logements se font rares.

En France, la critique des impôts est latente, de même que celle de la presse que l'on veut gratuite, contrôlée et indépendante, ce qui est impossible. Mais passons...

Des pays qui ont appliqués tout simplement les devises de la République

Le vrai bonheur des danois réside peut-être au final dans leur pragmatisme : on vit dans un pays libre et l'on jouit d'une bonne qualité de vie, si la presse et la justice sont libres, l'éducation et la santé accessibles à tous, l'égalité possible entre les sexes, les races ou les religions, si le travail n'occupe pas tout son temps libre (au contraire des lois qui allongent sans cesse les horaires d'ouverture des magasins ou favorisent la précarité des emplois), si l'argent n'est pas posé comme la valeur principale d'une société et si le respect s'impose entre tous les citoyens.

Historiquement les valeurs françaises universelles de tolérance, de liberté, d'égalité et de fraternité correspondaient parfaitement aux valeurs scandinaves qui les ont d'ailleurs appliquées.

Nous les avons sans doute un peu oubliées et le modèle scandinave nous les remémore, mais pas que!

Car la Suisse, l'Islande, la Norvège, le Canada, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, la Nouvelle-Zélande, l'Australie font aussi partie du top 10 mondial du bonheur (la France est classée en 29ème position, ce qui n'est pas si mal, voir http://worldhappiness.report/wp-content/uploads/sites/2/2015/04/WHR15.pdf).

Les auteurs de cette étude menée par des experts indépendants ont constaté des points communs aux pays bien classés à l'échelle du bonheur comme la richesse, un fort soutien social et sanitaire, un gouvernement honnête, responsable, l'équité, l'honnêteté, la confiance, un système judiciaire et une presse libre.

Les auteurs suggèrent notamment d'aller au delà du modèle traditionnel de démocratie élitiste et concurrentielle pour un modèle de démocratie participative : tout un programme!

Il ne reste donc plus qu'à appliquer ces recettes, si l'on y croit, car au final les français ont eux aussi droit au bonheur!

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